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Un ancien enseignant coupable d'avoir agressé 34 garçons connaîtra sa peine mardi

L'accusé, Michael Patrick McNutt, marche devant le palais de justice de Dartmouth en faisant un geste de la main pour éloigner les micros et caméras.

L'accusé, Michael Patrick McNutt (archives).

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Radio-Canada

Michael Patrick McNutt, un ancien enseignant et entraîneur d’Halifax qui a plaidé coupable à 35 chefs d’accusation d’agressions sexuelles, connaîtra sa peine mardi.

La Couronne et l'avocat de Michael Patrick McNutt, 67 ans, ont fait leurs recommandations sur la peine devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse lundi matin.

À la demande de la défense, le juge Jamie Campbell a remis sa décision jusqu'à mardi matin.

La Couronne suggère que McNutt purge une peine de 15 ans de prison.

Le procureur de la Couronne Mark Heerema a déclaré que la voix de la cour devait s’élever au-dessus de cette dépravation totale afin d’envoyer un message clair de dissuasion au public. Il a ajouté que les abus sexuels font dérailler le développement personnel, social, émotionnel et sexuel des enfants qui en sont victimes.

Quand un adulte de confiance, un adulte qui est dans le cercle restreint de la vie d'un enfant, exploite un enfant pour sa propre satisfaction sexuelle, c'est comme si on lâchait une bombe atomique dans le développement de la vie de cet enfant, a plaidé le procureur de la Couronne.

Mark Heerema en veston et cravate.

Mark Heerema, procureur de la Couronne dans cette affaire.

Photo : Radio-Canada / Saina Luck

La défense, elle, a plutôt fait savoir au juge qu’une peine de trois à cinq ans serait plus appropriée pour son client.

Déclaration de la victime

Seulement une des victimes de McNutt a lu une déclaration lors de l'audience de lundi. Une demi-douzaine de victimes ont déposé des déclarations écrites, tandis que les autres ont choisi de ne pas participer du tout à la procédure. Toutes ont vu leur identité protégée par une interdiction de publication. Les chefs d’accusation sur lesquels McNutt a plaidé coupable concernent 34 victimes au total.

L'homme qui a pris la parole a déclaré qu'il avait gardé secrètes les agressions qu’il avait subies, jusqu'à il y a quatre ans.

Il est vraiment difficile d'expliquer comment cela m'a affecté, a déclaré la victime devant le tribunal. Il a dit qu'il avait été motivé à parler des agressions qu'il a subies dès que la police l'a approché, car il a maintenant des fils.

Un ancien enseignant, entraîneur et animateur pastoral auprès des jeunes

McNutt a d’abord été professeur au collège Sir Robert Borden à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, entre 1977 et 1983. Selon l'exposé des faits commun dans cette affaire, il a démissionné en 1983 à la suite de plaintes de parents. Toutefois, en mai 1985, McNutt a été autorisé à revenir en tant qu'enseignant suppléant. Il a continué à occuper ce poste jusqu'en 1994, date à laquelle quelqu'un a déposé une plainte pour une infraction de nature sexuelle auprès de la police.

En plus de son travail au collège, McNutt a également été entraîneur pour diverses équipes de baseball et de hockey dans les environs d’Halifax. Il a aussi occupé le rôle d’animateur pastoral auprès des jeunes à l'église St Joseph's.

Bien qu'il ait plaidé coupable à l’égard de 35 chefs d’accusation, la déclaration commune fait état que McNutt ne se souvient pas de détails précis des agressions en raison de sa forte consommation d'alcool.

Plusieurs victimes ont décrit un modus operandi semblable. McNutt invitait ses victimes à venir chez lui, où il leur servait de la bière et leur offrait des cigarettes. Il a également eu recours à la coercition et aux menaces pour abuser des victimes, alors toutes des garçons âgés de 10 à 15 ans au moment des faits.

Contracter la COVID-19 en prison serait un risque pour l’accusé, selon son avocat

L'audience de détermination de la peine de lundi a commencé par le témoignage du médecin de famille de McNutt qui a parlé de ses problèmes de santé, notamment du diabète, d'une pancréatite et de la maladie pulmonaire obstructive chronique.

La défense a soutenu que McNutt courait un risque beaucoup plus grand d'être infecté par la COVID-19 en raison de ses conditions médicales préexistantes. Le ministère public a rétorqué que le coronavirus existe à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des prisons et qu'il ne devrait donc pas être un facteur dans une décision de condamnation.

Des excuses aux victimes

Colin Coady, l'avocat de la défense, a souligné que l’accusé s’était soumis à une thérapie pour remédier à son comportement sexuellement abusif et qu'il n'avait pas commis de crime depuis des années. M. Coady a soutenu qu’une peine de 15 ans serait donc sévère.

McNutt s’est également adressé lui-même à la cour pour faire part de ses remords. Les mots ne peuvent exprimer les profonds remords et la complète empathie que j'éprouve pour les victimes et leurs familles ainsi que pour ma propre famille pour la douleur et la souffrance que je leur ai causée, a-t-il déclaré.

Je ne demande pas le pardon parce que j'ai du mal à me pardonner. J'espère qu'en acceptant ces plaidoyers de culpabilité, mes victimes pourront enfin tourner la page.

Michael Patrick McNutt, coupable d'agressions sexuelles

Outre la peine de prison qu'il recevra, McNutt devra également respecter d'autres ordonnances, notamment celle de ne pas s'approcher des écoles, des terrains de jeux et d’autres endroits fréquentés par des enfants.

Un certain nombre de ses victimes, le conseil scolaire régional d'Halifax (aujourd'hui le centre régional d'éducation d'Halifax) et l'association de hockey mineur des Hawks d'Halifax, l'une des organisations pour lesquelles il a été entraîneur, ont aussi lancé des poursuites civiles contre McNutt.

Avec les informations de Blair Rhodes, CBC

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