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Blaine Higgs propose un accord pour ne pas tenir d'élections avant 2022

Blaine Higgs.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 8 août 2020 à Quispamsis.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick propose un accord formel aux chefs des partis de l'Assemblée législative pour éviter le déclenchement d'élections générales avant la date fixe en 2022 ou du moins, avant la fin de la pandémie.

Blaine Higgs a fait cette proposition dans une lettre envoyée au chef libéral Kevin Vickers lundi après-midi, en incluant les chefs des autres partis en copie conforme.

Les destinataires de la lettre sont invités à assister à une première réunion ce mercredi 12 août à 15 h en vue d'établir le terrain d'entente nécessaire pour de nouvelles négociations. Ces discussions multipartites pourraient avoir lieu les 13 et 14 août.

Pour qu'un accord soit conclu, les chefs des partis devront s'entendre sur les sources de revenus et les dépenses du gouvernement, sur la poursuite des travaux du comité du Cabinet de la COVID-19 et sur un programme législatif conjoint.

Le Parti progressiste-conservateur et le Parti libéral ont tous deux 20 députés élus à l'Assemblée législative. Trois élections partielles sont prévues à l'automne.

Si l'accord est accepté, les résultats de ces élections, qui sont toujours prévues, n'auraient aucune incidence sur la formation du gouvernement. Cela signifie que Blaine Higgs continuerait d'être premier ministre même s'il comptait moins de députés élus à l'Assemblée législative.

En vertu de l'entente, l'opposition s'engagerait aussi par le fait même à appuyer les projets débattus en Chambre et à ne pas tenter de faire tomber le gouvernement quand se tient un vote décisif.

J'offre un engagement commun et concret de donner la priorité à notre province plutôt qu'à la politique, a écrit le premier ministre.

Blaine Higgs en complet et cravate porte sur le nez et la bouche un masque non médical en tissu à carreaux rouges et verts.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 8 août 2020 à Quispamsis.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Les rumeurs d'élections se sont enflammées ces derniers jours, mais le premier ministre est resté évasif. Dans sa lettre envoyée à Kevin Vickers, Blaine Higgs a admis que l'idée d'une élection lui a pesé lourdement sur la conscience.

D'une part, une élection cette année n'est pas idéale et doit être évitée si possible, a concédé M. Higgs dans sa lettre de lundi. Mais d'autre part, c'est mieux qu'une élection surprise dans un avenir indéterminé au cours des deux prochaines années, ce qui pourrait être bien pire, a-t-il ajouté.

Le premier ministre a expliqué sa volte-face par son désir de maintenir la stabilité du gouvernement dans une période d'incertitude. Le Nouveau-Brunswick connait un bilan enviable à l'heure actuelle, a-t-il dit, mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers pour autant.

Rien ne garantit que ce délai de grâce persiste. Les cas de la COVID-19 dans d'autres provinces et pays sont à la hausse. Il y a lieu d'être optimiste quant au développement d'un vaccin, mais cela ne garantit pas que les conditions d'une élection seront meilleures en 2021 ou même en 2022.

M. Higgs a assuré que le comité du Cabinet de la COVID-19 poursuivra ses travaux indépendamment du succès ou de l'échec de cette proposition.

« Du jamais vu »

La politologue Stéphanie Chouinard, qui a déjà vécu au Nouveau-Brunswick, s'interroge sur les motifs réels de Blaine Higgs. C'est assez surprenant de demander à l'opposition de s'automuseler et de ne pas tenir le gouvernement responsable de ses élections, c'est du jamais vu, a-t-elle dit en entrevue au Téléjournal Acadie.

Stéphanie Chouinard en entrevue Skype.

Stéphanie Chouinard est professeur adjointe en science politique au Collège royal militaire du Canada à Kingston, en Ontario.

Photo : Radio-Canada

J'ai l'impression que du point de vue de M. Higgs, on essaie d'exploiter cette peur-là qui existe d'avoir des élections générales pendant une pandémie pour s'acheter un gouvernement majoritaire sans avoir à passer aux urnes, analyse la professeur adjointe de science politique au Collège royal militaire du Canada à Kingston, en Ontario.

Selon Mme Chouinard, en procédant de la sorte, le gouvernement se déresponsabilise de toutes les décisions qui seront prises.

Si on dit que tous les partis de l'opposition vont participer à la gouvernance, à ce moment-là, ça veut dire qu'il n'y aura plus d'opposition à l'Assemblée législative.

Stéphanie Chouinard, politologue

Le chef du Parti libéral Kevin Vickers avait déjà assuré plus tôt cet été qu'il n'avait pas l'intention de provoquer des élections en 2020.

Interrogé peu de temps après avoir reçu cette lettre de son homologue lundi soir, il a réitéré que tel était toujours son souhait, mais n'a pas donné son avis explicitement sur la question.

Nous allons déterminer lors des prochains jours à quel moment il y aura des élections. J'ai déjà mentionné au public que selon nous, c'est le bon temps maintenant d'avoir un bon focus sur l'économie et la pandémie, a-t-il soutenu.

Le chef de l'Alliance des gens, Kris Austin, s'est dit ouvert à poursuivre la collaboration avec le gouvernement Higgs. Il a toutefois précisé, dans une déclaration écrite rédigée en anglais, que cela ne devrait pas se faire au détriment des idées qui sont chères à son parti, soit la lutte pour la réforme fiscale, l'équité linguistique et la responsabilité fiscale.

Le chef du Parti vert, David Coon, prévoit quant à lui une rencontre avec des membres de son caucus dès mardi matin.

Avec des informations de Wildinette Paul et de Karine Godin

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