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Le plan pour la rentrée scolaire au Québec accueilli favorablement

Une femme portant un masque bleu mesure la distance entre deux pupitres dans une salle de classe.

Selon le nouveau plan présenté lundi, les élèves d'un même groupe n'auront pas à respecter la distanciation physique à l'intérieur de la classe et ils devront seulement observer une distance d'un mètre avec leurs autres camarades.

Photo : Getty Images / izusek

Le plan révisé pour la rentrée scolaire au Québec, présenté lundi par le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, satisfait plusieurs associations scolaires, qui estiment que le retour en classe est nécessaire pour le bien-être des jeunes.

Selon la Fédération des établissements d'enseignement privés, le gouvernement a présenté des balises claires pour assurer une rentrée scolaire réussie. Le plan présenté au mois de juin avait été critiqué pour un tel manque de directives claires.

Josée Scalabrini, la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, abonde dans le même sens. Quand on compare avec ce qu’on a présenté au printemps, on trouve qu’il y a une plus grande cohérence.

Selon Léandre Lapointe, le vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec en entrevue à RDI, l’assouplissement de certaines mesures permettra un enseignement de qualité.

Nos jeunes ont besoin de socialiser, ont besoin d’être en groupe. Le défi va être de faire respecter tout ça.

Léandre Lapointe, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec

Les mesures sanitaires – comme le port du masque à partir de la 5e année du primaire – assureront une rentrée sécuritaire et positive, affirme l’Association québécoise de personnel de direction des écoles (AQPDE).

Le président de l’AQPDE, Carl Ouellet, ajoute que le port du couvre-visage facilitera notamment les déplacements sécuritaires dans les écoles. Cela est en cohérence avec les autres mesures s'appliquant dans la société, ce qui va en faciliter la compréhension et l'adoption.

M. Ouellet se réjouit également du fait que Québec n'appliquera pas le concept de bulle de six élèves et que l'ensemble d'un groupe-classe sera considéré comme faisant partie du même groupe. Il affirme que ce concept aurait été trop difficile à appliquer.

L'Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) est aussi satisfaite, mais ajoute que cette stratégie devra probablement évoluer en cas de seconde vague et devra se coller aux connaissances scientifiques et aux meilleures pratiques préventives colligées à grande échelle.

Les milieux scolaires devront composer avec le contexte imprévisible de la COVID-19 pour une durée indéterminée.

Jean-François Parent, président-directeur général de l'AQCS

Le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ) souhaite que les protocoles soient standardisés, obligatoires et connus des parents dans toutes les écoles.

On ne veut pas faire les frais d’une direction sans expérience, absente ou qui pécherait par excès de zèle!, indique le regroupement qui représente les élèves montréalais et lavallois dans un communiqué de presse.

Le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés, David Bowles, mentionne que l’annonce envoie le message que l’école est obligatoire pour tous les jeunes Québécois, malgré la pandémie.

L'AQPDE ajoute que la scolarisation en classe est une excellente nouvelle pour pallier le décrochage et éviter de creuser des écarts dans les apprentissages des élèves.

Quand on sait que l'absentéisme est le premier facteur de décrochage scolaire, nous ne pouvons qu'être heureux du retour à l'obligation de fréquentation de tous les élèves. Il ne faut pas négliger non plus l'aspect de la sécurité que l'école apporte à certains élèves plus vulnérables au niveau psychosocial, a pour sa part indiqué Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE).

Quel plan pour le rattrapage scolaire?

Si la porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, Véronique Hivon, croit que ce nouveau plan rassurera certainement les parents et les enseignants, elle dénonce le fait qu'il reste encore des zones d'ombre, en ce qui a trait au plan de rattrapage scolaire.

Je ne peux pas croire qu’on est encore dans le brouillard à 2-3 semaines de la rentrée par rapport à des enjeux d'éducation si essentiels.

Véronique Hivon, Parti québécois

On doit le constater, il y a eu des retards pédagogiques en raison de la fermeture des écoles, ajoute Sylvain Mallette de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Ce dernier dit avoir insisté auprès du ministère de l'Éducation pour donner plus de temps et de ressources aux enseignants pour préparer leur plan éducatif pour corriger les lacunes des derniers mois. Il aurait par ailleurs souhaité plus de précisions quant au plan pour la formation professionnelle et pour les enfants vulnérables, comme ceux issus de l'immigration.

Le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, craint elle aussi que tous nos enfants sont maintenant à risque d’avoir développé des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation.

C’est pourquoi ces parents exigent plus de détails du gouvernement quant à l'apprentissage en ligne promis si un enfant doit rester à la maison. Propose-t-il de leur fournir de l’argent neuf? Qui fera cet enseignement à distance? Quand le personnel a-t-il pu être formé?

Il faut absolument éviter l’encadrement pédagogique inégal qui s’est avéré dans nos écoles à la fin de la dernière année scolaire.

Communiqué du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec

Christine Labrie, porte-parole de Québec solidaire en matière d'éducation, déplore le fait que le ministre n'a pas donné plus de détails à ce sujet, si proche de la rentrée scolaire. Il n'y a rien de prévu, alors que dès juin, on avait dénoncé haut et fort que c’était le grand absent du plan [...] C’est un oubli monumental. Il est en retard.

Marwa Rizqy, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière d’éducation, ajoute que le gouvernement doit prévoir des budgets supplémentaires pour aider les jeunes à traverser cette année particulièrement anxiogène.

Un peu de flou

Certaines questions demeurent sans réponses, indique Sylvain Mallette, président de la FAE. Par exemple, pour un enseignant du secondaire, il y a tellement d'élèves dans une classe que la première rangée de bureaux est collée sur le prof. Le prof devra-t-il porter le masque en tout temps? demande-t-il.

Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec, qui représente quatre fédérations de travailleurs dans le secteur de l'éducation, se demande comment ce plan se traduira sur le terrain.

Comment sera-t-il possible de respecter les ratios en services de garde de 1 pour 20, si on parle de bulles-classes? Ou encore, qu'arrivera-t-il aux enseignantes et aux enseignants de spécialités qui circulent d'un groupe à l'autre et qui ne doivent pas porter de masque en classe? Y aura-t-il assez de personnel pour assurer le respect des consignes de nettoyage et de désinfection émises par la Santé publique?

Le plan ne précise pas non plus à quelle fréquence seront nettoyés les écoles et les espaces communs, déplore pour sa part Éric Pronovost, de la Fédération du personnel de soutien scolaire. Parfois, il y a des côtés très vagues. Par exemple, combien de fois doit-on laver la poignée de porte? Le plancher? Combien de fois la secrétaire doit-elle désinfecter son comptoir?

Prêts pour la rentrée?

Sylvain Mallette rappelle que des milliers d'élèves du secondaire et ceux de 82 municipalités du Grand Montréal n'ont toujours pas réintégré l'école depuis mars et n'ont donc pas encore expérimenté avec l'enseignement en temps de pandémie. De plus, les écoles qui ont rouvert avaient un taux de fréquentation de 40 à 60 %.

Là, on va être à 100 %. Et en plus, il y a plusieurs écoles qui débordent déjà. Il y a tellement de défis. Ça va être la première rentrée à l'automne dans un contexte de pandémie, dit Sylvain Mallette de la FAE. Ça ajoute une couche de stress à un métier qui n'est pas facile, dans lequel on voyait pénurie de personnel et épuisement.

C'est pourquoi certains syndicats réclament un peu plus de temps avant l'arrivée des élèves pour permettre aux enseignants et au personnel de s'adapter à cette nouvelle réalité.

[Les enseignants ont] quatre journées pédagogiques pour préparer l'année scolaire et non quatre journées pour préparer tout ce que va entraîner la distanciation et toutes les complications amenées par la pandémie, explique la présidente du Syndicat de l'enseignement du Grand-Portage, Natacha Blanchet.

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