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Les enseignants suppléants se disent oubliés dans le plan de retour en classe

De jeunes élèves assis dans une salle de classe. Les pupitres sont positionnés à 2 mètres de distance les uns des autres.

La province a indiqué à la fin du mois dernier lors de la présentation de son plan de retour en classe qu’une limitation de mobilité pourrait être imposée aux suppléants, si jamais la situation se détériore.

Photo : AFP/Getty Images / FREDERIC J. BROWN

Radio-Canada

Les enseignants suppléants du Manitoba attendent toujours de savoir s’ils seront contraints par la province à travailler dans un nombre limité d’écoles à partir de septembre.

Une enseignante de musique dans la ville de Brandon, qui travaille habituellement presque à temps plein dans plusieurs écoles, Melissa Ballard, ne sait pas à quoi s’attendre à la reprise des cours. Selon elle, les enseignants suppléants sont oubliés par le gouvernement depuis le début de la pandémie.

La province a indiqué, à la fin du mois dernier, lors de la présentation de son plan de retour en classe, qu’elle pourrait imposer une limitation de la mobilité des suppléants si jamais la situation se détériore.

Toutefois, le gouvernement s’attend à un taux d’absentéisme plus élevé cette année en raison de la COVID-19 et compte alors sur l’appui des suppléants en cas d’absence du personnel enseignant.

Melissa Ballard estime que le gouvernement doit garantir aux suppléants un certain volume horaire par école. Elle rappelle que la mobilité du personnel soignant au début de la pandémie a été fortement décriée, car elle constitue un risque de propagation de la maladie. Les risques peuvent être les mêmes pour les suppléants s'ils sont amenés à constamment devoir changer de lieu, dit-elle.

Melissa Ballard debout devant un mur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Melissa Ballard enseigne à Brandon depuis cinq ans.

Photo : Fournie par Melissa Ballard

Du côté de la Manitoba Teachers' Society (MTS), les responsables disent être en discussion avec la province. Le président du syndicat, James Bedford, rappelle qu’avant même la pandémie, la pénurie d’enseignants constituait déjà un problème pour le milieu éducatif. La réduction de la mobilité des suppléants combinée à une forte absence des enseignants empirerait la situation.

La MTS dit qu'elle a demandé à la province s’il existait un autre mécanisme qui pourrait être mis en place pour limiter les absences. Elle évoque la possibilité de tests accélérés pour les enseignants, afin de déterminer plus rapidement s'ils ont un rhume ou la COVID-19 et éviter des périodes d'isolement non nécessaires.

Le syndicat espère aussi que certains retraités pourront remplacer et ainsi compenser la pénurie d'enseignants. Toutefois, il reconnaît que, avant de prendre une décision, ces derniers aimeraient d’abord voir les mesures prises par les divisions scolaires pour assurer la sécurité du personnel. De plus, le nombre de jours pendant lesquels les retraités pourraient travailler tout en recevant une pension serait limité, souligne le président.

Le plan de la DSFM

Le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Alain Laberge, souligne que le manque de suppléants dans la province est encore plus criant chez les francophones que chez les anglophones. Il n’y avait pas assez de suppléants l’année passée, dit-il.

Il ajoute que la DSFM envisage d’embaucher les suppléants à temps plein et de les affecter à une école en particulier. Cette approche, croit-il, leur donnera une garantie d’emploi et réduira le risque qu’ils aillent d’un établissement à un autre.Chaque école aura un ou deux enseignants suppléants qui seront de garde toute la journée, et chacun de ces suppléants sera tenu de suivre un protocole de sécurité, dit-il.

M. Laberge note que ce plan pourrait changer d’ici la reprise des cours si la province venait à modifier ses directives. Tout ceci pourrait tomber si, demain matin, le ministère nous annonce que tous les élèves doivent porter un masque et qu’on revient à une quasi-normalité.

Le visage d'Alain Laberge.

Alain Laberge, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine.

Photo : Radio-Canada

Les divisions scolaires attendent également les directives de la province. La plus grande d’entre elles, la Division scolaire de Winnipeg, qui compte 33 000 élèves et 6000 employés à temps plein et à temps partiel, affirme qu'elle travaille depuis le début de la pandémie afin d’éviter une pénurie de suppléants.

La responsable principale de l’information, Radean Carter, précise que la division scolaire suivra un protocole de contrôle rigoureux pour prévenir la propagation du virus quel que soit le nombre de suppléants disponibles. Mme Ballard et M. Bedford espèrent que la province fera preuve d'initiative en harmonisant les règles dans toutes les divisions de la province.

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