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Remplacement du CTMA Vacancier : l'achat d'un bateau neuf peu probable

Le CTMA Vacancier et plusieurs petits bateaux de pêche en avant-plan au port de Cap-aux-Meules.

Le CTMA Vacancier aura bientôt 50 ans.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le gouvernement Legault semble peu favorable à l'acquisition d'un bateau neuf pour remplacer le CTMA Vacancier, plus d'un an et demi après l'annulation de l'appel d'offres lancé par les libéraux pour la construction d’un nouveau navire.

Un bateau neuf, probablement qu'il n’y en aura pas, a affirmé le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, en entrevue à Radio-Canada.

Il a des bateaux usagés qui sont disponibles à très bas coût, indique M. Fitzgibbon, des bons bateaux. Je peux vous confirmer aujourd’hui, des bateaux, il y a en a plusieurs à vendre. Un bateau neuf, ça coûte cher. Si on se ramasse avec un déficit du double ou du triple par rapport à ce qu’on avait avant, on n’aura rien accompli.

Le ministre refuse toutefois d’écarter complètement l’achat d’un bateau neuf, en indiquant que les discussions se poursuivent avec la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA). Selon lui, le fait de savoir si le futur navire sera neuf ou usagé n’est pas la priorité à l’heure actuelle.

L’enjeu numéro un est de déterminer quel est le plan d’affaires, quel est le volume qu’on pourrait augmenter en termes de nombre de semaines où le bateau pourrait être utilisé.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation
Pierre Fitzgibbon, assis à une table, parle dans un micro.

Le ministre de l'Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon, précise que son gouvernement continue d'étudier le dossier (archives).

Photo : Radio-Canada

On a toujours dit, poursuit M. Fitzgibbon, que nous serions prêts à augmenter la subvention octroyée à la CTMA pour avoir un nouveau bateau, usagé ou neuf, mais il nous faut un plan d’affaires.

Le CTMA Vacancier assure le service de croisières entre Montréal et Cap-aux-Meules durant l'été. Il a été construit en 1973 et approche sa fin de vie utile.

Des croisières gérées par la CTMA ailleurs qu’aux Îles?

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme travailler de concert avec la ministre du Tourisme et la CTMA pour tenter de trouver des moyens d’augmenter le rythme des croisières au Québec.

Je pense que c’est une activité que le Québec doit regarder de façon beaucoup plus large que Montréal–Québec–Cap-aux-Meules.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation
Navire à quai.

La Coalition Avenir Québec avait mentionné qu'elle annoncerait le scénario choisi pour remplacer le CTMA Vacancier en juin 2019, après avoir annulé les décrets ministériels des libéraux dans le dossier (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Pierre Fitzgibbon avance l’idée de multiplier les escales et d’organiser des croisières hivernales, tout en offrant une place centrale à la destination madelinienne.

Moi j’aime beaucoup l’idée d’avoir plus de croisières au Québec, on peut aller dans le fjord du Saguenay, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, explique Pierre Fitzgibbon.

Si un bateau coûte 100 millions de dollars et sert seulement dix semaines, ça n’a pas de bon sens. Pourquoi ne pas regarder plus large et avoir un investissement qui sera à la hauteur de nos attentes au niveau des activités?

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Selon lui, la CTMA constitue un partenaire de choix pour développer l’offre des croisières à l’échelle provinciale.

La CTMA a fait un très bon travail avec le Vacancier, estime Pierre Fitzgibbon, alors pourquoi on ne regarderait pas avec elle les options?

Propriété du bateau : « aucune importance », selon le ministre

Si Québec est clair sur ses intentions de faire affaire à la CTMA pour opérer un futur navire de croisière, la propriété du bateau de remplacement, elle, demeure floue.

La propriété du bateau n’a aucune importance.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Ça ne change rien, estime Pierre Fitzgibbon. Ce qui est important, c’est que ce soit la CTMA qui opère le bateau. C’est ça qu’on veut, mais à qui appartient le bateau, ça devient secondaire. C’est le gouvernement qui offre les garanties financières de toute façon.

Pas d’échéancier

Questionné sur le moment où Québec prendrait formellement position dans le dossier du remplacement du CTMA Vacancier, Pierre Fitzgibbon répond qu’il faudra encore attendre un peu.

Ce n’est pas une course, soutient le ministre. L’échéancier, c’est de la fiction. On veut continuer les croisières, il n’y a pas de panique. Ces contrats-là avaient été donnés un peu vite.

Le bateau fonctionne encore, il n’y a pas d’enjeu. Le bateau est encore en condition, même s’il est en fin de vie. Il n’y a pas de panique à bord, tout est correct.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

Les représentants de la CTMA n’étaient pas disponibles pour commenter les propos du ministre.

Des propos extrêmement décevants

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, déplore les délais du gouvernement dans le dossier.

Le ministre des Transports avait promis une décision pour le remplacement du Vacancier en juin 2019, rappelle M. Arseneau. On est plus d’un an plus tard, le dossier semble avoir été mis de côté et représenter peu d’intérêt pour le gouvernement du Québec, alors que c’est un vecteur de développement économique extrêmement important pour les Îles-de-la-Madeleine : le dossier des croisières en dépend.

Les réponses qu’on nous donne sont évasives, on ne semble pas porter l’attention nécessaire à ce dossier-là. C’est inquiétant pour l’avenir.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine
Joël Arseneau lors d'une entrevue aux Îles, devant des bateaux.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le député se dit déçu que le gouvernement Legault semble favoriser l’achat d’un bateau usagé.

Je pense que le Québec devrait se donner les moyens de ses ambitions lorsqu’il est question de développer les régions, affirme Joël Arseneau.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, de son côté, s’était déjà montré favorable à l’acquisition d’un navire d'occasion par le passé.

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