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Les nouvelles terrasses posent des défis d'accessibilité à Sudbury

Rob DiMeglio.

Rob DiMeglio et son chien guide.

Photo : CBC/Sarah MacMillan

Radio-Canada

Rob DiMeglio va souvent travailler à pied au centre-ville de Sudbury, mais depuis peu, il hésite à s’y aventurer. Il est préoccupé par l'accessibilité des lieux pour les personnes en situation de handicap, alors que de nombreuses terrasses font leur apparition sur les trottoirs.

M. DiMeglio est le directeur général de Independent Living Sudbury Manitoulin, un organisme aidant les personnes vivant avec des handicaps à être autonomes. Il est également aveugle et navigue à l’aide d’une canne et d’un chien guide.

Il raconte avoir vécu une expérience effrayante le mois dernier, alors que son chien et lui ont été incapables de contourner la terrasse de l'Alibi Room, au centre-ville de Sudbury – l'une des nombreuses ayant été installées par les restaurateurs ontariens afin d'appliquer les mesures de distanciation physique.

Bien qu'un chemin de contournement ait été aménagé dans la rue, à l'abri de la circulation, M. DiMeglio raconte avoir eu beaucoup de difficulté à s’orienter en l’absence de repère au ras du sol pouvant être suivi par son chien guide ou par sa canne.

J'étais au milieu de la route, je n'arrivais pas à savoir où j'étais, se rappelle M. DiMeglio. Puis, son chien a marché sous la corde séparant le patio du chemin de contournement, et il a commencé à tomber. C’est alors qu’un passant l’a attrapé.

Je comprends que les restaurants veulent ouvrir et offrir à manger aux familles en ville, mais je dois aussi nourrir ma famille. Et pour cela, j'ai le droit de marcher sur le trottoir sans avoir l'impression que je vais me faire tuer.

Rob DiMeglio, directeur général de Independent Living Sudbury Manitoulin

Selon lui, la Ville aurait dû faire davantage pour que les terrasses – et les chemins les entourant – soient accessibles aux personnes handicapées.

Processus d’apprentissage

Après l'incident, M. DiMeglio a rencontré le propriétaire d’Alibi Room, Kyle Marcus, pour discuter de solutions pour rendre les lieux plus sécuritaires pour les personnes malvoyantes.

M. Marcus dit qu'il était triste d'apprendre que quelque chose [qu'il avait installé] avait eu un effet négatif sur quelqu'un, et a depuis ajouté une deuxième corde près du sol afin de guider les chiens d'assistance, ainsi qu'une petite barrière pour les cannes.

Comment se repère un chien guide, ce n’est pas une chose à laquelle j’avais réfléchi par le passé. Ou encore comment quelqu'un marchant avec une canne s’oriente. C'était tout un processus d'apprentissage.

Kyle Marcus, propriétaire du bar Alibi Room
Chemin de contournement d'Alibi Room.

Après avoir parlé avec M. DiMeglio, Kyle Marcus a ajouté une deuxième corde, près du sol, le long de la passerelle pour piéton de la terrasse de l'Alibi Room.

Photo : Autre banques d'images / Sarah MacMillan

M. DiMeglio est heureux que M. Marcus ait agi rapidement pour apporter des changements à son bar, et affirme ne pas reprocher aux propriétaires d'entreprises de ne pas savoir exactement comment rendre leur espace accessible aux personnes en situation de handicap.

Ma colère est dirigée contre les personnes qui ont signé le permis, c'est-à-dire la Ville, soutient M. DiMeglio. Selon lui, la Municipalité aurait dû consulter les personnes handicapées lors de l'approbation des permis de construction des terrasses.

Pour sa part, M. Marcus affirme que la Ville a été formidable pour l'aider à aménager sa terrasse. Il aurait toutefois aimé avoir des instructions afin de rendre ses installations accessibles à tous.

Recommandation considérée par la Ville

Dans une déclaration à CBC, un porte-parole de la Ville du Grand Sudbury soutient que le processus de demande d'installation de terrasse comprend l'obligation pour les entreprises de prendre en compte la sécurité et l'accessibilité lors de la conception.

La Ville reconnaît qu'il n'y a pas d'exigence pour des barrières pour les cannes pour les voies de contournement piétonnes, mais le porte-parole dit que la Ville prendra cette recommandation à l'examen du Comité consultatif de l'accessibilité.

La Municipalité affirme qu'elle accueille favorablement toutes recommandations des résidents pour l'amélioration de la conception du mobilier urbain.

Avec les informations de CBC

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