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Alstom a les yeux rivés sur les problèmes chez Bombardier Transport

Un Bombardier ZEFIRO 380 et un train à grande vitesse Pendolino de quatrième génération d'Alstom.

Alstom qualifie la nouvelle charge financière d'« évolution négative et non prévue ».

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

La Presse canadienne

Alstom est toujours intéressée par la division ferroviaire de Bombardier, mais l'incapacité de celle-ci à régler ses problèmes d'exécution pourrait venir changer la dynamique des pourparlers entre le géant français et la multinationale québécoise.

La semaine dernière, en faisant le point sur sa performance au deuxième trimestre, qui s'est soldé par une perte nette de 233 millions de dollars américains, Bombardier avait inscrit une charge supplémentaire de 435 millions attribuable à sa division du matériel roulant, en grande partie liée aux coûts associés à un certain nombre de projets à un stade avancé, principalement au Royaume-Uni et en Allemagne.

Dans un communiqué publié lundi, le géant français a estimé qu'il s'agissait d'évolutions négatives et non prévues par rapport aux informations disponibles en date du 17 février dernier, lorsqu'un accord avait été annoncé entre les deux entreprises.

Alstom tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier, a-t-elle fait valoir, sans fournir plus de détails. Alstom maintient sa forte conviction dans le rationnel stratégique de l'acquisition de Bombardier Transport et est confiante dans sa capacité à rétablir à moyen terme la rentabilité et les performances commerciales.

À la Bourse de Toronto, lundi après-midi, l'action de catégorie B de la multinationale québécoise retraitait d'un cent, ou 2,35 %, pour se négocier à 42 cents. Du côté de Paris, le titre d'Alstom a clôturé à 46,79 euros, en recul de 1,14 %.

La clôture de la vente de Bombardier Transport à Alstom, qui a obtenu l'aval de la Commission européenne le 31 juillet dernier, est prévue pendant la première moitié de 2021. Cette transaction évaluée à 8,2 milliards de dollars américains devrait permettre à Bombardier de réduire sa lourde dette à long terme, qui est de plus de 9,3 milliards.

Malgré la sortie d'Alstom, Bombardier a souligné, dans une déclaration envoyée par courriel, se conformer à toutes les conditions du protocole d'entente intervenu entre les deux entreprises et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) – qui détient 32,5 % de Bombardier Transport.

Nous communiquerons les mises à jour appropriées lorsque nécessaire, a indiqué la porte-parole de Bombardier, Jessica McDonald.

En cédant sa division de matériel roulant, la société québécoise, qui se concentrera désormais uniquement sur les luxueux jets d'affaires, devrait obtenir entre 4,2 milliards et 4,5 milliards. Cela tient compte de la somme qui sera versée à la CDPQ pour sa participation.

Le bas de laine des Québécois effectuera également un investissement supplémentaire d'environ 1 milliard dans l'entreprise française et deviendra son plus important actionnaire avec une participation d'environ 18 %, ce qui lui donnera le droit de nommer deux personnes au conseil d'administration.

L'achat de Bombardier Transport aidera Alstom à concurrencer la chinoise CRRC, qui a développé ses activités à l'extérieur de son pays d'origine.

Cette décision donnera également plus de poids à Alstom, dont la tentative de fusion avec l'allemande Siemens avait été bloquée par les régulateurs de l'Union européenne, craignant que l'entreprise n'obtienne une présence dominante dans la région.

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