•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tristen Durocher mettra fin à sa grève de la faim le 13 septembre

Tristen Durocher marche le long d'une route avec des supporteurs qui le suivent.

Tristen Durocher (à droite) a parcouru des kilomètres à pied pour se rendre à l'Assemblée législative, à Regina, devant laquelle il campe depuis le mois dernier.

Photo : Radio-Canada / Heidi Atter

« Oui, la vie vaut la peine d'être vécue! Oui, j'aime la vie! Oui, je veux un avenir! Oui, je veux rentrer chez moi en vie auprès de ma famille! » Par ces mots, Tristen Durocher a annoncé, samedi, sur les réseaux sociaux qu’il mettra un terme à sa grève de la faim le mois prochain.

L'homme de 24 ans, qui a entamé son jeûne le 31 juillet dernier afin d’éveiller les consciences sur le suicide notamment au sein de la communauté autochtone, explique que cette date a toujours été fixée dans son esprit.

Dans une publication publiée sur Facebook, Tristen Durocher précise pourquoi il n’avait pas souhaité dévoiler cette date publiquement auparavant. Je voulais faire peur au gouvernement pour qu'il agisse. Je n'ai jamais fait part de mon intention de mettre fin à mon jeûne de 44 jours, parce que je savais que, s'il connaissait cette date limite, il n'allait pas agir.

Tristen Durocher déclare par ailleurs qu’une rencontre a été organisée, au cours de la semaine dernière, en compagnie de la ministre responsable des Premières nations, des Métis et des affaires du Nord, Lori Carr, et du ministre responsable de la santé en milieu rural, Warren Kaeding.

Je n’ai jamais eu l'intention de mettre ma vie entre les mains du Parti saskatchewanais, car il me laisserait sûrement mourir. Je n'ai pas confiance en lui.

Tristen Durocher

Le jeune Autochtone révèle qu'il a eu un échange décevant avec les ministres dans son tipi installé aux abords du Palais législatif de Regina. Il ajoute avoir pu constater directement leur manque d’empathie et d’humanité .

Je sais, au plus profond de mon cœur et de mon âme qu'ils n'agiront pas et qu’ils n'ont aucune intention de le faire.

Tristen Durocher souhaite notamment que la province considère la vague de suicides chez les Autochtones comme une crise de santé publique et que la Saskatchewan adopte une loi qui responsabilise le gouvernement provincial sur la question de la santé mentale dans les milieux autochtones.

Selon M. Durocher, lors de cette rencontre avec les membres du gouvernement, les deux ministres m'ont fait une lecture condescendante de "Pillars Of Life" [NDLR : le plan de prévention contre le suicide de la Saskatchewan] et sont partis après m'avoir dit qu'ils allaient remplir une ordonnance judiciaire pour m'expulser du parc.

Notre protestation politique contre leur inaction a pris fin au moment où ils sont sortis de mon tipi avec la décision de ne pas agir.

Une cérémonie aura lieu devant le palais législatif de Regina

Dans sa publication, Tristen Durocher annonce aussi qu’une cérémonie sera organisée le 13 septembre prochain pour clore sa grève de la faim.

Il annonce qu’il sera alors rejoint par deux amies autochtones. Nous allons tous les trois nous couper les cheveux et les brûler dans notre feu sacré, et d'ici là, des gens se joindront à moi pour un jeûne de solidarité d'une journée entière.

À l’endroit de son tipi, Tristen Durocher déposera un maigre tas d'os qui montrera au Canada ce à quoi les Autochtones font face dans cette province : une formation politique qui nous méprise et qui ne tient pas compte de notre vie et de notre santé.

Je quitterai cet endroit après m'être entièrement livré au Créateur et à notre cérémonie de prière. Je partirai d'ici vivant, mes amis, vivant et prêt à aller quelque part où je pourrai reprendre des forces et être en bonne santé, rempli d'amour pour les gens qui ont besoin de moi ici, conclut Tristen Durocher dans sa publication.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !