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COVID-19 : une pédiatre de Brampton censurée par Twitter

Le portrait d'une femme dans son bureau.

La pédiatre ontarienne Kulvinder Gill fait l'objet de plaintes de collègues médecins qui l'accusent d'avoir diffusé de fausses informations au sujet de la COVID-19 sur Twitter. La Dre Gill dit être victime de diffamation et de censure.

Photo : @dockaurG/Twitter

Radio-Canada

Une pédiatre ontarienne très active sur Twitter est accusée d'y propager des faussetés. Un de ses tweets a d'ailleurs été censuré par la plateforme.

Plusieurs des tweets de la Dre Kulvinder Kaur Gill, pédiatre de Brampton, en Ontario, suggèrent que le système immunitaire humain suffit pour gérer la COVID-19. Elle y fait aussi la promotion de l'hydroxychloroquine comme traitement.

Des médecins ont d'ailleurs soumis des plaintes auprès de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario (OMCO) en raison de ses activités sur les médias sociaux.

Elle répond être victime de diffamation et de censure et promet de se défendre.

L’un de ses gazouillis, publié le 6 août, indiquait : Les défenses efficaces existantes [dont dispose] l’humanité contre la COVID-19 pour retourner à une vie normale comportent désormais  - La vérité - L’immunité par les lymphocytes T - L’hydroxychloroquine.

Ce message a depuis été supprimé par Twitter parce qu'il contrevient aux règles de la plateforme numérique. Twitter ne précise pas quelles règles un gazouillis transgresse lorsqu'elle en supprime un.

Mises en garde contre l'hydroxychloroquine

L’hydroxychloroquine est un médicament généralement utilisé comme traitement contre le paludisme. Après plusieurs mois d’essais cliniques et de nombreuses études menées sur le sujet, l’Organisation mondiale de la santé et la Food and Drug Administration (FDA), entre autres organismes officiels, en sont venues à considérer le médicament comme inefficace contre la COVID-19.

Un homme tient une bouteille d'hydroxychloroquine et une pilule dans ses mains.

L'intérêt pour l'hydroxychloroquine a été ravivé à la mi-mai lorsque le président des États-Unis, Donald Trump, a révélé qu'il en prenait à titre préventif, ce qui allait à l'encontre des recommandations des autorités sanitaires américaines.

Photo : Reuters / George Frey

Le remdésivir est le seul médicament présentement autorisé pour le traitement de la COVID-19 au Canada.

La Dre Gill a également publié le message suivant, le 4 août : Si vous n'avez pas encore compris que nous n'avons pas besoin de vaccin, vous ne portez pas attention, ajoutant le mot-clic #FactsNotFear.

Le jour même, elle a publié un second tweet : Il n'y a absolument aucune justification médicale ou scientifique à ce confinement prolongé, nuisible et illogique.

Elle dirige une clinique à Brampton, en Ontario, et elle compte plus de 22 000 abonnés sur Twitter.

Elle est également présidente et cofondatrice du groupe Concerned Ontario Doctors. Ni la Dre Gill ni l'organisation qu'elle préside n'ont répondu à nos demandes d'entrevue.

Promotion d'informations erronées et dangereuses

Michelle Cohen, médecin de famille à Brighton, en Ontario, est en désaccord avec les propos de la Dre Gill.

Elle fait la promotion de certaines informations erronées qui sont assez dangereuses, d'autant plus que nous sommes au milieu d'une crise de santé publique, déclare la Dre Cohen, qui a fait part de son inquiétude à l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, bien qu'elle n'ait pas déposé de plainte officielle.

La Dre Cohen indique que les gazouillis de Kulvinder Kaur Gill pourraient servir de motivation à certaines personnes, qui refuseraient d'être vaccinées.

Une femme assise sur un canapé.

La Dre Michelle Cohen estime que sa consœur propage des messages contre-productifs et dangereux dans la lutte contre la COVID-19.

Photo : CBC

Dans un courriel à CBC News, l’OMCO mentionne qu’il ne commente pas les affaires en cours.

Il est important que les médecins reconnaissent l'influence qu'ils peuvent avoir sur les médias sociaux, en particulier en matière de santé publique. L'OMCO croit que remettre en question la valeur des vaccinations ou contrer les meilleures pratiques de santé publique pendant la [crise sanitaire] représente un risque pour le public et n’est pas un comportement acceptable, écrit un porte-parole de l'ordre.

Les médecins qui diffusent de l'information médicale trompeuse susceptible de nuire aux patients peuvent faire face à des restrictions de pratique ou à une suspension pour leurs actions.

Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario

Dimanche, la Dre Gill a publié un autre message sur Twitter dans lequel elle affirme qu'elle ne se pliera pas à la diffamation et qu'elle a sollicité les services d'un avocat.

Elle déclare également : #Groupthink [la pensée de groupe] est dangereuse. Des personnes bien intentionnées prennent des décisions irrationnelles ou préjudiciables lorsque poussées par l'envie de se conformer ou par la conviction que la dissidence est impossible.

[La pensée de groupe]est souvent alimentée par le culte de la personnalité devant la pensée critique, et la dissidence est réduite au silence par la menace de représailles, selon elle.

Avec les informations de CBC News

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