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Incursion dans l’histoire du moulin de Laterrière

Le moulin du Père Honorat fait partie des plus vieux bâtiments du Saguenay. Érigé au milieu des années 1840, il est presque tombé dans l’oubli avant d’être ressuscité par un architecte de la région.

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Le bâtiment en pierre près de la rivière du Moulin.

Le moulin du Père Honorat a été construit en 1846 à Laterrière, au Saguenay.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Quand l'architecte Luc Fortin a reçu pour mandat de restaurer un partie du défunt moulin du Père Honorat, le défi était de taille. La tâche l’a amené à se replonger dans l’histoire de l’architecture.

Luc Fortin en entrevue devant sa maison

L'architecte Luc Fortin a rénové l'ancien moulin à scie.

Photo : Radio-Canada

Nous lorsqu’on est intervenus il y a une dizaine d’années, on a consulté les photos historiques et on a vu que sur les ruines, les larmiers étaient arrondis comme sur la maison canadienne. Alors, on a voulu redonner à la maison son apparence d’origine et le cèdre était tout indiqué , explique l’architecte.

La façade de la maison de pierre en été.

La maison du Père Honorat a été entièrement rénovée.

Photo : Radio-Canada

L’histoire du bâtiment qui trône sur la rivière du Moulin va bien au-delà des parois.

Retour en 1840

Jean-Baptiste Honorat est atterri au Saguenay à la demande de l’Église catholique pour améliorer le sort des Canadiens français.

Portrait du Père Honorat affiché sur un mur de la résidence

Le Père Honorat a fait construire le moulin en 1846.

Photo : Radio-Canada

C’est que la région du Saguenay est dominée par une entreprise, par des capitalistes anglais qui oeuvrent dans le domaine forestier. On parle de William Price qui est associé à Peter Macleod qu’on considère comme le fondateur de Chicoutimi et d’autres agents qui ont un monopole économique sur la région et qui exploitent dans tous les sens du terme les colons de la région , raconte le professeur d’histoire au Cégep de Jonquière, Jérôme Gagnon.

Le religieux fait donc construire un moulin à scie, qui deviendra ensuite un moulin à farine.

À partir de 1846, il va fonder ce qu’on appelle la Compagnie libre du Grand brûlé pour favoriser l’autonomie financière des citoyens.

À cette époque-là, on paie les gens avec les fameux pitons, donc ils ne sont pas payés en argent et ils sont très dépendants des compagnies, des pratiques qui relèvent aussi au Saguenay Lac-Saint-Jean d'un véritable Far West, pas d’institutions judiciaires. C’est vraiment les plus forts qui mènent , relate M. Gagnon.

Le professeur en entrevue devant le moulin

Le professeur d'histoire, Jérôme Gagnon, connaît bien le contexte de la construction du moulin dans les années 1840.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, le moulin du Père Honorat ne restera pas en activité longtemps. Confrontée à des compétiteurs de taille, la compagnie va rapidement devenir un gouffre financier.

Aujourd’hui, alors que le moulin se laisse bercer par la rivière après des années beaucoup plus mouvementées, l’héritage du Père Honorat se perpétue.

Trois personnes visitent l'intérieur de la résidence où les anciennes grandes roues du moulin sont toujours en place.

Les pièces mécaniques du moulin sont toujours bien visibles à l'intérieur.

Photo : Radio-Canada

L'endroit devenu résidence privée a aussi servi de lieu de tournage pour le film Forêt noire des réalisateurs saguenéens Jean-Marc E. Roy et Philippe David Gagné en 2018.

D'après le reportage de Mélissa Savoie-Soulières

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