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Une récolte record de contenants consignés pour les valoristes

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Une femme trie des canettes consignées dans une coopérative située sous le pont Jacques-Cartier, à Montréal.

En date du 9 août 2020, la Coop Les Valoristes a récolté 1 500 000 canettes consignées, un record cette année.

Photo : Radio-Canada

L'interruption de la collecte des contenants consignés par les détaillants au début de la pandémie a été bénéfique pour les citoyens à la recherche d'un revenu d'appoint. Ces « valoristes » ont vu leur récolte exploser, ce qui a mis en lumière ces travailleurs de l’ombre.

La coopérative Les Valoristes existe depuis 2011, mais peu la connaissent. Située sous le pont Jacques-Cartier, cette entreprise d’économie sociale achète les contenants consignés.

Depuis le 1er juin, la Coop a récolté un nombre record de 1,5 million de canettes. En 2019, elle avait recueilli 650 000 contenants en aluminium.

On faisait des chiffres de fou de 80 000 contenants dans une journée!

Marica Vazquez Tagliero, coordonnatrice de La Coop les Valoristes

Au début de la pandémie, les détaillants ont refusé les contenants consignés pour assurer la sécurité de leurs employés. Ils n'ont repris du service à Montréal qu'à partir du 22 juin, ce qui a laissé le champ libre à l'organisme La Coop Les Valoristes

Accompagné d’un intervenant en travail social, l'organisme accueille des gens de tous âges qui cherchent un revenu d’appoint, notamment ceux qui sont mis en marge de la société.

C’est le cas de Michel Patoine, un sans-abri pour qui la collecte des canettes est le seul revenu. Forcé de vivre dans la rue à la suite d’une maladie, il sillonne les rues de Montréal à la recherche de contenants depuis près de 10 ans.

Il dit faire en moyenne entre 20 $ et 50 $ par jour, mais la pandémie a propulsé ses revenus.

Le maximum que j'ai monté, c'est 102 $ en une journée.

Michel Patoine, valoriste
Le sans-abri, Michel Patoine à côté de son vélo transportant sa cargaison de canettes et bouteilles de bière consignées.

Michel Patoine a pour seul revenu la cueillette de contenants consignés depuis 2011. Sans-abri, il dit aimer sa vie de valoriste qui lui permet de ne dépendre de personne.

Photo : Radio-Canada

Victime de son succès

La Coop Les Valoristes compte sur le soutien financier de plusieurs partenaires, dont Recyc-Québec. En plus de subventions au fonctionnement, la coopérative de solidarité détient une entente avec l’organisme gouvernemental pour l’achat des canettes.

La coordinatrice de l’organisme, Marica Vazquez Tagliero, soutient que cette entente est prévue pour un maximum de 1,2 million de canettes cette année, bien qu’elle en ait déjà récolté 300 000 de plus.

Aujourd'hui, on reçoit zéro pour chaque contenant qu'on manipule. Si on était un détaillant, on recevrait cet argent-là [2 cents] normalement à chaque contenant manipulé, explique Mme Vazquez Tagliero.

Elle soutient recevoir 1,3 cent par contenant, tandis que les détaillants, en vertu de la Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses dans des contenants à remplissage unique, reçoivent 2 cents par contenant.

Marica Vazquez Tagliero déplore cette différence de traitement, justifié par Recyc-Québec par le fait qu’il s’agit d’une subvention à un organisme à vocation sociale qui contribue à l’environnement par ses activités de retour, de tri et de remboursement des contenants consignés.

Un homme avec son vélo regarde les sacs de recyclage déposés par terre à la recherche de canettes ou de bouteilles consignées.

Annuellement, il se vend 2,3 milliards de contenants consignés au Québec. En 2019, un peu plus de 70 % de ces contenants ont été récupérés, soit 1,6 milliard. Le reste se retrouve dans les ordures ou dans les bacs de recyclage.

Photo : Radio-Canada

Un travail nécessaire

Le phénomène des valoristes est international. Partout dans le monde, des citoyens vivent des déchets jetés à la rue. Selon Marc Olivier, professeur-chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle, leur apport est indéniable en matière de recyclage.

Pour nous, ça représente une grande utilité, puisque ces gens-là vont ramasser des canettes et des bouteilles qui traînent dans la rue. C'est une façon de participer à la propreté de la ville.

Marc Olivier, professeur-chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle

M. Olivier indique que le Québec est à l’orée d’une mini-révolution en matière de matériaux consignés. Le gouvernement travaille actuellement aux modalités de l’élargissement de la consigne, prévu en 2022.

La Coop les Valoristes aimerait être invitée à la table des discussions. La coordonnatrice indique que les valoristes ont quelque chose à apporter à la modernisation de cette consigne.

D'ailleurs, Marc Olivier souligne que les comptoirs de dépôt poussent rapidement au-delà de la frontière.

Ailleurs, ce que l'on voit dans d'autres juridictions, c'est plutôt toute une série de petits comptoirs de récupération, et là [ ...], on est en train d'encourager de très près des groupes d'économie sociale, dit-il.

Le Québec possède deux comptoirs de dépôt, dont un qui vient tout juste de voir le jour sous le viaduc de l'autoroute Dufferin-Montmorency, dans le quartier Saint-Roch, à Québec.

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