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La bulle atlantique serait-elle déjà ouverte au reste du Canada?

Blaine Higgs donne une conférence de presse.

Le premier ministre Blaine Higgs affirme que les discussions sont toujours en cours quant à l'ouverture des frontières du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, déclare qu'il faudra encore au moins une semaine avant que sa province envisage d’ouvrir ses frontières au reste du Canada. Cependant, en un sens, le Nouveau-Brunswick est déjà ouvert aux Canadiens hors de l'Atlantique en raison de la situation en Nouvelle-Écosse.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 en mars, les personnes en provenance de n'importe quelle province ou territoire peuvent entrer en Nouvelle-Écosse, pour quelque raison que ce soit, à condition de s'isoler pendant 14 jours.

Depuis le lancement le 3 juillet de la bulle atlantique, dont font partie les trois provinces maritimes, les personnes de l'extérieur de l'Atlantique qui se rendent en Nouvelle-Écosse et s'isolent là-bas peuvent ensuite aller au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard (Terre-Neuve-et-Labrador fait partie de la bulle atlantique, mais ne laisse entrer que les résidents des trois provinces maritimes, à moins d'une permission spéciale).

Ainsi, même si le Nouveau-Brunswick veut garder un étroit contrôle sur les personnes qu'elle autorise à entrer et les conditions qu'elles doivent remplir, quiconque veut entrer dans la province peut le faire en passant d'abord par la Nouvelle-Écosse.

Un poste de contrôle est aménagé à Aulac, et des véhicules attendent.

Un poste de contrôle de la frontière provinciale à Aulac, au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Kate Letterick

Le premier ministre Higgs a déclaré au réseau CBC qu'il était pleinement conscient de la politique de portes ouvertes de la Nouvelle-Écosse et que les visiteurs de cette dernière pouvaient continuer à entrer au Nouveau-Brunswick.

Nous avons la bulle atlantique, et l'idée derrière ça était de permettre la libre circulation des personnes qui se sont isolées, des personnes que nous considérons comme pouvant circuler librement dans cette région, a poursuivi le premier ministre.

L'épidémiologiste Raywat Deonandan, professeur associé à la Faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa, qualifie la situation des provinces maritimes de surprenante et étrange.

Raywat Deonandan.

L'épidémiologiste Raywat Deonandan se dit surpris de la différence des stratégies adoptées par les gouvernements des provinces qui font partie de la bulle atlantique.

Photo : Gracieuseté de Raywat Deonandan

Je pensais que l'idée de la bulle, c'était que les frontières étaient entièrement scellées, note M. Deonandan.

Cela n'a pas non plus beaucoup de sens en matière de contrôle des éclosions, affirme-t-il.

L'idée derrière une bulle de provinces adjacentes est qu'il devrait y avoir une cohérence des politiques sur la façon dont vous gérez les frontières. C'est la seule façon de fonctionner, poursuit le spécialiste.

Raywat Deonandan explique que la sécurité de la bulle dépend de la politique de la province la plus permissive.

L’expert y va d’une comparaison avec les bulles sociales : Vous êtes seulement aussi bons que les personnes à qui vous choisissez de faire confiance, dit-il.

La bulle [atlantique] n'est bonne que si la politique de son partenaire le plus permissif l'est aussi. Il semble que la Nouvelle-Écosse soit le partenaire le plus indulgent. Par conséquent, tous ont de facto la même politique que la Nouvelle-Écosse, qu'ils le veuillent ou non.

Raywat Deonandan, professeur, Université d'Ottawa

M. Deonandan ajoute qu'il n'y a rien de magique dans l'obligation d'isolement de 14 jours. Il s'agit uniquement d'une médiane, basée sur la période d'incubation estimée du coronavirus.

Il est possible que vous observiez l'isolement de 14 jours et soyez déclaré positif, énonce l’expert.

Cela dit, M. Deonandan estime que le risque que des voyageurs qui se sont isolés pendant 14 jours fassent entrer le coronavirus dans la bulle atlantique est faible.

L’isolement ne sera plus exigé

Le premier ministre Higgs a déclaré que, lorsque le Nouveau-Brunswick s'ouvrira au reste du pays, la période d'isolement de 14 jours ne sera plus nécessaire.

Je vais avoir des échanges avec mes collègues de l'Atlantique au sujet de la prochaine étape, mais pour l'instant, nous n'avons pas de date en tête pour la réouverture avec le reste du Canada, avait-il déclaré le 5 août.

Blaine Higgs veut d’abord évaluer les conséquences qu’aura la seconde semaine d'élargissement de la bulle du Nouveau-Brunswick aux résidents de deux régions frontalières du Québec, sans avoir besoin de s'isoler.

Les résidents de la municipalité régionale de comté (MRC) d'Avignon, qui borde le comté de Restigouche et comprend la Première Nation de Listuguj, et de la MRC du Témiscouata, qui borde le comté de Madawaska, peuvent entrer au Nouveau-Brunswick pour des excursions d'une journée seulement depuis le 1er août.

Des voitures sortent d'un pont, et un panneau lumineux indique qu'un point de contrôle est en place plus loin en raison de la COVID-19.

À l'heure actuelle, le Nouveau-Brunswick limite le nombre de personnes autorisées à entrer dans la province.

Photo : Brian McInnis/CBC

Cependant, une fois qu'une personne a terminé son isolement de 14 jours dans l'une des provinces de l'Atlantique, elle est la bienvenue au Nouveau-Brunswick, a confirmé Geoffrey Downey, porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

Le Nouveau-Brunswick comptait dimanche six cas actifs de COVID-19, tous des travailleurs étrangers saisonniers à Moncton qui se sont isolés dès leur arrivée.

Le premier ministre s’est dit très inquiet de la résurgence du virus dans certains territoires. Selon lui, toute expansion de la bulle atlantique doit être faite avec prudence à l'approche de la rentrée scolaire.

Nous voulons faire revenir les enfants à l'école et ne pas nous retrouver dans une situation de résurgence du virus avant ou pendant l'année scolaire, a-t-il déclaré aux journalistes le 30 juillet, lors de l'annonce de l’ouverture de la bulle aux deux régions du Québec.

Une élève se dirige vers son école avec une affiche qui dit "welcome back", ou re-bienvenu en français.

Le premier ministre Higgs a dit vouloir éviter une résurgence du virus à la rentrée scolaire.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

La Nouvelle-Écosse étudie aussi la possibilité d'ouvrir ses frontières, mais elle n'en est pas encore là, a déclaré le premier ministre Stephen McNeil.

L'Île-du-Prince-Édouard n’a pas pris de décision non plus.

La semaine dernière, la province insulaire a cependant commencé à autoriser les membres des familles de ses résidents provenant d’autres régions canadiennes que de la région atlantique à visiter ceux-ci. Pour être admises, ces personnes doivent toutefois être des citoyens canadiens ou détenir le statut de résident permanent. Elles doivent aussi s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée.

Depuis juin, l'Île-du-Prince-Édouard a par ailleurs ouvert ses frontières aux membres des familles des insulaires ayant besoin d’un aidant naturel, comme ceux qui vivent dans des établissements de soins de longue durée, ainsi qu'aux résidents saisonniers.

Finalement, selon un porte-parole du ministère de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve-et-Labrador, aucune décision n’a été prise concernant la levée de l’interdiction de voyage imposée aux Canadiens de l’extérieur de la région atlantique.

D'après le reportage de Bobbi-Jean MacKinnon, CBC

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