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Le robotaxi autonome débarque à Shanghai

Une voiture automne blanche de marque volvo.

Un robotaxi DiDi Chuxing circule dans les rues de Shanghai, le 20 juillet 2020.

Photo : AFP / Hector Retamal

Agence France-Presse

À Shanghai, une clientèle cobaye s'installe sans crainte à l'arrière d'un taxi sans personne derrière le volant qu'elle a commandé en ligne. Les géants locaux de la voiture autonome tentent de généraliser cette technologie futuriste en Chine.

Des rues envahies de voitures qui roulent sans intervention humaine? Cette scène, digne d'un film de science-fiction, est encore lointaine, notamment pour des raisons liées à la technologie, aux règlements et à la sécurité.

Néanmoins, dans un contexte de forte rivalité technologique Pékin-Washington, les principaux acteurs et actrices de la technologie en Chine ont lancé des projets de véhicules autonomes dans plusieurs villes, à l'image de leurs homologues des États-Unis.

Parmi ces entreprises, on compte Baidu, propriétaire du moteur de recherche le plus populaire de Chine; DiDi Chuxing, qui se spécialise dans les véhicules de tourisme; et AutoX, soutenue par le géant local du commerce en ligne Alibaba.

Le PDG d'AutoX, Xiao Jianxiong, dit même vouloir lancer sur les routes son premier véhicule totalement autonome d’ici la fin de l'année.

De premiers joueurs

Dans la capitale économique chinoise – dont la population est de quelque 25 millions de personnes –, les robotaxis lancés en juin par DiDi Chuxing attirent déjà un bon nombre de gens curieux de tester le dispositif.

À l'aide d'une application, les internautes indiquent le trajet souhaité. Ces personnes sont ensuite récupérées par une Volvo de l’année truffée d'éléments électroniques et surmontée d'un radar tournoyant.

Intérieur d'une voiture autonome Volvo en marche sur une route.

Un conducteur assis dans un robotaxi DiDi Chuxing, lors d'un test effectué dans les rues de Shanghai le 22 juillet 2020

Photo : AFP / Hector Retamal

Le siège avant du véhicule est tout de même occupé, si un imprévu se présentait. Après tout, ce service est encore expérimental – mais pas suffisamment pour refroidir Da Xuan, une employée d'un réseau social qui a décidé de s'offrir un avant-goût du futur.

Des entreprises comme Uber ou Tesla font de la conduite autonome, alors j'étais curieuse de voir où en sont les entreprises chinoises.

Une citation de :Da Xuan

Tout s'est déroulé sans accroc, raconte-elle, ajoutant se sentir en sécurité dans ce type de véhicule.

Seule contrainte pour les gens souhaitant utiliser le service : le trajet désiré doit pour l'instant se cantonner à l'intérieur d'un périmètre bien défini, situé en banlieue de Shanghai.

Une technologie presque au point

Dans l'atmosphère parfois anarchique de la rue chinoise, le véhicule accélère, freine et prend les virages avec assurance. Votre voiture a été désinfectée; nous cédons le passage aux piétons, annonce au fil du voyage une douce voix féminine diffusée dans l'habitacle.

Lorsqu'un camion roulant devant la Volvo fait subitement une embardée, l'intelligence artificielle freine le véhicule avec brio et en douceur.

Des caméras et détecteurs sur le haut d'une voiture autonome blanche de marque Volvo.

Les équipements surplombant le toit du robotaxi DiDi Chuxing, le 22 juillet 2020, lors d'un test effectué dans les rues de Shanghai

Photo : AFP / Hector Retamal

Le système a toutefois encore besoin de rodage. Lors d’un arrêt, le freinage est si brusque que les personnes à bord du véhicule sont légèrement projetées vers l'avant, et tout écart par rapport au trajet prévu nécessite une intervention humaine.

Or, Meng Xing, directeur général de la conduite autonome à DiDi Chuxing, l'assure : l'intelligence artificielle est déjà suffisamment au point pour gérer seule la plupart des situations sans avoir besoin de toucher ni au volant ni aux freins.

Rivalité américaine

Elon Musk, directeur de Tesla, a assuré au début du mois de juillet que le constructeur de véhicules électriques américain parviendrait cette année à mettre au point une voiture entièrement autonome. Toutefois, cette affirmation a été remise en cause par bon nombre d'analystes.

Selon Paul Lewis, responsable de recherche au Eno Center for Transportation – un organisme à but non lucratif établi à Washington –, les compteurs sont remis à zéro en ce qui a trait aux attentes, car la technologie n'est pas encore au point.

Une vue première personne d'un chauffeur de véhicule Tesla qui n'a pas les mains sur le volant.

La conduite totalement autonome devait être offerte aux personnes faisant partie du programme d’accès anticipé de Tesla avant la fin de 2019 et se fait toujours attendre.

Photo :  Capture d’écran YouTube / Tesla

Les ingénieurs commencent à réaliser les limites de l'intelligence artificielle, et il reste un long chemin avant de pouvoir produire une voiture 100 % autonome.

Or, Xiao Jianxiong, d'AutoX, vise un déploiement significatif de véhicules d'ici deux ou trois ans, malgré les obstacles réglementaires et technologiques.

C'est une question de temps et d'efforts, mais ça viendra.

Une citation de :Xiao Jianxiong

De son côté, Baidu prévoit implanter des centres de tests de voitures autonomes dans une dizaine de villes de Chine, dont Pékin. L'entreprise teste par ailleurs un parc de 45 taxis à Changsha.

Malgré le flou persistant sur cette technologie, DiDi Chuxing voit grand : un responsable de l'entreprise de VTC a déclaré en juin vouloir gérer un million de véhicules autonomes d'ici 2030.

Il reste 0,5 % de problèmes à résoudre, mais on croit en l'avenir. On arrivera à fournir un service plus sûr que celui d'un être humain qui conduit.

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