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Le port de Montréal accumule deux semaines de retard dans ses activités de manutention

Le port de Montréal en 2016.

Une grève générale illimitée des débardeurs risque d'être déclenchée au port de Montréal lundi.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Les négociations se poursuivent entre l'Association des employeurs maritimes (AEM) et les débardeurs du port de Montréal pour éviter la grève générale illimitée qui risque de commencer lundi. Mais les huit jours de grève déclenchés par les débardeurs depuis les deux dernières semaines causent déjà des retards importants aux activités du port.

On a déjà des impacts parce que ça fait deux, trois semaines qu’il y a des moyens de pression et des journées de grève. Donc le port a déjà accumulé deux semaines de retard à peu près sur leur manutention des cargos, indique Marc Fortin, président du Conseil canadien du commerce de détail.

M. Fortin déplore la situation actuelle et affirme que la grève générale, si elle perdure, aura des impacts importants, autant sur les commerçants que sur les consommateurs.

Montréal est un port principal pour l’est du Canada et un peu pour le nord-est des États-Unis.

Marc Fortin, président du Conseil canadien du commerce de détail

En fait, 90 % de ce que consomme la population de l'est du Canada arriverait par le port de Montréal.

Marc Fortin explique que, par exemple, plusieurs commerçants qui vendent des meubles ont installé leur centre de distribution canadien au Québec à cause de l’accès au port. Et que de nombreux biens de consommation destinés à Toronto, des produits alimentaires et pharmaceutiques notamment, transitent par Montréal avant d’être mis sur d’autres bateaux qui se rendent dans la Ville-Reine.

Des débardeurs regardent un bateau sur le quai d'un port chinois.

La majorité des produits que l'on consomme viennent des États-Unis, de la Chine, de l’Europe, du Mexique et d’une quinzaine de pays d’Asie.

Photo : Associated Press / Chinatopix via AP

Déjà, certains cargos ont été redirigés vers les ports d'Halifax, de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, et de New York, ce qui apporte des coûts supplémentaires.

Avec la COVID, on a des augmentations de coûts, mais là on va avoir encore des augmentations parce qu’il va falloir retransiter les produits et les mettre sur des trains et des camions pour les faire circuler. Certaines entreprises ont les moyens d’absorber ces coûts pendant un certain temps, mais il ne faudrait pas que ça perdure pendant des mois et des mois parce que le consommateur va vraiment être touché, assure M. Fortin.

Marc Fortin attend maintenant des gouvernements provincial et fédéral qu’ils poussent les deux parties à trouver une solution le plus rapidement possible.

En négociation depuis près de deux ans

Les négociations entre l’AEM et ses débardeurs se déroulent depuis septembre 2018.

Le conflit porte essentiellement sur les horaires de travail, selon le syndicat, qui souligne que ses membres travaillent actuellement 19 jours consécutifs sur 21, 365 jours par an, mis à part les jours fériés et ceux où le port est fermé.

Par ailleurs, selon le syndicat, la grève est rendue nécessaire en raison des récentes modifications à la baisse de certaines conditions de travail des débardeurs.

Lundi dernier, un préavis patronal de 72 heures a été envoyé au syndicat pour annoncer des modifications au salaire horaire des débardeurs et des hommes d'entretien qui travaillent le soir, la nuit et la fin de semaine.

Le volume de travail a augmenté et nos membres travaillent continuellement, 19 jours sur 21. On ne demande pas des milliards, mais on demande à ce que la distribution de la richesse soit faite en fonction de la négociation de la convention collective. Quand on va d’année record en année record, on ne peut pas nous dire à la table de négociation qu’il faut que les demandes soient à coût nul, dénonçait le 27 juillet Michel Murray, conseiller syndical du Syndicat des débardeurs.

En 2015, les débardeurs du Québec gagnaient en moyenne 110 000 $, selon les chiffres du ministère du Travail de la province. Les avantages sociaux des débardeurs montréalais s'élèvent à 22 000 $ annuellement, ce qui comprend un régime de retraite à prestations déterminées payé par l'employeur.

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