•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les ventes des magasins de cannabis privés ont chuté depuis l’interdiction des livraisons

Certains redoutent que les consommateurs se tournent vers le marché noir.

Du cannabis en fleurs séchées.

Les détaillants privés ne peuvent plus livrer de cannabis, contrairement à la Société ontarienne du cannabis (archives).

Photo : Radio-Canada / Robert Short/CBC

Radio-Canada

Des magasins privés de cannabis se battent pour pouvoir continuer d'effectuer des livraisons, car leur chiffre d’affaires est à la baisse depuis que le gouvernement de l’Ontario leur a retiré le droit de livrer leurs produits.

Lorsque la crise sanitaire de la COVID-19 a commencé au printemps, tous les magasins de cannabis de la province ont dû fermer leurs portes, mais les autorités leur ont ensuite donné le droit de livrer de la marchandise et d’offrir la cueillette de commandes devant le magasin.

Cependant, l’administration Ford a décidé de proscrire de nouveau la livraison de cannabis par des détaillants privés au début de l’étape 3 du déconfinement.

Le ministère du Procureur général leur a permis de rouvrir leurs succursales, mais sous certaines conditions comme la prise d’un rendez-vous. Les vendeurs privés soulignent cependant que la Société ontarienne du cannabis (SOC) a le droit de faire des livraisons, et ce, depuis la légalisation. La SOC agit aussi comme fournisseur pour les magasins privés.

M. Stoker pose dans un commerce vendant des produits de cannabis à Ottawa.

Harrison Stoker a noté une diminution marquée des ventes depuis l'interdiction de la livraison de cannabis (archives).

Photo : Radio-Canada / Brady Strachan

La plupart des secteurs ont pu avoir une prolongation des mesures exceptionnelles temporaires mises en place pendant la pandémie, parce que la pandémie existe toujours, évidemment, indique Harrison Stoker, vice-président du groupe Donnelly, à qui appartient la bannière Hobo Cannabis à Ottawa.

On est en 2020. Ce genre de service devrait être disponible pour les Canadiens moyens, croit-il. Les livraisons représentaient environ 24 % des ventes au plus fort de la pandémie, estime M. Stoker. Même lorsque les magasins ont pu recommencer à accueillir des clients, 18 % du chiffre d’affaires de Hobo Cannabis provenait des livraisons.

Un traitement différent

Les ventes ont aussi dégringolé pour le magasin Superette, situé sur la rue Wellington Ouest. L’entreprise a dû mettre à pied six employés embauchés expressément pour faire des livraisons, relate la présidente-directrice générale de Superette, Mimi Lam.

Deux personnes devant le magasin de cannabis Superette, situé dans le quartier Wellington Ouest d'Ottawa. Un panneau sur la rue indique que la rue est fermée et que seule la circulation locale y est permise.

Le magasin de cannabis Superette, dans le quartier Wellington Ouest d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Toni Choueiri

La mise sur pied d’un service de livraison a demandé beaucoup d’investissements, comme l’achat de logiciels et la formation de main-d’œuvre.

Ne pas être capable de continuer à offrir ce service, ça me semble être du gaspillage. C’est aussi un peu contre-intuitif quand on considère les objectifs de l’industrie légale, explique-t-elle.

Si vous voulez que ce soit un marché privé ouvert, donnez-nous les outils pour réussir. Donnez-nous les moyens de faire des affaires comme toutes les autres entreprises pour qu’on puisse atteindre nos clients. On dirait qu’on traite le cannabis différemment, déplore également Mme Lam.

Une jeune femme pose dans un magasin de cannabis.

La cofondatrice de Superette, Mimi Lam, espérait des assouplissements comme ceux adoptés pendant la pandémie en Ontario pour accroître ses activités à Ottawa.

Photo : Gracieuseté

De son côté, la province examine les options pour continuer de soutenir la croissance du marché du cannabis, note le ministère du Procureur général dans une déclaration envoyée à CBC.

Des clients livrés au marché noir sur un plateau d’argent

Mettre un terme aux livraisons signifie que le gouvernement de l’Ontario livre des clients au marché noir sur un plateau d’argent, pensent Mme Lam et M. Stoker.

Les deux entrepreneurs croient qu’il est possible d’inverser cette tendance si la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) octroie davantage d’autorisations de magasin de vente au détail.

À l’heure actuelle, la CAJO n’en délivre que 20 par mois. Depuis que le gouvernement a permis aux entrepreneurs privés de postuler pour une autorisation, la Commission a reçu 915 demandes, mais elle n’en a accepté que 80.

Faire grossir le réseau de détaillants privés en Ontario et par conséquent faire croître les ventes en gros est un moyen beaucoup plus sécuritaire de faire de l’argent et de créer un accès sécuritaire au produit pour les clients, fait valoir M. Stoker, qui entend aussi continuer son lobbying pour permettre de nouveau les livraisons.

La CAJO, de son côté, affirme qu’elle travaille à accroître le nombre d’autorisations qu’elle donne et qu’elle compte rendre le processus de demande plus efficace.

Avec les informations de Natalia Goodwin de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !