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De nouveaux affrontements à Beyrouth et deux ministres démissionnaires

Les manifestants sont devant un petit incendie dans la rue.

Les manifestants libanais ont incendié l'un des accès du Parlement, à Beyrouth.

Photo : afp via getty images / Joseph Eid

Radio-Canada

À Beyrouth, les manifestants ont affronté pour une deuxième journée d'affilée les forces de sécurité libanaises, pour exprimer leur colère contre les dirigeants du pays à la suite des tragiques explosions survenues dans le port de la capitale mardi.

Des centaines de personnes s’étaient rassemblées en soirée devant l'une des entrées du parlement, qui a été incendiée. D'autres groupes de protestataires se sont rendus devant l'hôtel Le Grey et sur la place des Martyrs.

Certains sont entrés dans les bâtiments des ministères des Travaux et des Déplacés, dans le même secteur, au centre-ville, tandis que d’autres pénétraient dans ceux du Logement et des Transports.

Les forces de l’ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes contre les protestataires, qui ont répliqué avec des jets de pierres et des projectiles.

Selon l'Agence nationale d'information, plusieurs personnes ont été blessées dans les échauffourées.

Samedi, ce sont les sièges des ministères des Affaires étrangères, de l'Énergie et de l'Économie qui avaient été pris d'assaut, tandis que les locaux de l'Association des banques libanaises étaient saccagés.

La manifestation de samedi a fait un mort dans les rangs de la police et plusieurs centaines de blessés.

Une foule rassemblée sur la place des Martyrs.

Manifestation le 8 août 2020, à Beyrouth

Photo : Reuters / THAIER AL-SUDANI

Premières démissions au sein du gouvernement depuis l'explosion

La destruction de Beyrouth et la colère populaire ont eu raison de la ministre de l'Information libanaise, Manal Abdel Samad, qui a annoncé dimanche qu'elle quittait le gouvernement. Elle a notamment expliqué son départ par l'incapacité du gouvernement à mettre en oeuvre des réformes.

Je m'excuse auprès des Libanais, nous n'avons pas pu répondre à leurs attentes.

Manal Abdel Samad, ministre démissionnaire

Plusieurs autres ministres pourraient suivre son exemple, selon des informations circulant dans les médias.

Le ministre de l'Environnement et du développement administratif, Damianos Kattar, a d'ailleurs emboîté le pas à Mme Samad, dimanche soir.

Face à l'énorme catastrophe [...] et à [...] un régime stérile qui a raté de nombreuses occasions [...], j'ai décidé de démissionner du gouvernement, a annoncé M. Kattar dans un communiqué. En ce moment de douleur qui unit les Libanais, je vois de l'espoir dans la capacité de nos jeunes à faire progresser un nouveau Liban qui réponde à leurs aspirations et à leurs rêves.

D'autres députés avaient déjà démissionné avant l'explosion.

La ministre démissionnaire lors d'une conférence de presse.

La ministre libanaise de l'Information, Manal Abdel Samad, a annoncé sa démission.

Photo : Reuters / Dalati Nohra

En entrevue à RDI, le professeur de droit à l'Université d'Ottawa Jabeur Fathally explique que ces démissionnaires font partie de l'opposition. Selon son analyse, il ne pense pas que les autres partis [au gouvernement] celui du président Michel Aoun, de ses alliés, du Hezbollah par exemple, vont démissionner à leur tour.

La situation est déjà chaotique, l'absence des institutions ne fera qu'empirer la situation, a-t-il ajouté. Quant aux élections anticipées demandées par nombre de Libanais, elles poseront d'autres problèmes, anticipe M. Fathally. Je ne pense pas que ça va mener à la stabilité.

Une fureur aux multiples visages

Par ailleurs, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, qui jouit d'une influence importante, a lui-même réclamé dimanche la démission du gouvernement ainsi que des élections législatives anticipées.

La démission d'un député par-ci, d'un ministre par-là, ne suffit pas, a-t-il lancé lors de son sermon dominical.

Il faut, par respect pour les sentiments des Libanais et en raison de sa gravissime responsabilité, avoir la démission du gouvernement tout entier, incapable de faire avancer le pays, et organiser des législatives anticipées, plutôt que d'avoir un Parlement qui n'exerce pas ses fonctions.

Béchara Raï, patriarche maronite

C'est ce qu'on peut appeler un crime contre l'humanité, a aussi déclaré M. Raï en parlant des événements de mardi. Il a réclamé une enquête internationale afin que tous les responsables de ce massacre rendent des comptes.

Il s'est interrogé sur les raisons de la présence d'une quantité gigantesque de matière explosive gardée pendant six ans dans l'endroit le plus dangereux de la capitale.

L'explosion survenue au port mardi a fait au moins 220 morts et plus de 7000 blessés, selon le ministère de la Santé, et 110 personnes sont toujours portées disparues.

Les restes d'un navire en flammes au port de Beyrouth.

Le port de Beyrouth, détruit.

Photo : Getty Images / -

Dans un tweet, le bureau du président Michel Aoun a une nouvelle fois refusé toute enquête internationale sur les explosions meurtrières de Beyrouth.

Les demandes pour une enquête internationale ne sont qu’une perte de temps. La justice doit agir rapidement, mais sans précipitation pour déterminer les coupables.

Michel Aoun, président

Pour tenter d'apaiser la colère de la rue, le premier ministre contesté Hassan Diab a annoncé samedi qu'il proposerait des législatives anticipées, tout en se disant prêt à rester au pouvoir pendant deux mois, le temps que les forces politiques s'entendent.

Avec les informations de Agence France-Presse, et L'Orient le Jour

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