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Liban : l'aide devrait aller « directement à la population », disent les donateurs

Une vue des grues du port de Beyrouth.

Une vue des grues du port de Beyrouth, la capitale du Liban, avec en arrière-plan les silos à grains endommagés par l'explosion de mardi.

Photo : Getty Images / PATRICK BAZ

Radio-Canada

L’aide au Liban devrait être coordonnée sous l'égide des Nations unies et fournie « directement à la population libanaise », ont déclaré dimanche les donateurs réunis en visioconférence cinq jours après la gigantesque explosion qui a ravagé Beyrouth.

Dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion organisée à l'initiative de la France et de l'ONU, et qui a réuni une trentaine de pays, les participants ont insisté sur la nécessité d'une enquête impartiale, crédible et indépendante sur les circonstances de la catastrophe.

Le président libanais Michel Aoun, opposé depuis le début à l’idée d’une enquête internationale, a réitéré son refus. Les demandes pour une enquête internationale ne sont qu’une perte de temps. La justice doit agir rapidement, mais sans précipitation pour déterminer les coupables, a dit M. Aoun.

 C'est l'avenir du Liban qui se joue  - Emmanuel Macron

Le président Macron écoutant le discours de son homologue libanais Michel Aoun en visioconférence.

Le président français Emmanuel Macron a appelé la communauté internationale à «agir vite» pour aider le Liban.

Photo : Getty Images / CHRISTOPHE SIMON

Donnant le coup d’envoi de la visioconférence, le président français a indiqué que l'aide devait aller le plus efficacement possible à la population de Beyrouth.

L'objectif aujourd'hui, a-t-il dit, est de faire vite, avec efficacité, de coordonner notre aide sur le terrain pour qu'elle aille le plus efficacement possible à la population libanaise.

Pour M. Macron, en ce moment même [...] c'est bien l'avenir du Liban qui se joue .

Il est important que cette aide puisse aller le plus vite possible aux acteurs publics, privés, aux acteurs non gouvernementaux, à la société civile, compte tenu de ses besoins d'ores et déjà évalués.

Le président français Emmanuel Macron

Le président libanais Michel Aoun, de son côté, a appelé à un acheminement rapide des aides au Liban pour la reconstruction de Beyrouth.

La reconstruction de ce qui a été détruit et les travaux nécessaires pour redonner son éclat à Beyrouth nécessitent beaucoup de choses et les besoins sont très nombreux.

Michel Aoun

Premier dirigeant à s'être rendu dans la capitale libanaise après l'explosion meurtrière, le président français a promis jeudi à Beyrouth une aide rapide et massive de la communauté internationale.

L'énorme déflagration mardi, dans un entrepôt du port de la capitale libanaise, a fait au moins 220 morts, 7000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abris.

Tout le monde veut aider

Tout le monde veut aider!, a déclaré le président américain Donald Trump samedi dans un message sur Twitter.

La ministre du Développement international, Karina Gould, a représenté le Canada à cette rencontre virtuelle, rappelant les aides financières déjà annoncées par le Canada, soit une contribution initiale de 5 millions de dollars pour l'aide humanitaire au Liban, dont 1,5 million a déjà été versé à la Croix-Rouge libanaise.

Ce financement d'urgence pourrait en appeler d'autres dans un avenir rapproché, a assuré Karina Gould, tout en soulignant que le Canada appuie les Libanais dans leurs revendications de réformes politiques et économiques, sans lesquelles il n'y aura pas d'aide financière internationale au gouvernement libanais.

Pour inciter les Canadiens à contribuer aux dons, le gouvernement fédéral s’est engagé à doubler ceux des particuliers jusqu'à concurrence de 2 millions de dollars, a également rappelé la ministre Karina Gould, lors de la visioconférence. Ces dons se feront par l'intermédiaire du Fonds de secours pour le Liban annoncé samedi par Ottawa.

Les institutions européennes ont aussi participé à cette conférence pour mobiliser une aide humanitaire d'urgence.

Si l'ONU a évalué à 85 millions les besoins du Liban pour le seul secteur de la santé, la France s'est engagée à verser 47 millions de dollars, a précisé la présidence française.

L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population, a expliqué l'Élysée. Les priorités visent la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et la restauration des hôpitaux et écoles.

La Commission européenne a presque doublé son aide en ajoutant 47,3 millions aux montants déjà annoncés vendredi, portant l’aide d’urgence allouée au Liban à 99,3 millions.

Israël n'est pas dans le tour de table de cette conférence, a-t-on précisé à l'Élysée, mais un contact est pris par l'ONU.

Pour sa part, l'Iran n'a pas manifesté sa volonté de participer, mais les pays du Golfe — Koweït, Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite — ont été invités, a ajouté l'Élysée, précisant n'avoir aucun doute qu'ils seront représentés.

Une crise qui perdure

Samedi, des milliers de protestataires ont défilé dans le centre-ville de Beyrouth. Menés par des officiers à la retraite, des manifestants ont pris d'assaut le siège du ministère des Affaires étrangères, le proclamant quartier général de la Révolution.

Un manifestant avec un drapeau du Liban.

Des milliers de manifestants ont défilé dans le centre-ville de Beyrouth samedi et ont pris d'assaut le siège du ministère des Affaires étrangères.

Photo : Reuters / GORAN TOMASEVIC

Pour la présidence française, les manifestations témoignent de l'exaspération, de la détresse de la population, du besoin que les choses changent.

Le Liban est en train de sombrer, nous pensons qu'il a touché le fond, et donc c'est le moment de remonter à la surface, a encore commenté l'entourage d'Emmanuel Macron, rappelant que le président français avait promis, lors de sa visite, jeudi, que l'aide n'irait pas à la corruption.

Le président libanais, Michel Aoun, a rejeté vendredi toute enquête internationale sur la gigantesque explosion, affirmant qu'elle pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile.

Paris en revanche a estimé qu'il y avait suffisamment d'éléments objectifs pour penser que l'explosion est accidentelle.

Alors que dans la capitale libanaise, les secouristes s'activaient toujours pour retrouver des survivants, l'aide internationale continue d'affluer. Dès l'annonce de l'explosion, plusieurs pays ont envoyé personnel de secours et aide matérielle.

La France a mis en place un pont aérien et maritime pour acheminer plus de 18 tonnes d'aide médicale et près de 700 tonnes d'aide alimentaire. Un avion-cargo est parti samedi, deux autres étaient en route dimanche.

Au total, a précisé le Quai d'Orsay, huit vols et deux liaisons maritimes ont été organisés.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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