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Les scientifiques veulent leur place à bord des nouveaux brise-glaces

Un mandat scientifique doit être au cœur de la stratégie de renouvellement de la flotte de brise-glaces, plaide un consortium d'universités.

Brise-glace moyen (dedié aux missions scientifiques dans l'été dans l'Arctique)

Un partenariat liant la Garde côtière canadienne et Amundsen Science permet un programme de recherches soutenu dans l'Arctique chaque année.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

Si la Garde côtière canadienne tarde à dévoiler l'échéancier du renouvellement de sa flotte de brise-glaces, elle tarde aussi à s'engager auprès des scientifiques qui demandent d'y avoir accès. Ces derniers réclament la création d'un partenariat afin d'assurer le maintien de la recherche de pointe dans l'Arctique.

Une telle collaboration existe déjà pour le NGCC Amundsen. Elle permet aux chercheurs de monter à bord du navire durant l'été et de mener des travaux dans l'Arctique. En hiver, le brise-glace retourne à ses activités conventionnelles de déglaçage et d'escorte dans les eaux canadiennes.

La recherche scientifique est coordonnée par Amundsen Science, un consortium regroupant 11 universités du pays et basé à l'Université Laval. Son partenariat avec la Garde côtière canadienne, propriétaire du brise-glace, lui offre un accès dédié et une fenêtre d'un peu plus d'une centaine de jours en mer annuellement.

Or le navire est vieillissant et sera à terme remplacé par l'un des six brise-glaces promis l'an dernier par le gouvernement fédéral. Amundsen Science demande à la Garde côtière de s'engager à maintenir cet accès et à impliquer la communauté scientifique dans sa stratégie de renouvellement de la flotte.

Jonathan Wilkinson, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière.

Jonathan Wilkinson, anciennement ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière, a annoncé l'an dernier la construction de six nouveaux brise-glaces.

Photo : Pêches et Océans Canada

C'est maintenant qu'il faut être à la table de travail, plaide Alexandre Forest, directeur général chez Amundsen Science. Afin de maintenir le Canada à l’avant-scène de la recherche arctique mondiale, préserver le mandat de l’Amundsen au sein de la future flotte de la Garde côtière est critique.

En plus de réclamer une voix pour éclairer la Garde côtière sur les spécificités techniques à considérer lors de la construction des brise-glaces, les scientifiques demandent qu'on leur assure l'accès à au moins un navire. Il faut s'assurer qu'un des navires soit sous le même mode de gestion qu'on a avec l'Amundsen [et] qu’au moins un des brise-glaces du programme ait des capacités scientifiques accrues pour prendre le relais, poursuit M. Forest.

Échéancier flou

L'entente actuelle d'Amundsen Science pour le NGCC Amundsen est valide jusqu'en 2024 et pourra ensuite être renouvelée. Des travaux de réfection doivent quant à eux prolonger la vie du brise-glace pour au moins une dizaine d'années.

Si cela peut sembler laisser du temps pour s'entendre avec la Garde côtière, Alexandre Forest ne le voit pas de cet œil. Une décennie, en construction navale, ça passe très très vite, dit-il.

Il prend pour exemple la saga du NGCC John Diefenbaker. La construction du brise-glace polaire avait été annoncée pour la première fois en août 2008 par l'ancien premier ministre Stephen Harper. Le projet n'a pas encore vu le jour et est toujours analysé à la Garde côtière canadienne (GCC).

On est 12 ans plus tard et il n'y a encore aucune pièce qui est assemblée. Il faut se le rappeler.

Alexandre Forest, directeur général, Amundsen Science

Aucun échéancier n'a encore été établi pour la construction des six futurs brise-glaces annoncés l'an dernier. L'une des craintes des chercheurs est que le remplacement du NGCC Amundsen n'arrive qu'en toute fin de parcours. D'où l'intérêt d'une prise de position dès maintenant par les autorités fédérales en faveur de la science.

La Garde côtière rassurante

Alexandre Forest précise que la Garde côtière a une réelle sensibilité pour la recherche scientifique, comme en fait foi son entente avec Amundsen Science. Toutefois, son mandat est d'offrir des services essentiels de déglaçage, d'escorte, de ravitaillement et de sauvetage. Dans ce contexte, il reste difficile de s'imposer.

Un bateau navigue dans des eaux glacées.

Le NGCC Amundsen est le seul navire de recherche arctique à la disposition des scientifiques canadiens.

Photo : Getty Images / Clément Sabourin/AFP

Invitée à commenter, la GCC a voulu se faire rassurante quant au futur de la recherche scientifique à bord de ses navires. Les nouveaux brise-glaces et le brise-glace polaire seront tous capables de fournir des programmes et des services scientifiques essentiels dans l'Arctique, a-t-elle indiqué par courriel.

Elle ne s'est cependant pas mouillée sur le mode de gestion préconisé et sur une éventuelle entente avec la communauté scientifique.

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