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Faut-il rendre le masque obligatoire dans les immeubles résidentiels?

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une femme ajuste son masque facial.

Le reportage de Marie-Pier Mercier

Photo : Getty Images / TOLGA AKMEN

Le masque est obligatoire dans tous les espaces publics fermés de la province. Toutefois, cette directive du gouvernement Legault ne s’applique pas aux espaces communs des immeubles résidentiels. Certains jugent que Québec manque de cohérence.

Le ministère de la Santé considère que les immeubles d'habitation sont des lieux privés. Ces derniers ne sont pas assujettis au caractère obligatoire du port du masque, précise par courriel le porte-parole Robert Maranda.

Selon l'analyse du Ministère, les rassemblements dans les espaces communs des immeubles, tels que les halls d'entrée ou les corridors sont peu probables, comparativement aux lieux publics.

Malgré tout, les différentes copropriétés de la province ont imposé des mesures sanitaires depuis mars pour éviter la propagation de la COVID-19. Certains lieux, comme les piscines, les terrasses et les gymnases, ont été restreints.

Nous avons analysé les risques et le contexte et il a été décidé de ne pas inclure ces lieux dans le règlement.

Robert Maranda, porte-parole, ministère de la Santé
François Legault brandit un masque durant un point de presse.

François Legault a déclaré que le port du masque était obligatoire partout dans les lieux publics fermés du Québec à compter du 18 juillet.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Avec le déconfinement, les activités reprennent, mais le virus est toujours présent. Le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ) juge que le gouvernement Legault manque de cohérence en n'imposant pas de directive claire aux immeubles résidentiels.

Québec doit absolument donner une directive si on veut être conséquent, lance le secrétaire général Yves Jolicoeur. Il considère les espaces communs des immeubles comme étant des lieux publics fermés.

Selon lui, les politiques gouvernementales ne sont pas conséquentes avec ce qu’on voit dans les lieux publics.

Toronto légifère

À Toronto, le conseil municipal a voté un nouveau règlement à la fin du mois dernier. Le couvre-visage est désormais obligatoire dans toutes les aires communes des immeubles résidentiels.

Questionnée à ce sujet, la Ville de Québec s'en remet à la direction de la santé publique, qui édicte les normes sanitaires à respecter.

Les copropriétés québécoises relèvent de Québec et non pas des villes, précise également Yves Jolicoeur du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec.

Me Marie-Cécile Bodéus, spécialiste en droit immobilier et de la copropriété, rappelle que chaque copropriété peut imposer ses règlements et également des sanctions. Elle souligne que le gouvernement Legault a fait un choix législatif.

On a choisi de légiférer dans les bâtiments publics et non pas dans les bâtiments privés [...] maintenant les copropriétés sont habituées depuis quelques mois et quelques semaines à réagir en temps de pandémie, soulève-t-elle.

Yves Jolicoeur regarde la caméra en parlant.

Le secrétaire général du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ), Yves Jolicoeur

Photo : Radio-Canada

Une « crainte suffisante »?

Le Regroupement demande à Québec de clarifier ses directives pour permettre aux gestionnaires d'immeubles de faire respecter le port du masque.

On veut absolument que les gens aient des moyens, on ne veut pas non plus tomber dans un régime de police.

Yves Jolicoeur, secrétaire général, Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec

On est passablement surpris d’avoir été oubliés dans ce processus de réflexion, souligne Yves Jolicoeur.

Il souhaite que ceux qui appliquent les règlements des copropriétés puissent avoir suffisamment de pouvoir pour imposer le couvre-visage. Il faut absolument qu’on ait une capacité d’appui des services de police pour créer un degré de crainte suffisant, précise-t-il.

Même s'il n'est pas obligatoire, le Ministère rappelle que les mesures sanitaires devraient être suivies partout. Tout ce qui est différent c’est le caractère obligatoire, souligne-t-on.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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