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Les délais de traitement des demandes de parrainage familial dénoncés au Canada

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Des femmes tiennent des pancartes disant notamment : l'amour n'a pas de frontières.

Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Bégin

Radio-Canada

Plusieurs manifestations pour la réunification des familles ont eu lieu à travers le pays, samedi. Des Canadiens en instance de parrainage veulent qu'Ottawa accorde rapidement des visas temporaires à leurs conjoints vivant à l'étranger, jusqu’au traitement de leur demande qui est retardé en raison de la pandémie de COVID-19.

Des manifestations ont eu lieu à Montréal, Ottawa, Toronto, Vancouver et Edmonton. Le mot d'ordre était de porter du rouge, pour représenter l'amour.

Dès le début de la pandémie, les bureaux des visas à l’extérieur du Canada ont complètement cessé leurs activités, mettant complètement à l’arrêt le traitement des demandes de parrainage. Étant donné la fermeture des frontières, de nombreuses personnes n'ont pas pu voir leur conjoint depuis des mois.

Les manifestants demandaient notamment que soit aboli l'article 179 b de la Loi sur l’immigration, qui permet au gouvernement de refuser un visa temporaire à une personne s’il ne croit pas qu’elle retournera dans son pays d’origine à l’échéance du visa. Cet article serait régulièrement invoqué, selon l’organisateur de la manifestation à Montréal.

Des manifestants brandissant des pancartes.

Plusieurs manifestants ont fabriqué des pancartes illustrant leur amour brisé par la distance et la réunification encore impossible.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Des activités qui reprennent

Selon l’avocate en droit de l’immigration Chantal Ianniciello, les activités des bureaux de visas semblent reprendre tranquillement. Elle souligne cependant qu’on ignore quand ceux-ci seront pleinement fonctionnels.

Il n’y a néanmoins aucune raison pour que le gouvernement fédéral n’accède pas aux demandes qui seront présentées samedi, pense Mme Ianniciello, car celles-ci sont tout à fait valables et réalistes.

Les personnes qui viennent ici comme visiteurs temporaires doivent de toute façon prouver qu’elles n’ont pas de dossier criminel et répondre aux critères demandés par notre loi sur l’immigration. Alors pourquoi ne pas les laisser entrer, faire en sorte que le couple soit réuni, et on finalise la demande pendant ce temps-là, a-t-elle fait valoir en entrevue à ICI RDI.

Pour le moment, dit-elle, les personnes concernées ont peu de recours.

Devant une cour fédérale, quand on veut obliger le gouvernement à faire quelque chose on a recours à un mandamus [un mandat juridique]. Mais avant d’arriver à un recours comme ça, il faut qu’il y ait beaucoup plus de temps qui ait passé. La jurisprudence parle de quelque chose comme cinq ans, explique-t-elle.

Manifestations simultanées

À Montréal, le rassemblement s'est tenu devant les bureaux d'Immigration Canada, sur la rue Saint-Antoine, de midi à 16 h. Une centaine de personnes étaient présentes.

Quelques manifestants devant le parlement à Ottawa.

Des manifestations ont lieu à Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver pour demander à Ottawa d'accorder des visas temporaires à ceux qui étaient sur le point d'obtenir la résidence permanente par le programme de parrainage familial avant la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

À Ottawa, une trentaine de personnes se sont réunies sur la colline du Parlement, dont Marc Paquette, qui espérait revoir rapidement son épouse résidant en Colombie.

Comme beaucoup d’autres, M. Paquette a entamé les démarches pour la faire venir bien avant la pandémie. Il envisage désormais d’aller vivre là-bas avec elle s’il n’est pas possible de la faire venir bientôt.

Je me sens vraiment trahi. On les voit faire des œuvres humanitaires pour beaucoup de gens, mais quand vient le temps de le faire pour ses propres gens, il n’y a personne qui répond. Je suis dépassé par le fait qu’on soit ignoré par le ministre de l’Immigration, déplore-t-il.

Certaines personnes rencontrées par Radio-Canada ont dit attendre la venue de leur conjoint depuis deux ans.

Des manifestants avec des pancartes devant l'hôtel de ville de Toronto.

Une cinquantaine de manifestants - dont plusieurs familles - ont uni leur voix dans le centre ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

À Toronto, une cinquantaine de personnes se sont réunies ce midi sur la place Nathan Phillips. Parmi eux, Maryse Lévesque disait attendre l’arrivée de son mari cubain depuis deux ans.

C'est beaucoup d'anxiété, beaucoup de stress de vivre loin de lui, reconnaît-t-elle. On a besoin de lui, de vivre notre vie de famille.

Le retard dans le traitement de la demande d'immigration occasionne d'autres problèmes administratifs, déplore Maryse Lévesque. Son examen médical a expiré. S'il faut le refaire, ça entraîne des coûts supplémentaires. Ses antécédents judiciaires, ça fait la troisième fois qu'on les demande, c'est encore des coûts supplémentaires, dit-elle, excédée.

Plusieurs familles ont ainsi partagé leurs récits de séparations forcées au cours de la manifestation.

Immigration Canada en capacité limitée

En réponse à ces manifestations, le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a assuré s'appuyer sur les conseils de la santé publique pour trouver des moyens novateurs et compatissants de réunir les familles.

Il rappelle que le ministre Mendicino a déjà annoncé une exemption aux restrictions de voyage qui permet aux membres de la famille immédiate des Canadiens et des résidents permanents de venir au Canada afin de rejoindre leurs proches, sous réserve des règles de quarantaine obligatoire et d'une visite d'au moins 15 jours.

Le ministère soutient qu'il continue d'accepter et de traiter les demandes tout au long de la pandémie, y compris les demandes de parrainage familial, malgré une capacité opérationnelle limitée tant au Canada qu'à l'étranger.

Il assure néanmoins qu'aucune demande ne sera fermée ou refusée en raison d'un manque de documentation ou d'une incapacité à compléter le processus de demande dans les délais réguliers.

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