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La Chine qualifie de « barbares » les sanctions américaines contre Hong Kong

Washington a adopté vendredi des sanctions contre onze dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l'exécutif, Carrie Lam, ce qui provoque une nouvelle escalade dans le conflit avec Pékin.

Carrie Lam, cheffe du gouvernement local de Hong Kong

Carrie Lam, cheffe du gouvernement local de Hong Kong

Photo : Associated Press / Vincent Yu

Agence France-Presse

Le bureau de représentation du gouvernement chinois à Hong Kong a qualifié samedi de « barbares et grossières » les sanctions infligées par les États-Unis à plusieurs dirigeants du territoire.

Les néfastes intentions des politiciens américains de soutenir des personnes qui sont antichinoises et de semer le désordre à Hong Kong ont été révélées au grand jour, a indiqué le bureau dans un communiqué.

Washington a adopté vendredi des sanctions contre onze dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l'exécutif, Carrie Lam, parallèlement à des mesures radicales contre les joyaux du numérique chinois TikTok et WeChat.

Le gouvernement américain a annoncé le gel des avoirs de Mme Lam, des secrétaires à la Sécurité et à la Justice et du chef de la police, accusés de chercher à restreindre l'autonomie du territoire et la liberté d'expression ou de réunion de ses habitants.

Les États-Unis soutiennent le peuple de Hong Kong et nous utiliserons nos outils et nos autorités pour cibler ceux qui portent atteinte à son autonomie, a déclaré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Un haut responsable de Hong Kong, le secrétaire au Commerce Edward Yau, a qualifié samedi de sauvages les sanctions américaines.

Ce type de sanctions qui visent des responsables et des dirigeants d'autres pays sont sauvages, disproportionnées et déraisonnables, a déclaré M. Yau. Si les États-Unis mènent unilatéralement ce type d'action déraisonnable, cela finira par affecter les entreprises américaines, a-t-il averti.

Les sanctions américaines sont une réponse à l'adoption par la Chine, en juin, d'une loi sur la sécurité nationale dans l'ancienne colonie britannique qui, selon ses détracteurs, entraîne un recul des libertés inédit depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Selon Pékin, la loi permet d'assurer la stabilité, de mettre fin aux violences qui ont marqué le mouvement de contestation de 2019 à Hong Kong, ainsi que d'y réprimer le courant pro-indépendance.

Pour les pays occidentaux, également inquiets du report des élections à Hong Kong sous prétexte de pandémie, le texte vise à museler l'opposition hongkongaise après les manifestations monstres de l'an dernier, qui dénonçaient l'influence de Pékin dans le territoire.

En représailles, le président américain Donald Trump avait annoncé à la mi-juillet la fin du régime économique préférentiel accordé par les États-Unis au territoire autonome, centre financier international majeur, et avait promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des responsables hongkongais et chinois.

Entre-temps, le climat s'est envenimé entre les deux grandes puissances. Accusant la Chine d'espionnage, Washington a fait fermer son consulat à Houston au Texas et la Chine a pris possession du consulat des États-Unis à Chengdu.

Les États-Unis ont également pris parti contre Pékin dans les différends territoriaux en mer de Chine méridionale et l'ont accusé de violer les droits de la minorité musulmane ouïgoure.

Le front technologique

C'est dans la sphère technologique que le durcissement est le plus radical.

Donald Trump a signé jeudi un décret interdisant, d'ici 45 jours, toute transaction des personnes sous juridiction américaine avec ByteDance, la maison mère chinoise de TikTok, une application de vidéos légères extrêmement populaire auprès des jeunes.

Le président américain a également adopté un décret similaire concernant la plateforme WeChat, qui appartient au géant chinois Tencent et est omniprésente dans la vie des Chinois.

Donald Trump a invoqué une urgence nationale, accusant les deux applications d'espionner leurs utilisateurs américains pour le compte de Pékin.

Les décrets ne précisent pas les conséquences pratiques, mais l'interdiction de toute transaction avec les deux entreprises pourrait obliger Google et Apple à retirer les deux réseaux de leurs magasins d'applications, empêchant, de fait, de les utiliser aux États-Unis.

Les États-Unis mènent une manipulation et une répression politiques arbitraires, ce qui ne pourra déboucher que sur leur propre déclin moral et sur une atteinte à leur image, a affirmé vendredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

TikTok a de son côté menacé d'engager des poursuites judiciaires contre la décision américaine, alors que Tencent examinait en détail le décret pour décider de la réaction à apporter.

Donald Trump avait accepté lundi la possibilité qu'un groupe américain rachète TikTok, mais avant le 15 septembre, sous peine sinon de bannir la plateforme.

Il a au passage exigé qu'une proportion importante du prix de la transaction soit versée à l'État, sous prétexte que son gouvernement rendait l'acquisition possible. Un concept qui a suscité de vives critiques et un certain embarras dans son entourage.

Le groupe informatique Microsoft, qui semble accepter ces conditions, est en discussions avec ByteDance pour négocier une acquisition à marche forcée.

Dans ce contexte de tensions, la Chine, qui juge Donald Trump imprévisible, préférerait qu'il ne remporte pas de second mandat lors de la présidentielle du 3 novembre, a estimé le service de renseignement américain, en notant que Pékin avait accentué sa campagne d'influence à l'approche du scrutin.

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