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Qu'est-ce que le modèle fédéré de l'ACFA pour sauver le Campus Saint-Jean?

Une affiche identifiant le Campus Saint-Jean.

L’ACFA demande au public de se prononcer sur son plan de sauvetage sur son site Internet d'ici au 31 août.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

Radio-Canada

Face à l'avenir incertain du Campus Saint-Jean, l'Association canadienne-française de l'Alberta (l'ACFA) propose que l'établissement adopte un modèle fédéré, un modèle qui lui donnerait une plus grande autonomie financière. S'il est présenté comme la solution miracle par l'ACFA, d'autres y voient une solution qui présente des limites.

Pour la présidente de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Sheila Risbud, sortir le Campus Saint-Jean de ses déboires financiers passe par une plus grande autonomie.

Elle cite comme avantages la possibilité de développer ses propres programmes, mais surtout l'opportunité de faire directement affaire avec le gouvernement fédéral ou d'autres bailleurs pour aller chercher plus de fonds que ne le fait actuellement l’Université de l’Alberta en son nom.

Elle fait remarquer que, pour l'instant, la faculté Saint-Jean, comme toutes les autres facultés de l'Université de l'Alberta, ne bénéficie pas d'un statut particulier.

En théorie, le modèle fédéré permet à des établissements postsecondaires à vocation particulière de conserver leur caractère distinct et leur autonomie, tout en étant rattachées à une plus grande université. C'est le cas de l'Université des Premières Nations du Canada, qui est fédérée à l'Université de Régina, en Saskatchewan.

Dans le modèle proposé par l'ACFA, même si le Campus jouissait d'une plus grande indépendance, il resterait tout de même sous l'autorité de l'Université de l'Alberta, indique Mme Risbud. L'Université continuerait donc de délivrer les diplômes de fin d'études.

Dans le modèle actuel, le Campus Saint-Jean dépend de la bonne volonté de l’Université de l’Alberta.

Sheila Risbud, présidente de l'Association canadienne-française de l'Alberta

Oui, mais...

Rémi Léger, professeur en sciences politiques de l’Université Simon-Fraser, en Colombie-Britannique, pense lui aussi que ce modèle permettra au campus francophone d'avoir un meilleur siège à la table des négociations lorsque viendra le temps de défendre ses intérêts.

Il avertit cependant que plus d’autonomie n’est pas nécessairement synonyme de nouvelle santé financière. Il rappelle que des établissements comme l'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg, ou celle de Moncton, au Nouveau-Brunswick, ont présentement plus d'autonomie que le Campus Saint-Jean et pourtant, note-t-il, les deux établissements sont aux prises avec des situations financières précaires.

L'idée, je pense, c'est qu'on se donne les moyens de nos ambitions. On se fait confiance aussi en se disant c'est nous-mêmes qui allons défendre et mettre de l'avant nos intérêts auprès de la province et du gouvernement fédéral plutôt que de s'en remettre à la bonne foi de l'université qui elle, par la suite, fait du lobbying pour nous.

Je crois que c'est une bonne stratégie.

Rémi Léger, professeur en sciences politiques de l’Université Simon-Fraser, en Colombie-Britannique

Le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais, s'en remet quant à lui à la volonté des différentes parties pour sauver sa faculté.

Les modèles de fédération dépendent bien souvent de la relation historique qui existe entre certaines institutions. L’ACFA, l’Université de l’Alberta et le gouvernement provincial ont été les trois qui ont donné naissance à la faculté Saint-Jean. C’est donc un scénario qu’ils pourraient examiner ensemble.

M. Mocquais ajoute que la communauté du Campus Saint-Jean aura son mot à dire, mais que la position du gouvernement provincial sur le sujet pèsera beaucoup dans la balance. Il faudra toutefois déterminer si la province est intéressée à revoir le statut actuel du Campus Saint-Jean.

L’ACFA demande au public de se prononcer sur son plan de sauvetage (Nouvelle fenêtre) sur son site Internet d'ici au 31 août.

Ce sont les détails d'un accord qui vont véritablement jouer. Si la province n'a aucun intérêt là-dedans, si l'université n'a pas beaucoup d'intérêt, l'ACFA ne pourra pas faire grande chose.

Pierre-Yves Mocquais, doyen du Campus Saint-Jean

Avec les informations d'Andréane Williams

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