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COVID-19 : les Ontariens génèrent beaucoup plus de déchets que d'habitude

Des déchets s'amoncellent dans un site d'enfouissement.

Contrairement aux attentes de certains experts, la production de déchets a augmenté en Ontario pendant la pandémie.

Photo : iStock

Nicolas Haddad

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les Ontariens ont produit des milliers de tonnes d'ordures supplémentaires.

Le volume total de détritus en Ontario a augmenté de 4,32 %, le recyclage, de 1,07 %, et les déchets alimentaires, de 12,5 % par comparaison avec l'an dernier, selon les recherches du professeur Paul van der Werf, de l’Université Western, à London.

Ces données proviennent d'une étude menée auprès de 13 municipalités ontariennes qui représentent près de 8,5 millions d'habitants. Les municipalités rurales sondées rapportent des tendances similaires à celles des grandes villes.

Un bac de compostage, ainsi qu'un bac de recyclage qui déborde sur un trottoir.

Des bacs de compostage et de recyclage sur un trottoir torontois

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

Quant aux déchets industriels, commerciaux et institutionnels, les données sont limitées, selon le Dr van der Werf, qui siège au conseil d’administration de l’Association ontarienne de la gestion des déchets. Cependant, celles qu’il a pu recueillir montrent que le tonnage de déchets commerciaux a diminué de 12 à 22 % selon les secteurs et qu’il revient tranquillement à la normale avec la réouverture de l’économie.

Deux secteurs se sont distingués lors de la pandémie. Sans surprise, les déchets en provenance des restaurants ont le plus baissé, avec une réduction de 65 %, alors que ceux issus des maisons de soins pour les personnes âgées ont grimpé en flèche, en raison de ce que Paul van der Werf appelle l'accent mis sur la protection des soins de santé et l'atténuation des flambées de COVID-19.

Les déchets alimentaires résidentiels ont augmenté

Portrait photo de Paul van der Werf.

Le Dr van der Werf a examiné de près les ordures de ménages ontariens pour comprendre les enjeux liés aux déchets pendant la COVID.

Photo : Avec l'autorisation de Paul van der Werf

Les recherches du Dr van der Werf ont démontré non seulement que les déchets alimentaires ont augmenté en Ontario depuis le début de la crise sanitaire, mais aussi qu'ils comprennent davantage de nourriture qui était bonne à manger au moment de l’achat.

Pré-COVID, 60 % des déchets alimentaires étaient non évitables, comme les os, les coquilles d’œufs et le marc de café. Post-COVID, c’est plutôt 50 %, rapporte le chercheur de l’Université Western.

Les choses ont changé pendant la COVID, mais pas de la façon dont on l’aurait imaginé.

Une citation de :Paul van der Werf, professeur à l'Université Western et membre du conseil d'administration de l’Association ontarienne de la gestion des déchets

Contrairement aux attentes des experts, le tonnage des déchets alimentaires résidentiels est celui qui a le plus augmenté, toutes catégories confondues.

Le professeur est assis à un bureau, avec une plante derrière lui.

Sylvain Charlebois est professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le chercheur en agroalimentaire Sylvain Charlebois estimait au printemps que la pandémie aurait un effet positif sur les habitudes de consommation des Canadiens, notamment parce que ces derniers réduiraient leur gaspillage alimentaire en ayant une meilleure connaissance du contenu de leur garde-manger.

Toutefois, les ordures ne mentent pas.

Le chercheur de l’Université Dalhousie, à Halifax, indique que le consommateur canadien est responsable d'une grande partie du gaspillage alimentaire au fil de la chaîne.

Lorsque vous sortez de l'épicerie et que vous regardez vos courses, dites-vous que vous allez jeter 38 % de ce qu'il y a dans vos sacs, souligne-t-il.

Beaucoup plus de déchets dans les espaces publics

La Ville de Toronto a aussi déclaré qu’elle avait constaté une augmentation de la quantité de détritus dans ses espaces publics cette année, notamment dans ses parcs et sur ses plages.

De plus en plus de gens se rassemblent dans les espaces publics, explique le directeur général des services de gestion des déchets solides de la Ville de Toronto, Matt Keliher.

Plusieurs fois cet été, le maire de Toronto, John Tory, a dû rappeler à ses citoyens d’être plus vigilants quant à leurs déchets et de les rapporter avec eux si les poubelles publiques étaient pleines.

Le nettoyage des déchets dans les rues et les espaces publics coûte environ 27,5 millions de dollars par année à la Ville, un coût qui risque d’augmenter depuis que la municipalité a multiplié la fréquence des services de nettoyage.

La Ville a notamment augmenté la quantité de poubelles le long de la rive et vide plus fréquemment les poubelles dans les zones les plus achalandées de la métropole.

Une femme marche près d'une poubelle publique.

Les poubelles publiques de Toronto débordent par endroits depuis que les résidents se retrouvent dans des espaces publics extérieurs.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

L’équipement de protection individuel pose aussi problème. Les masques chirurgicaux à usage unique, souvent jetés, de manière inadéquate, jonchent les trottoirs du centre-ville de Toronto.

Toutefois, l'ÉPI qui se retrouve dans les espaces publics n'a pas été désigné comme une matière dangereuse qui demande des protocoles de collecte spéciaux, indique Matt Keliher, qui précise que le personnel chargé de la collecte des déchets porte des gants en tout temps et des masques au besoin par mesure de précaution, ainsi que des pinces spéciales pour ramasser les déchets.

Un masque jeté par terre.

Selon la Ville de Toronto, des gants et des masques jetables jonchent les espaces publics de Toronto.

Photo : Twitter \ City of Toronto

De son côté, la région de Peel affirme aussi que les municipalités locales constatent une augmentation des déchets d’ÉPI dans la voie publique, principalement des masques et des gants.

La Ville de Mississauga a quant à elle distribué 79 contraventions pour des déchets d'ÉPI jetés de façon inadéquate dans ses espaces publics depuis le début de la pandémie.

Plus de colis, plus de carton

Les consommateurs canadiens ont été encouragés à privilégier les achats en ligne pendant la pandémie, et les services de collecte des municipalités ontariennes l’ont certainement remarqué.

Un employé place du carton sur un convoyeur.

Les municipalités du Grand Toronto ont constaté une augmentation du carton dans les bacs bleus.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

De mars à juillet 2020, les résidents de la région de Peel ont éliminé environ 6500 tonnes de déchets de plus que durant la même période l’an dernier , incluant une augmentation de 5 % de la quantité de carton.

Pour sa part, Toronto rapporte qu’il y a eu une hausse d'environ 1,4 % de la quantité de carton collecté depuis le mois de mars.

Notons toutefois que cette quantité représente le carton recueilli par la Ville auprès de sources résidentielles comme de sources commerciales.

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