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COVID-19 : l’Alberta souhaite doubler sa capacité de tester d’ici à septembre

Une technicienne en tenue de protection effectue un test en laboratoire.

La province veut faire 12 000 tests quotidiens en plus que ce qu'elle fait actuellement. Elle a lancé, mercredi, un appel d'offres au secteur privé, pour l'aider à attendre cet objectif.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Radio-Canada

À travers un appel d’offres, l'Alberta annonce qu’elle se tourne vers le secteur privé pour passer de 10 000 à 22 000 tests quotidiens de dépistage du coronavirus à la rentrée.

Le secteur privé devra s’occuper des tests (prélèvement d'échantillons et tests moléculaires PCR) pour les personnes asymptomatiques. Il s’agira toujours d’un service public, mais sous-traité au privé.

Cette capacité de test supplémentaire pourrait être utilisée dans les aéroports, sur les lieux de travail, dans les communautés éloignées et rurales, dans les stations de collecte communautaires centralisées ainsi que dans une station de collecte mobile et itinérante, détaille Services de santé Alberta (AHS) dans son appel d’offres.

L’agence de santé publique conservera néanmoins le mandat de tester les personnes présentant des symptômes et leurs proches, selon James Wood, porte-parole pour l'AHS.

Cette décision intervient alors que l'AHS s’attend à voir la demande augmenter à cause du retour en classe et au bureau.

On pourrait avoir davantage de parents, enseignants et élèves qui souhaiteraient se faire tester et on s'assure de tout faire pour réduire le temps d'attente et s'assurer d'étendre l'accès aux tests, rapporte la Dre Deena Hinshaw, jeudi, lors de sa mise à jour.

La médecin hygiéniste en chef de la province demande donc aux parents de prendre les devants et de ne pas hésiter à faire tester leurs enfants dans les semaines qui viennent, particulièrement ceux qui ont des allergies ou des maladies dont les symptômes sont proches de ceux de la COVID-19.

DynaLIFE prêt à aider

Actuellement, les tests liés au coronavirus sont effectués dans deux laboratoires publics APL (Alberta Precision Laboratories) dont l’un est situé à Calgary et le second à Edmonton, ainsi que dans l'hôpital South Health Campus de Calgary qui est administré par l'AHS.

Des tests locaux sont également effectués sur les sites de laboratoires régionaux pour les services d'urgence et sur les sites régionaux de soins de courte durée où des patients sont hospitalisés.

À Edmonton, l’un des plus gros laboratoires privés, DynaLIFE est réquisitionné par la Ligue nationale de hockey (LNH) pour tester les joueurs et les personnes présentes dans la bulle.

Le laboratoire procède à 1500 tests par jour. Le matériel et les ressources humaines sont différents de celles qui s’occupent des tests pour le système public, affirme toutefois le directeur général du laboratoire, JAson Pincock. On a construit un laboratoire dédié à la COVID-19, spécifiquement pour la LNH.

Il affirme aussi que son laboratoire, qui a été contacté par l'AHS après le début de la crise pour du soutien logistique, puis pour effectuer des tests de dépistage du coronavirus dans des hôpitaux du nord de la province, fera tout ce qu’il peut pour soutenir l’agence afin qu'elle atteigne son objectif de 22 000 tests quotidiens.

Que cela soit une ressource privée ou publique, ça ne devrait pas avoir d’importance en plein milieu d’une pandémie, argue M. Pincock.

De possibles retards

Le microbiologiste médical Philippe Lagacé-Wiens, de l’hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg, pense que la sous-traitance au service privé n’est pas forcément une mauvaise chose.

Je fais une grosse généralisation, mais les tests à grand volume, qui sont bien contrôlés et pas mal toujours la même chose, se donnent assez bien aux entreprises privées parce que c’est essentiellement un test qui se fait de la même façon, toujours, toujours, affirme-t-il.

Selon lui, les entreprises privées sont bien placées pour la distribution des services, car elles possèdent souvent des cliniques dans les petites communautés qui sont bien accessibles, contrairement aux grands laboratoires, qui sont plutôt dans les grandes villes.

Certes, il y a des avantages, mais également des désavantages selon le médecin. En général, les compagnies privées peuvent prendre un peu plus longtemps à produire un test, qu’il soit positif ou négatif, concède-t-il.

Les tests faits dans les laboratoires provinciaux ou dans les hôpitaux sont en effet organisés pour offrir rapidement des résultats aux patients.

Le transport peut être une des raisons qui retardent les résultats, notamment si l’échantillon n’est pas dans la même ville que le laboratoire. Il ajoute aussi que le grand nombre de tests peut être problématique, car on augmente aussi le temps pour produire un rapport de tests.

L’expert met aussi en garde contre un autre aspect de la sous-traitance des tests. Si on exporte les tests aux États-Unis, on doit s’assurer qu’on a confiance dans la performance des tests, avance-t-il, citant des entreprises dont les standards ne sont pas aussi élevés que ceux du Canada.

L'AHS espère avoir des réponses à son appel d’offre d’ici au 17 août. La date limite pour déposer une offre est fixée au 20 août.

Début d'avril, Jason Kenney avait déjà mentionné que l'objectif de 20 000 tests par jour était au coeur de la stratégie de relance de la province.

Avec les informations d'Helen Pike, Mirna Djukic et Stéphanie Rousseau

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