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La douleur des artistes montréalais d’origine libanaise

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Des artistes montréalais d’origine libanaise suivent de jour en jour et avec tristesse l'évolution de la situation et s’inquiètent des répercussions de la tragédie qui frappe le Liban.

Des artistes de Montréal d’origine libanaise suivent de jour en jour et avec tristesse l'évolution de la situation et s’inquiètent des répercussions de la tragédie qui frappe le Liban.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La double explosion meurtrière qui a dévasté Beyrouth mardi a plongé la communauté libanaise du Québec dans la tristesse et l’inquiétude. Rencontre avec trois artistes de Montréal qui sont de tout cœur avec leur pays d’origine.

Arrivé au Québec en 1991, l’écrivain Rawi Hage a grandi près du port de Beyrouth, où s’est produite la tragédie. 

Le Liban lui a inspiré plusieurs romans, dont Parfum de poussière, récompensé du Prix des libraires du Québec en 2008, et plus récemment La Société du feu de l’enfer

Sous le choc

Aujourd’hui en deuil, il n’a pas dormi depuis trois jours. Deux membres de sa famille sont blessés. C’est un pays victime des événements géopolitiques qui a déjà subi beaucoup de malheurs, de guerres et d’occupations. Cette explosion est quelque chose de tellement symbolique; c’est comme la conclusion d’une longue vie de peines, a-t-il confié au journaliste Louis-Philippe Ouimet. 

Née en 1980, la chanteuse et musicienne Lamia Yared est arrivée à l’âge de 6 ans au Québec avec sa famille pour fuir la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990. Depuis trois jours, je ne suis plus tout à fait à Montréal, dit-elle. 

Son cœur est en partie à Beyrouth, où elle est retournée vivre de 2009 à 2013 pour étudier les chants traditionnels. Ces chants résonnent notamment dans son récent album Chants des trois cours.

Une ville de culture

Au-delà de la catastrophe humanitaire, les deux artistes sont tristes de voir Beyrouth en partie détruite, alors que la capitale libanaise est un véritable poumon culturel, aussi bien en musique et en cinéma qu’en littérature.

Ce que le Liban symbolise dans la région est très important. Sa contribution culturelle pour tout le monde arabe est immense, souligne Rawi Hage. 

Une culture plus forte que tout?

Si de nombreux bâtiments de Beyrouth sont à terre, Dimitri Nasrallah, à la fois écrivain et DJ, croit que la culture restera debout au pays du cèdre. 

C’est quelque chose qui n’a jamais été perdu avant, souligne celui qui rappelle que le pays a traversé de multiples épreuves. 

Ce romancier, notamment primé pour ses livres Blackbodying et Niko, est en pleine écriture de son quatrième ouvrage. En raison de la guerre civile, il a quitté le Liban au début des années 1980 pour trouver refuge en Grèce, puis au Québec, où sa famille et lui ont posé leurs valises en 1988 alors qu’il avait 11 ans. 

Comme il a grandi loin de sa terre natale et qu'il a été élevé par des parents davantage tournés vers l’avenir que vers leur pays d’origine, Dimitri Nasrallah a longtemps eu l’impression que le Liban avait un côté mystérieux. 

Une fois adulte, il est parti explorer ce pays bordé par la mer Méditerranée. L'auteur en a rapporté de rares vinyles locaux des années 1960 et 1970 qu’il fait jouer lorsqu’il est DJ. J’y ai découvert un espace où la culture a toujours subsisté malgré la guerre, dit-il.

Aider un pays déjà fragile 

Pour aider Beyrouth à se relever, la population locale pourra compter entre autres sur la vaste diaspora libanaise. Environ 220 000 personnes d’origine libanaise sont établies au Canada, dont la majorité vit au Québec. 

C’est la première diaspora du monde arabe. Beaucoup de gens contribuent [à aider le Liban], mais ce n’est jamais assez, a indiqué Rawi Hage au micro de Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin.

Il y a tellement de problèmes [...] que toute aide est nécessaire, pas seulement immédiatement, mais [aussi] à long terme.

Depuis plusieurs années, le Liban traverse une crise profonde, marquée par une hyperinflation, la dégringolade de sa monnaie, l’explosion du chômage et des pénuries non seulement d’électricité, mais aussi de produits de tous les jours. 

C’est un peuple qui souffre depuis des années, explique Rawi Hage, qui qualifie le Liban de pays fatigué et appauvri.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet et de Katerine Verebely.

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