•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Changer de carrière ou de parcours en temps de pandémie

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une personne consulte les petites annonces d'un journal pour y trouver un emploi.

Le reportage d'Alexane Drolet

Photo : iStock

Érik Chouinard

La pandémie a bouleversé le monde de l’emploi. Du jour au lendemain, des Québécois se sont retrouvés sans emploi et des étudiants ont dû réorienter leur plan de carrière.

Pascal Laforturne venait tout juste d'être nommé responsable des relations de presse pour Tourisme Abitibi-Témiscamingue, avant la pandémie. Son rôle consistait entre autres à faire découvrir la région à des journalistes et des influenceurs.

Ça faisait seulement quelques mois que j'étais en poste et le 1er avril, c’était terminé, j’avais perdu mon emploi, relate-t-il.

Jean-Philippe Lambert, un représentant des ventes dans le domaine industriel, s’est retrouvé dans la même situation, mais plus rapidement. Sans préavis, le lendemain de l’annonce de confinement du premier ministre, je perdais mon emploi, se rappelle-t-il.

Chacun a dû s'adapter pour surmonter ces coups durs. Il n’y avait plus grand-chose qui fonctionnait, alors je suis resté sur la PCU, mais tranquillement je me suis dit qu’il fallait que je trouve un plan B, raconte Pascal Laforturne, qui a finalement décidé de tenter sa chance en tant qu’influenceur.

Pascal Lafortune tient un drapeau multicolore où il est écrit Gaymeboy_guy.

Pascal Lafortune lance le Défi Témiscabitibi

Photo : Facebook/Gaymeboy_guy

Jean-Philippe Lambert s'est plutôt tourné d’instinct vers un projet personnel pour subvenir aux besoins de sa famille.

Je réparais des téléphones les soirs et fins de semaine. Avant, c’était plus du bouche-à-oreille, mais rapidement je suis embarqué sur Facebook et j’ai commencé à faire de la publicité ciblée, explique-t-il.

Même si la situation est maintenant plus stable, les deux hésitent à retourner à leur vie d'avant.

Remise en question

Selon Josée Landry, la présidente de l'Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec (OCCOQ), il est normal qu’une crise de cette envergure mène à des réflexions. Ce ne sont pas que les personnes qui ont perdu leurs emplois qui se retrouvent en remise en question, il y a aussi les personnes qui se sont retrouvées en télétravail, observe-t-elle.

Ainsi, avec ou sans emploi, plusieurs ont envisagé un changement de domaine. La pandémie, par exemple, a révélé l’importance des emplois du secteur de la santé, alors il y a des gens qui ont décidé de s’y réorienter, affirme Josée Landry.

Josée Landry, lors d'une conversation vidéo.

Josée Landry, la présidente de l'Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec, croit que l’inquiétude et l’incertitude liées à la pandémie peuvent porter les personnes de tous les âges à se questionner.

Photo : Radio-Canada

Un aussi grand changement peut tout de même s’avérer déchirant, surtout pour ceux qui étudient dans des secteurs plus particulièrement touchés. La conseillère en orientation suggère de ne pas se fermer à d’autres options, quitte à y revenir plus tard.

Le plus important c’est de soutenir ces jeunes et voir peut-être des solutions temporaires, parce qu’effectivement on ne peut pas inventer des emplois qui ne sont pas au rendez-vous en ce moment, soutient Josée Landry.

Dans ce genre de situation, les conseillers d’orientation peuvent aussi aider. On va intervenir pour aider la personne à comprendre comment elle fonctionne et on fera une évaluation pour voir ce qui lui convient le mieux dans ce qui existe dans le marché du travail et de la formation, explique la présidente de l’OCCOQ.

De l’autre côté du spectre, il y a aussi ceux pour qui la crise sanitaire est devenue le prétexte parfait. Il y a des gens avec un profil plus aventurier qui vont aimer se retrouver dans une situation plus précaire et peut-être qui attendaient depuis longtemps une occasion de faire le saut, souligne Josée Landry.

Nouvelle normalité

Pour Pascal Laforturne, la pandémie lui a permis d’essayer quelque chose qui l’avait toujours intrigué. Ça se pourrait que je retourne à mon ancien emploi, mais en même temps, de manière plus indirecte, je travaille encore pour l’industrie du tourisme, lance-t-il en faisant référence à son projet qui vise à mettre en valeur les attraits de l’Abitibi-Témiscamingue.

Jean-Philippe Lambert en conversation vidéo.

« Je ne me serais jamais posé la question si la COVID n’était pas arrivée, j’avais quand même de bonnes conditions, mais quand on se sent à la merci, on essaie de se trouver des portes de sortie », affirme Jean-Philippe Lambert.

Photo : Radio-Canada

De son côté, ce qui pousse Jean-Philippe Lambert à considérer de poursuivre sa petite entreprise de réparations, c’est surtout sa méfiance face à ce que pourrait réserver l’avenir.

J’ai repris mon emploi de représentant depuis quelques semaines, mais je me demande quand même si je ne suis pas mieux de continuer à faire de la réparation à temps plein, surtout avec la crainte de peut-être avoir à être confiné une deuxième fois, concède-t-il.

Avec les informations d'Alexane Drolet

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !