•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pandémie marquera-t-elle l'âge d'or des ciné-parcs?

Une voiture commande un ticket au box office d'un ciné-parc.

Le ciné-parc de Port Hope, situé à une heure et demi à l'est de Toronto, a ouvert ses portes en 1947 et reste le plus vieux ciné-parc ontarien à n'avoir jamais cessé de fonctionner.

Photo : Courtoisie : Port Hope Drive-In

Malgré une recrudescence de popularité pour les ciné-parcs due à la pandémie, les exploitants peinent à tirer profit de la situation.

Installés en plein air et dans de grands espaces, les ciné-parcs ont, dans certaines régions, été le seul lieu de divertissement à résister à la COVID-19, si bien que plusieurs grandes enseignes et lieux événementiels se sont prêtés au jeu.

À Toronto, la célèbre Place de l’Ontario, connue pour sa cinésphère, ses concerts et autres festivités organisés à la scène Budweiser par l’agence Live Nation, a vu l’arrivée d’un ciné-parc temporaire cet été.

Nous sentions le devoir de partager notre espace et notre expérience pour aider le secteur à se remettre, explique Glenn Shaver, chef de produit et du développement de l’expérience de la Place de l’Ontario.

La réflexion a commencé tôt, explique M. Shaver, et le défi était de trouver une façon d’offrir une expérience qui respecte les consignes de la santé publique. Lui et son équipe ont donc observé les autres pays et régions qui étaient en avance sur l’Ontario dans leurs plans de réouverture afin de déterminer ce qu'il serait permis de faire à moyen terme.

Il semblait que des gens assis dans leur voiture était quelque chose qui serait autorisé, donc nous nous sommes concentrés à développer une expérience automobile.

Glenn Shaver, chef de produit, Place de l’Ontario

L’installation des infrastructures a pris trois semaines, explique Glenn Shaver, et le ciné-parc temporaire peut accueillir 185 véhicules. Il a ouvert ses portes à la mi-juillet et doit rester ouvert jusqu’à fin octobre.

Solution de rechange pour les festivals de cinéma

Les premiers partenaires de la Place de l’Ontario ont été les organisateurs du festival international Lavazza. Ils ont affiché complet 10 nuits sur 12, souligne M. Shaver. Si le concept n’a rien de nouveau, il dit que de nombreux Torontois font l’expérience pour la première fois.

photo aérienne et de nuit du ciné-parc de la place de l'Ontario lors du festival.

La Place de l'Ontario a mis sur pied un ciné-parc temporaire qui a accueilli le festival international Drive-In Lavazza à la fin du mois de juillet.

Photo : Courtoisie : ICFF Canada

Les organisateurs du Festival international du film de Windsor (WIFF) ont décidé d’annuler leur édition de 2020 en raison du coronavirus, mais ont annoncé fin juillet leur intention de tenir un événement en version ciné-parc.

Mercredi, son directeur Vincent Georgie a annoncé qu’il aura lieu du 28 août au 18 septembre, sur la place des Festivals de Windsor. Ça donne la chance aux gens de vivre un bel été, une façon de s’évader, a-t-il déclaré lors du dévoilement du programme.

Une pancarte annonçant le nouveau festival avec une voiture en second plan.

Le Wiff sous les étoiles est le premier ciné-parc de Windsor

Photo :  CBC / Sanjay Maru

Dans le Nord de la province, deux entrepreneurs ont mis sur pied le Horizon Drive-In, un ciné-parc temporaire qui se déplace de ville en ville dans la région afin d’offrir une expérience de divertissement.

Selon leur porte-parole, Mina Abdelmalek, l’idée a été renforcée par la pandémie de COVID-19. C’est de moments tellement difficiles donc on s’est dit que ce serait vraiment apprécié de rassembler la communauté de façon sécuritaire, avait-il déclaré à l’émission Jonction 11-17 du 3 juillet dernier.

À travers le pays, d’autres initiatives de ciné-parcs ont également vu le jour pour présenter des spectacles d’humour, des concerts ou des films.

Une lune de miel pour l’industrie

Brian Allen est, depuis une vingtaine d’années, à la tête du groupe Premier Operating, qui possède six ciné-parcs à travers l’Ontario. Jamais il n’a vu pareil engouement.

On est plus occupés que jamais, confie-t-il. Je pense que les gens redécouvrent les ciné-parcs, et surtout ceux qui n’y sont jamais allés, raconte-t-il avec enthousiasme.

Robert Holdsworth, propriétaire du Port-Hope Drive-In, le doyen des ciné-parcs ontariens dont le service n’a jamais été interrompu note toutefois que les contraintes liées à la COVID-19 font contrepoids à la popularité engendrée par l’épidémie.

Notre capacité a diminué de moitié, mais nous ne projetons que des vieux films, car il n’y en a pas de nouveaux, et ça coûte moins cher. Donc je pense qu’au final ça revient au même.

Robert Holdsworth, propriétaire de Port Hope Drive-In

Robert Holdsworth se demande également pourquoi ses clients ne peuvent pas sortir de leur véhicule. On leur a demandé de s'installer sur des patios, mais ils ne peuvent pas s'installer sur des chaises de jardin ici, regrette-t-il.

Les ventes de collations, qui produisent une grosse partie des profits de ce type d’entreprise, sont par ailleurs en baisse, selon lui. Même constat du côté de Premier Operating. Il faut également acheter des masques et des équipements de protection pour les employés, ce qui occasionne des frais supplémentaires, note Brian Allen.

Difficile à dire si la saison sera donc meilleure ou pire, selon les deux propriétaires. Ils ne peuvent cependant que se réjouir de l’engouement actuel pour leur industrie. C’est certain que c’est une lune de miel. Espérons qu’elle dure, résume Brian Allen.

Authentique contre éphémère

Le président de Premier Operating ajoute par ailleurs ne pas être inquiet de la concurrence temporaire des ciné-parcs comme celui de la Place de l’Ontario.

Portait d'un homme sur un fond blanc.

Brian Allen est, depuis une vingtaine d’années, à la tête du groupe Premier Operating, qui possède six ciné-parcs à travers l’Ontario.

Photo : Brian Allen

Je ne pense pas que ça nous desserve. Sans vouloir les critiquer, je ne pense pas que ces ciné-parcs temporaires soient pareils. L’atmosphère n’y est pas. Dans un lieu qui existe depuis 60 ans, tout est authentique.

Brian Allen, président de Premier Operating

Des néons de la taille des écrans, en passant par le calme de la campagne qui caractérise ses cinémas en plein air, Brian Allen estime que l’expérience des vrais ciné-parcs est plus complète.

Non seulement cette compétition renforce la popularité, mais elle restera éphémère, selon lui.

Notre motivation première était la COVID-19, confirme Glenn Shaver de la Place de l’Ontario.

Un homme avec des lunettes en vidéoconférence avec Radio-Canada.

Glenn Shaver, chef de produit et du développement de l'expérience pour la Place de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Nous verrons ce qui arrive. Je pense que l'année prochaine, on pourrait espérer que nous nous serons rétablis en tant que société, beaucoup plus que nous ne le sommes maintenant, dit-il.

L’exploitation du ciné-parc temporaire, coûteuse et peu rentable, ne sera pas privilégiée si la place peut plutôt louer ses espaces à des promoteurs événementiels pour y organiser des concerts ou des spectacles comme auparavant, explique-t-il.

Certains festivals, à l’image du WIFF, pourraient toutefois réitérer l’expérience. Il est un peu tôt pour le dire, mais nous soupçonnons que c’est quelque chose que l’on va garder année après année, prévoit son directeur Vincent Georgie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !