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Tarifs douaniers sur l'aluminium : l'ABI et le port de Bécancour déçus

Des rouleaux d'aluminium dans une usine.

Les Américains viennent d'imposer des tarifs douaniers au Canada.

Photo : iStock

Sarah Désilets-Rousseau

L'Aluminerie de Bécancour (ABI) et le Parc industriel et portuaire de Bécancour dénoncent l'imposition de tarifs douaniers par les États-Unis sur certains produits de l'aluminium annoncés jeudi. Dans une courte réaction écrite, l’ABI indique qu'Alcoa est déçue du geste du président américain, qui entrera en vigueur le 16 août.

Selon l’ABI, le réel problème dans le secteur de l'aluminium est la surcapacité chinoise, et c'est ce à quoi les États-Unis et le Canada, ensemble, devraient s'attaquer.

L’entreprise explique que ce seront là des perturbations inutiles pour tous les producteurs en Amérique du Nord.

Quant au président-directeur général du Parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, ce dernier juge inacceptable cette imposition de tarifs douaniers, expliquant au passage que le marché de l'aluminium est au plus bas en raison de la pandémie, alors que la demande en aluminium de la part de ses principaux clients, les secteurs de l'automobile et de l'Aéronautique, est au ralenti.

Maurice Richard craint que le marché de l'aluminium ne soit repris par la Chine ou la Russie et compare la mesure du président Donald Trump à l'imposition d'une taxe de 10 % aux restaurateurs, ce qui serait insensé en ce moment.

Ce n'est pas logique ce qui se passe actuellement, ça dépasse un peu l'entendement parce qu'on est impacté ici pour au-delà de 1000 emplois, dénonce le PDG.

Évidemment, vous comprenez que si l'aluminium, le prix de l'aluminium baisse, qu'il y a moins de marchés, puisque c'est un marché international, inévitablement nous serions affectés. Ce n'est pas le cas en ce moment, mais on doit insister pour que ces échanges et ces rencontres-là d'entente entre le Canada et les États-Unis se fassent et se restabilisent rapidement, ajoute-t-il.

Réaction des syndicats

Par ailleurs, le syndicat des Métallos, qui représente les syndiqués d'ABI et d'autres alumineries, ne craint toutefois pas pour l'avenir de l'usine de Bécancour.

Même si les employés d'ABI ont été fortement touchés par le récent lock-out, le syndicat explique que l'usine est une de celles qui sont en meilleure posture au Québec, très performante et redémarrée au maximum de sa capacité avec des équipements hautement technologiques.

Alors que la vice-première ministre Chrystia Freeland vient d'annoncer des représailles tarifaires d'une valeur de 3,6 milliards de dollars envers les États-Unis, le président du syndicat des Métallos, Dominique Lemieux, souhaite que cette somme soit réinvestie dans le secteur de l'Aluminium.

Lors des derniers tarifs que l'administration Trump avait mis sur l'aluminium et sur l'acier, le gouvernement canadien a récolté plus d'un milliard de dollars de ces tarifs-là puis a envoyé ces argents-là majoritairement dans le secteur de l'acier, indique M. Lemieux.

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