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Pompeo appelle à la libération de prisonniers talibans

Le sort de 400 détenus est entre les mains de l’assemblée des anciens (loya jirga).

Mike Pompeo parle sur une tribune.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Agence France-Presse

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a appelé un conseil d'anciens prévu vendredi, en Afghanistan, à libérer des centaines de prisonniers talibans dont certains sont accusés de crimes graves, afin de faire avancer le processus de paix.

Nous reconnaissons que la libération de ces prisonniers est impopulaire, a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué, quelques heures avant le début d'une loya jirga, une assemblée traditionnelle d'anciens à laquelle doivent participer environ 3200 dignitaires à Kaboul.

Mais cet acte difficile mènera à un résultat important, attendu depuis longtemps par les Afghans et les amis de l'Afghanistan : la réduction des violences et des discussions directes conduisant à un accord de paix et à la fin de la guerre, a-t-il ajouté.

L'assemblée des anciens doit décider du sort d'environ 400 détenus talibans accusés de crimes graves dont le gouvernement afghan a jusqu'ici refusé la libération.

L'accord du 29 février entre les États-Unis et les talibans prévoit la libération par le gouvernement afghan de 5000 insurgés et celle par ces derniers de 1000 membres des forces de sécurité.

Les autorités afghanes ont libéré environ 4900 prisonniers talibans. Les insurgés refusent de démarrer les négociations tant que tous les 5000 prisonniers n'auront pas été libérés.

Les talibans ont annoncé de leur côté avoir déjà rempli leur part de l'échange.

L'avenir de ces prisonniers représente un enjeu crucial dans l'ouverture de pourparlers de paix entre les talibans et le gouvernement.

Le nœud des 400 détenus talibans

Parmi les 400 détenus, selon la liste officielle, consultée par l'AFP, se trouvent de nombreux hommes reconnus coupables de crimes graves, avec plus de 150 condamnés à mort.

Le document contient aussi un groupe de 44 captifs indésirables, une sorte de liste noire remplie de profils jugés problématiques par les autorités américaines et afghanes, mais aussi d'autres pays.

Cinq d'entre eux, par exemple, ont joué un rôle dans l'attaque en 2018 de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, lors de laquelle 40 personnes avaient péri, dont 14 étrangers.

On trouve également parmi eux un insurgé impliqué dans un attentat au camion piégé près de l'ambassade allemande en mai 2017, ou encore un ancien soldat afghan qui avait retourné son arme contre des soldats français en 2012, tuant 5 d'entre eux et en blessant 13 autres.

Il y a en effet des prisonniers dont personne ne souhaite la libération, surtout parce qu'ils sont coupables d'avoir tué des soldats et des ressortissants de la coalition, a expliqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable (non-afghan) bon connaisseur du dossier.

Parmi les 400, il y a un petit nombre d'individus extrêmement bien connus, trouvés coupables d'actes terroristes ciblant des internationaux, a ajouté cette source.

Deux insurgés impliqués dans une attaque suicide visant un convoi de l'OTAN à Kaboul en 2015, qui a fait 12 morts, dont 3 Américains, figurent aussi parmi les 400.

Les deux assassins de Bettina Goislard, une employée française du Haut-Commissariat aux réfugiés tuée en 2003, sont également inclus.

Procès secrets et tortures

Le président afghan Ashraf Ghani a placé le sort de ces captifs entre les mains d'une loya jirga.

Environ 3200 représentants doivent y participer vendredi, selon le porte-parole de la loya jirga, Jahanzaib Sharifi.

En vue de la loya jirga, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a cependant averti que de nombreux prisonniers avaient été enfermés sous des lois de terrorisme extrêmement larges qui permettent une détention préventive indéfinie.

Les procès secrets et tortures pour forcer des confessions rendent presque impossible de déterminer quels prisonniers ont vraiment commis des crimes sérieux, a déclaré HRW sur son site jeudi.

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