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La Chine dénonce les mesures de Donald Trump contre TikTok et WeChat

Jeudi, le président américain a signé un décret interdisant, d'ici 45 jours, toute transaction avec ByteDance.

Une note de musique avec l'inscription « tik tok » en dessous sur un téléphone intelligent.

Le logo de TikTok, le réseau social propriété d’une compagnie chinoise, affiché sur l’écran d’un téléphone cellulaire.

Photo : AFP / Getty Images

Agence France-Presse

Pékin dénonce les mesures radicales prises par Washington à l'encontre des applications TikTok et WeChat. Donald Trump a annoncé jeudi l'interdiction de toute transaction avec ces fleurons du numérique chinois dans un délai de 45 jours.

Interrogé lors d'un point de presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wengbin, a accusé Washington de placer ses intérêts égoïstes au-dessus des principes du marché et des règles internationales. Les États-Unis mènent une manipulation et une répression politiques arbitraires, ce qui ne pourra déboucher que sur leur propre déclin moral et sur une atteinte à leur image, a-t-il ajouté.

Donald Trump a évoqué une urgence nationale au sujet de l'application de vidéos légères qu'il accuse, sans preuve, d'espionner ses utilisateurs américains pour le compte de Pékin, dans un contexte de tensions commerciales et politiques avec la Chine.

Il a accepté lundi la possibilité qu'un groupe américain rachète TikTok, mais avant le 15 septembre.

Microsoft est en négociations avec ByteDance.

L'interdiction porte aussi contre la plateforme WeChat, qui appartient au géant Tencent.

Tencent a perdu presque 10 % à la Bourse de Hong Kong après l'annonce de Donald Trump. Le yuan, sensible aux relations entre la Chine et les États-Unis, a perdu 0,4 %.

Comme TikTok, WeChat capture automatiquement de larges pans d'information sur ses utilisateurs, menaçant ainsi de donner accès au Parti communiste chinois à des informations personnelles sur les Américains, affirme le décret.

Le Sénat américain a aussi adopté jeudi à l'unanimité un projet de loi qui interdit le téléchargement et l'utilisation de TikTok sur tout appareil délivré par le gouvernement à ses employés ou aux membres du Congrès.

TikTok représente un risque de sécurité majeur et n'a pas sa place sur les appareils du gouvernement, a tweeté le service de presse du sénateur républicain Josh Hawley, coauteur du texte.

Après son passage au Sénat, contrôlé par les républicains, ce texte devra encore être approuvé par la Chambre des représentants, à majorité démocrate, pour que Donald Trump puisse ensuite le promulguer.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait prévenu que les États-Unis souhaitaient bannir des téléphones américains non seulement TikTok, mais aussi d'autres applications chinoises jugées à risque pour la sécurité nationale.

Le front technologique de la guerre économique

En interdisant les applications WeChat et TikTok aux États-Unis dans un délai de 45 jours, le président américain Donald Trump s'attaque à deux géants chinois de l'Internet aux ambitions mondiales et ouvre un nouveau front dans la rivalité technologique avec Pékin.

Il s'agit d'une messagerie instantanée lancée en 2011 et offrant à l'origine des fonctionnalités similaires à l'américaine WhatsApp (échange de textes, photos et vidéos). WeChat a été la première à proposer une fonction messages audio qu'il a rendue très populaire en Chine.

Depuis, une très large gamme de services ont été intégrés à l'application qui est aujourd'hui davantage un écosystème : paiement par téléphone (en ligne ou en magasin via un système de codes-barres), fil d'actualités, réservations d'hôtels ou de voyages, jeux vidéo, finance en ligne...

Connue sous le nom de Weixin en mandarin, WeChat compte pas moins de 1,2 milliard d'utilisateurs actifs. Ils sont majoritairement chinois même si l'application est disponible dans près d'une vingtaine de langues.

Elle est la propriété de Tencent, l'un des géants chinois du numérique et leader incontesté du jeu vidéo sur téléphone intelligent. Le groupe privé a un temps rivalisé avec Facebook pour ce qui est du poids boursier.

WeChat a été épinglé par Citizen Lab, un institut spécialisé dans le contrôle de l'information et rattaché à l'Université de Toronto, pour avoir censuré toute référence au nouveau coronavirus au début de l'épidémie en Chine.

Certains termes expurgés concernaient des informations rendues officielles par la suite, comme le fait que le virus était contagieux entre humains.

Au nom de la stabilité, il est courant en Chine pour les géants de l'Internet de supprimer les contenus considérés comme politiquement sensibles, souvent qualifiés de rumeurs.

WeChat filtre les contenus de tous les utilisateurs enregistrés avec des numéros de téléphone chinois, assurait Citizen Lab en 2016.

La politique de confidentialité de WeChat indique que les informations des utilisateurs peuvent être partagées si nécessaire, notamment avec l'État, pour se conformer à une obligation légale ou à des procédures.

Danses ou chansons, défis filmés, scènes absurdes ou humoristiques : l'application de partage de vidéos courtes a conquis les adolescents du monde entier.

Succès mondial et fortune

TikTok a franchi en avril le cap des 2 milliards de téléchargements dans le monde, selon le cabinet Sensor Tower, au moment où une grande partie de l'humanité était confinée en raison de la COVID-19.

TikTok est la version internationale de l'application Douyin (son nom en mandarin), destinée elle au seul marché chinois.

Toutes deux appartiennent au groupe privé ByteDance, fondé à Pékin en 2012 par Zhang Yiming, ingénieur en informatique de formation.

Le trentenaire a intégré l'an dernier les rangs des 20 plus grandes fortunes de Chine, évaluée dans son cas à 13,5 milliards de dollars, selon le classement de référence Hurun.

Washington soupçonne TikTok d'être un outil d'espionnage pour les services de renseignement chinois, ce que l'application dément.

Les États-Unis représentent pour TikTok le troisième pays pour le nombre de téléchargements.

En Inde, l'application a été interdite à la fin juin au nom de la sécurité nationale, après un affrontement meurtrier avec la Chine autour d'un litige frontalier dans l'Himalaya.

Les Indiens constituent un tiers des utilisateurs de TikTok dans le monde, d'après Sensor Tower.

Déjà l'an dernier, TikTok avait été brièvement interdite dans le pays ainsi qu'au Bangladesh, où les autorités l'accusaient de propager des vidéos pornographiques.

En 2019 toujours, TikTok avait été montrée du doigt pour des comptes qui publiaient des vidéos de propagande du groupe armé État islamique. L'application les avait ensuite supprimés.

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