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Des Canadiens désapprouvent les technologies de surveillance au travail

Un homme tape sur un clavier devant deux écrans d'ordinateur.

Selon un avocat, les employeurs ont généralement le devoir d’avertir les employés s'ils utilisent des technologies pour surveiller leur productivité.

Photo : Getty Images

Sarah Xenos

La majorité des répondants ont tendance à voir d’un mauvais œil l’utilisation par les employeurs d’outils technologiques de surveillance de la productivité. Ce désaccord est particulièrement important chez les 18-30 ans, d’après un sondage réalisé par l’Université de la Colombie-Britannique et l’École nationale d’administration publique.

L’étude cherchait à comprendre la perception des répondants quant à l’utilisation de 12 types de technologies de surveillance dans la fonction publique canadienne. Selon les résultats, la résistance est plus grande lorsqu’il est plus difficile de lier l’utilisation d’un outil avec la mesure de la performance.

Les outils et les logiciels qui permettent une surveillance physique, c’est-à-dire l’enregistrement d’images, l’analyse de la voix ou le fait de suivre les mouvements, ont eu de mauvaises notes, alors que les technologies qui se concentraient sur l’activité et l’historique d’un ordinateur ont obtenu de meilleurs résultats, même si ceux-ci demeurent négatifs, peut-on lire dans la présentation du sondage.

Donc, les 1000 personnes habitant au Canada âgées de 30 ans à qui on a posé la question étaient encore plus sensibles que celles de plus de 30 ans sur l’importance de ne pas être suivie par son employeur.

Étienne Charbonneau, coauteur de l'étude

Ce qui nous a surpris c’est que la majorité des technologies, même lorsqu’elles n’étaient pas jugées excessivement intrusives, était vue comme très déraisonnable, déraisonnable ou quelque peu déraisonnable pour la majorité d’entre eux, et c’est encore plus le cas chez les jeunes, explique l’un des auteurs de l’étude et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en management public comparé, Étienne Charbonneau.

S’agit-il d’une pratique légale?

De manière générale, les employeurs ne peuvent pas espionner leurs employés sans une raison valable, souligne l’avocat et professeur de droit à l’Université Simon-Fraser Shafik Bhalloo, ajoutant qu’une forme de surveillance peut toutefois être faite dans des circonstances limitées.

Toutefois, pour déterminer légalement ce qui est raisonnable ou non, les juges vont devoir baser leur décision sur des intuitions ou des spéculations de ce que le Canadien moyen considère comme raisonnable, selon Étienne Charbonneau.

Alors qu’on peut demander directement aux Canadiens quelles sont les situations ou les technologies que vous trouvez intrusives ou déraisonnables, dit-il.

Dans tous les cas, en droit, il est aussi important de se demander si d’autres moyens moins intrusifs pourraient être utilisés en remplacement, rappelle Shafik Bhalloo.

Les employeurs ont généralement le devoir d’avertir les employés advenant le cas où des outils de surveillance sont utilisés et, en retour, les employés doivent pouvoir donner un consentement éclairé, affirme l’avocat.

Méthodologie 

La collecte de données a été réalisée en trois temps. D’abord, un échantillon a été sélectionné parmi des fonctionnaires canadiens du Comité de la recherche dans le secteur public. Cette partie du sondage s’est déroulée du 11 au 26 mars 2020. En tout, 346 des 1206 membres ont répondu au sondage.

Un second sondage a été réalisé par la firme Léger Marketing pour le compte de l’étude durant lequel 2001 questionnaires ont été remplis en ligne entre le 17 et le 26 mars 2020. Parmi cet échantillon, les jeunes de 18 à 30 ans ont été intentionnellement surreprésentés afin de constituer 50 % des répondants. À l’exception de l’âge, les résultats ont été pondérés afin de refléter la population générale.

Finalement, 1008 personnes ont répondu au questionnaire par téléphone dans un sondage mené par la firme Mainstreet Research.

Il est impossible de calculer une marge d'erreur sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

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