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Beyrouth : organiser l’aide tout en se remettant des explosions

Deux travailleuses humanitaires racontent comment l'aide s'organise, après avoir elles-mêmes vécu le drame.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un véhicule et du personnel de la Croix-Rouge libanaise.

Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc

Photo : Reuters / Hassan Abdallah

Érik Chouinard

Violaine Des Rosiers était à Beyrouth au moment de la double explosion dans le port de la ville. Comme beaucoup des résidents, cette porte-parole de la Croix-Rouge canadienne a aussi été blessée, heureusement assez superficiellement par rapport à ce qu’elle a pu voir dans les hôpitaux.

Son appartement est situé dans un quartier un peu plus en hauteur et les dommages ont principalement été de nature matérielle. Ça va bien, assure-t-elle. Mais on est vraiment dans l'action et on essaie de faire du mieux qu'on peut pour aider.

La cheffe de mission de Médecin sans frontière (MSF) au Liban, Fouzia Bara, était aussi à Beyrouth le 4 août. C’était une explosion énorme, il n'y a pas de mots pour la décrire. Toutes les maisons et toutes les vitres ont été abîmées. Quand vous marchez dans les rues ce sont des rivières de glace, illustre-t-elle de son côté.

Des hommes et des femmes déblaient les rues à l'aide de balais ou de pelles.

Les Libanais nettoient les dégâts considérables causés par la double explosion. Les rues sont jonchées de vitre.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

On n'a pas vraiment le temps de s'apitoyer sur notre sort, poursuit Violaine Des Rosiers. Elle explique qu’en ce moment, la Croix-Rouge canadienne offre son support à celle du Liban, malheureusement déjà habituée à intervenir lors de catastrophes.

La Croix-Rouge libanaise est extrêmement professionnelle et bien formée. Elle s'occupe du service ambulancier au Liban en temps normal et elle fournit des premiers répondants et des auxiliaires de santé lors d'urgences, relate-t-elle.

Un homme et une femme masqués poussent une civière dans un hôpital endommagé par l'explosion. Toutes les vitres de la salle sont manquantes, de la vitre est au sol.

Des employés récupèrent une civière dans un hôpital de Beyrouth endommagé par l'explosion.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Les explosions ont elles-mêmes compliqué la prise en charge des rescapés, comme le système de santé, déjà débordé par la COVID-19, a lui-même été affecté. Trois hôpitaux ont été extrêmement touchés, l'un d'eux avec une capacité de 1100 lits. Des malades et des soignants en sont morts , précise la cheffe de mission de MSF, Fouzia Bara.

Les travailleurs et les bénévoles de la Croix-Rouge contribuent en triant et en transportant les gens vers des hôpitaux moins encombrés. La priorité est vraiment de sauver des vies, donc les cas plus superficiels qui nécessitent tout de même une attention médicale sont envoyés à l’extérieur de la ville , explique ensuite Violaine Des Rosiers.

Assurer l’approvisionnement

Avec plus de 150 morts et 5000 blessés, le drame a aussi laissé 300 000 personnes sans-abris. Une autre priorité pour les organismes d’aide humanitaire est donc de les soutenir et de mettre en place des refuges. Tout cela dans un contexte où les ressources risquent de s’épuiser rapidement.

La porte-parole de la Croix-Rouge sait qu’ils auront besoin de fonds pour assurer l’approvisionnement en matériel médical, médicaments et abris. Sans oublier le matériel de protection individuel, comme le personnel de la santé doit aussi continuer de se protéger de la COVID-19.

On vide les stocks qu'on déploie et il faudra les renflouer. En ce moment c’est critique de pouvoir faire acheminer le matériel et surtout d'avoir l'argent pour pouvoir l'acheter, soutient Violaine Des Rosiers.

Des bénévoles nettoient une rue d’un quartier de Beyrouth.

Des bénévoles nettoient une rue d’un quartier de Beyrouth.

Photo : Getty Images / PATRICK BAZ

Les deux travailleuses humanitaires s’accordent pour dire que la solidarité est incroyable à Beyrouth et que les Libanais font preuve de résilience. Les gens s'entraident, ils vont les uns chez les autres pour aider à ramasser les débris. L'aide s'organise beaucoup dans les communautés, affirme Violaine Des Rosiers.

N’empêche que ce n’est que la plus récente d’une longue liste de difficultés qu’ont dû affronter les Libanais dans les dernières années. Maintenant ils ont besoin d'aide parce qu'ils ne pourront pas le faire seuls, c'est trop pour un petit pays de seulement 6 millions d'habitants, plaide Fouzia Bara.

Une vue du port de Beyrouth après l'explosion qui a dévasté une partie de la ville

Une vue du port de Beyrouth après l'explosion qui a dévasté une partie de la ville

Photo : Reuters / AZIZ TAHER

Selon Violaine Des Rosiers, il faudra aussi éventuellement adresser les complications du transport par voie maritime. Une autre des préoccupations pour la population libanaise, c'est au niveau de l'approvisionnement en nourriture parce qu'évidemment le port de Beyrouth est fermé, indique la porte-parole de la Croix-Rouge.

Plusieurs rassemblements en soutien au peuple libanais se tiennent un peu partout dans le monde. À Québec, un rendez-vous est fixé vendredi à 19 h devant l'Assemblée nationale.

Avec les informations de Pierre Alexandre Bolduc et Pascale Lacombe

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