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Vol de données des enseignants : six mois sans nouvelles de Québec

Une main sombre devant un clavier d'ordinateur portable.

Les employés concernés avaient été avisés du vol d'informations personnelles en février dernier.

Photo : getty images/istockphoto

Il y a près de six mois, presque la totalité des enseignants du Québec ont appris qu’ils étaient touchés par un vol de données personnelles, mais ce n’est que cette semaine qu’ils ont reçu une communication les invitant à s’inscrire aux mesures de protection contre l’usurpation d’identité. Une lettre qui ravive leurs inquiétudes.

En février dernier, l’enseignante de niveau secondaire Cheryl Chalifoux apprend de la Sûreté du Québec qu’elle est touchée par un vol de données, comme 51 000 de ses collègues au Québec. Puis, elle n’en entend plus parler.

Au mois de février, quand on a appris le vol de données, c’est certain qu’on a été vigilants, puis, au fil du temps, on s’est plutôt dit qu’on avait été chanceux et qu’on n’avait pas été touchés.

Mais voilà qu’elle reçoit cette semaine, presque six mois plus tard, une lettre du ministère de l’Éducation lui confirmant que ses renseignements personnels peuvent être visés, tels que son nom, sa date de naissance ou son numéro d’assurance sociale. On lui recommande de s’inscrire au service de surveillance de crédit Equifax pour cinq ans, sans frais.

Jusqu’à maintenant, les seules indications données par le ministère se trouvaient sur une page web. Comme Mme Chalifoux n’avait eu aucune communication directe avec son employeur à ce sujet depuis l’événement, elle croyait bien ne pas être concernée.

C’est inquiétant, parce que des mois se sont écoulés et on n’était pas protégés par un service, dit-elle. On n’a peut-être pas été aussi vigilants qu’on l’aurait voulu.

Délais causés par la COVID-19?

La lettre se termine par des excuses pour les inconvénients subis.

Soyez assurés que malgré la pandémie, le gouvernement continue de tout mettre en œuvre pour accompagner les personnes concernées, est-il aussi mentionné.

Que le délai dans les communications du ministère ait été causé par la pandémie ou par la bureaucratie, il demeure inacceptable, estime Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSQ-CSQ).

Souvent, la COVID a le dos large. Si l’administration est trop lourde, il faut trouver une façon de simplifier les choses, parce qu’encore une fois, sur qui repose ces inquiétudes-là? C’est toujours sur les enseignants! […] On devrait être capables de se concentrer sur notre travail plutôt que sur nos dossiers personnels.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSQ-CSQ)

Des conditions qui ne facilitent pas la rentrée scolaire, déjà éprouvante en raison de la COVID-19, selon elle.

Jean-François Gaumond, qui est aussi enseignant, ne comprend pas pourquoi il n’y a eu aucune communication directe plus tôt.

Pour moi, la pandémie n’excuse rien. Je trouve qu’il manque un peu de leadership au ministère de l’Éducation. C’est sûr qu’en ayant attendu cinq mois pour offrir un code Equifax aux enseignants, il y a des bonnes chances que beaucoup aient été floués, craint-il.

Nous aurions aimé assurer un suivi plus tôt ce printemps, affirme un porte-parole du ministère de l'Éducation. Toutefois, la gestion de cet événement a nécessité la contribution de plusieurs organismes gouvernementaux, dont plusieurs devant gérer prioritairement la crise sans précédent de la COVID-19. C’est ce qui a induit un retard dans l’expédition de cette lettre.

Rappelons que la fiabilité des systèmes informatiques du Ministère n’est pas remise en cause, puisque le vol aurait été réalisé à partir d’une utilisation frauduleuse d’un mot de passe et d’un code d’accès, insiste-t-il.

Deux hommes ont été arrêtés à Montréal en février dernier en lien avec le vol d’identité visant des enseignants. L’enquête n’est cependant pas terminée.

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