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Le nitrate d’ammonium est très réglementé au Canada, selon des experts

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Installations actuelles du port de Montréal à Contrecoeur.

Installations actuelles du port de Montréal à Contrecoeur

Photo : Logistec

Le nitrate d’ammonium, qu'on croit être à l’origine des explosions destructrices de Beyrouth au début de la semaine, est un engrais efficace de moins en moins utilisé au Canada et qui est très réglementé, selon des experts.

[Au Canada] nous faisons très attention à qui il est vendu, lance le professeur en écologie appliquée du sol à l’Université du Manitoba et titulaire de la chaire de recherche industrielle 4R Nutrient Stewarship, Mario Tentuta.

Il y a plein de choses à considérer au sujet de la façon dont il est entreposé, dit-il. Il faut surmonter quelques embûches si on veut utiliser le produit, et ce n’est pas commode.

Le professeur précise qu’il s’agit d’un composé très dangereux et qu’il a été remplacé par d’autres fertilisants moins coûteux et comportant moins de risques, comme l’urée de même que le nitrate d’ammonium et de calcium.

Le directeur général du distributeur d’engrais AGRIS Co-operative, Jim Campbell, explique que l’entreposage du nitrate d’ammonium comporte des défis importants et que sa volatilité était une source d'inquiétude pour les usines, les entrepôts et les agriculteurs.

Il est devenu très réglementé au cours des 10 dernières années. Alors, les manufacturiers d’engrais ont offert des formules plus stables et plus efficaces pour la ferme, mais moins volatiles et moins difficiles à entreposer.

Même si le produit a été à l'origine de plusieurs explosions dans le monde, il voit mal comment une situation similaire à celle qui s’est produite au Liban pourrait arriver au Canada.

Je suis pas mal convaincu que nous avons des procédures en place pour limiter les risques.

Jim Campbell, directeur général, AGRIS Co-operative
Des sacs de nitrate d'ammonium.

Le nitrate d'ammonium est principalement employé comme engrais pour un usage agricole, mais peut aussi entrer dans la composition de certains explosifs à usage civil.

Photo : Reuters / Tim Wimborne

Entreposé et manipulé correctement, il est stable et fiable

Garth Whyte, président directeur général de Fertilisants Canada, qui regroupe les principaux joueurs de l'industrie, assure que les règles et les normes pour encadrer le nitrate d’ammonium au Canada sont parmi les plus sécuritaires dans le monde.

Il soutient que l’industrie fait beaucoup d’efforts pour que le produit soit manipulé et distribué correctement dans le pays. C’est un fertilisant qui est utilisé depuis des années et qui marche très bien, ajoute-t-il, mais il y a différents types de produits. C’est un fertilisant très stable s’il est manipulé et entreposé correctement.

Garth White précise que le transport et l’entreposage sont réglementés par Transports Canada et Ressources naturelles Canada. Selon lui, le nitrate d’ammonium est seulement entreposé dans l’est du pays et non en Colombie-Britannique.

Et dans les ports du pays?

Dans le cas du Port de Vancouver, un document qui date de 2019 mentionne qu’aucun nitrate d'ammonium pur n’y est permis, mais qu’il peut s’y trouver sous forme de fertilisant. Dans le second cas, la quantité maximale permise est de 10 000 tonnes.

Le Port de Montréal confirme par courriel la présence de nitrate d'ammonium dans son terminal de Contrecoeur, sur la Rive-Sud. Des terrains sont loués par la firme norvégienne Yara, qui se spécialise notamment dans les produits d’agriculture. Elle utilise le nitrate d’ammonium pour la production d'engrais, et ce dernier est stocké dans des dômes spécialement conçus pour ce type de produit.

Du côté du port de Bécancour, aussi au Québec, on estime que, dès qu’un port fait affaire avec une société minière, cette matière dangereuse y est inévitablement manipulée et entreposée. En effet, la substance entre dans la fabrication d'explosifs dont se servent les minières pour extraire le minerai.

Tirer des leçons de la tragédie

C'est sûr que tous les pays à travers le monde vont regarder ce qui s’est produit à Beyrouth et s'assurer d'avoir les bonnes précautions en place , affirme pour sa part le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson.

Avec des informations de Timothé Matte-Bergeron, Jérôme Labbé et Tahmina Aziz

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