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Explosions au Liban : 16 fonctionnaires du port en détention

Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent sans relâche dans Beyrouth dévastée, au lendemain des deux explosions qui ont fait plus de 135 morts, 5000 blessés et 300 000 sans-abris, selon un bilan encore provisoire.

Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent sans relâche dans Beyrouth dévastée par deux explosions dans le port.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Radio-Canada

Au moins 16 fonctionnaires du port de Beyrouth et des autorités douanières ont été placés en détention dans le cadre de l'enquête sur les explosions meurtrières et dévastatrices mardi d'un entrepôt renfermant des tonnes de nitrate d'ammonium, a annoncé jeudi le procureur militaire.

Il s'agit de responsables du conseil d'administration du port de Beyrouth et de l'administration des douanes, et des responsables des travaux d'entretien et des [ouvriers] ayant effectué des travaux dans le hangar numéro 12, où étaient stockées les tonnes de nitrate d'ammonium, a précisé le procureur militaire Fadi Akiki, dans un communiqué.

Ces personnes ont été arrêtées, mais les autorités n'ont pas révélé leur identité et n'ont pas précisé les accusations qui ont été portées contre elles.

Provoquées mardi par des tonnes de nitrate d'ammonium à l'abandon au port de Beyrouth, les énormes explosions, les pires vécues au Liban, ont fait au moins 149 morts et 5000 blessés. Elles ont laissé sans abri des centaines de milliers de personnes, alors que des dizaines de personnes sont toujours recherchées.

Ces explosions ont été déclenchées par un incendie qui s'est déclaré dans un entrepôt abritant depuis six ans quelque 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, sans mesures de précaution, selon les autorités.

Elles ont pratiquement détruit le port et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, soufflant les vitres des kilomètres à la ronde.

Selon des sources de sécurité, les autorités du port, les services des douanes et des services de sécurité étaient tous au courant que des matières chimiques dangereuses étaient entreposées au port, mais se sont rejeté mutuellement la responsabilité du dossier.

En juin 2019, la sûreté de l'État avait lancé une enquête sur cette cargaison, après des plaintes répétées sur des odeurs nauséabondes qui émanaient du hangar. Elle avait signalé que l'entrepôt contenait des matières dangereuses qu'il est nécessaire de déplacer et indiqué que les parois de l'entrepôt étaient lézardées et recommandé qu'il soit réparé.

La direction du port, qui était au courant du caractère dangereux des produits, a finalement envoyé il y a quelques jours des ouvriers colmater les fissures de l'entrepôt. Ces travaux, d'après les sources de sécurité, auraient été à l'origine du drame, selon les autorités.

Par ailleurs, un responsable proche du dossier a assuré à l'AFP que la Banque centrale du Liban avait ordonné un gel des avoirs de sept responsables du port et des douanes, dont le directeur des douanes, Badri Daher.

Les Libanais exigent des réponses

La catastrophe a alimenté la colère des Libanais qui avaient battu le pavé des semaines dès octobre 2019 pour exprimer leur ras-le-bol face aux politiques accusés de corruption et d'incompétence. Depuis le drame, les Libanais réclament des comptes aux responsables.

Nombre d'observateurs se demandent aussi comment une énorme cargaison hautement explosive de nitrate d'ammonium a pu être stockée dans la capitale sans mesures de sécurité pendant des années.

Le président français Emmanuel Macron, venu jeudi à Beyrouth, a demandé une enquête internationale.

L'ambassadrice du Liban en Jordanie a annoncé jeudi sa démission, dénonçant l'incurie des autorités de son pays et appelant à un changement de leadership.

Ce désastre est un signal d'alarme : nous ne devons montrer de pitié à aucun d'entre eux et ils doivent tous partir, a-t-elle ajouté. C'est une incurie totale.

Il s'agit de la seconde démission d'un officiel libanais de haut rang depuis la catastrophe. Le député Marwan Hamadeh avait démissionné mercredi à la suite du drame.

Avec les informations de Agence France-Presse

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