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La renaissance de l’OSM sous les étoiles, à l’aéroport Montréal-Trudeau

Des voitures sont devant une scène sur laquelle jouent les membres de l'OSM.

L'Orchestre symphonique de Montréal s'est produit dans un endroit inhabituel : l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : Antoine Saito

Radio-Canada

Pour la première fois depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’ensemble de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a renoué avec son public mercredi soir. Avec émotion, la cinquantaine de musiciens et musiciennes a fait résonner la 5e symphonie de Beethoven et La flûte enchantée de Mozart devant un parterre de 520 véhicules réunis dans un stationnement de l’aéroport Montréal-Trudeau. 

C’est sous la direction de Jacques Lacombe que l’OSM a donné ce concert-bénéfice en plein air baptisé L'envolée classique

C’était magique, il y avait une telle énergie sur scène et une telle joie de pouvoir se retrouver pour faire de la musique ensemble, a exprimé le chef d’orchestre québécois au micro du journaliste Louis-Philippe Ouimet.

C’est un miracle d’avoir joué ça après cinq mois sans s’être vus, s’est réjoui le tromboniste basse Pierre Beaudry. 

Les musiciennes et musiciens sont assis sur une scène sous un chapiteau.

L'OSM sur scène à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : Antoine Saito

Les applaudissements remplacés par des klaxons

À la fin de ce concert inusité, le public a manifesté son enthousiasme et sa joie de réentendre la musique classique jouée en direct par un vibrant tonnerre de klaxons. 

C’était vraiment exceptionnel et extraordinaire, avec la lune en arrière, a déclaré une spectatrice.  

Plusieurs personnes étaient heureuses de pouvoir assister, parfois pour la première fois depuis des mois, à un concert de musique classique, mais aussi de soutenir l’OSM, qui souffre financièrement. Depuis la mi-mars, l'OSM a dû annuler 75 concerts. 

C’est une soirée au cours de laquelle, [nous] les abonnés, on va soutenir l’OSM, a souligné une spectatrice, qui dit s'être énormément ennuyée de son orchestre au cours des derniers mois.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien, était présent également. C’est un plaisir pour moi de faire partie de cette soirée, a-t-il dit. Les arts et la culture, c'est l’un des secteurs les plus touchés [par la crise de la COVID-19], et c’est un secteur qui essaie de voir comment faire les choses autrement. Ce soir, on en a un bel exemple.

Un concert façon musiparc

C’est dans le stationnement P5 de l’aéroport Montréal-Trudeau que les gens du public, installés dans leur voiture, ont pu regarder l’OSM en action. Comme au cinéparc, la musique était diffusée à la radio. Et des écrans géants avaient été ajoutés.

Dans un monde normal, les deux endroits où je passe le plus de temps dans ma vie, c’est devant un orchestre et dans un aéroport, mais je n’avais jamais imaginé faire les deux en même temps, avait mentionné Jacques Lacombe à Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin

Jacques Lacombe, vêtu d'une veste blanche, tient une baguette de chef d'orchestre.

Le chef d'orchestre Jacques Lacombe a dirigé l'OSM mercredi soir.

Photo : Antoine Saito

Pour ce qui est du programme de la soirée, l’OSM a salué le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven en interprétant la 5e symphonie du compositeur allemand. Il a également joué Le tombeau de Couperin, de Ravel, ainsi que l’ouverture de La flûte enchantée et un extrait de Don Giovanni, deux œuvres composées par Mozart. 

La soprano Hélène Guilmette et le baryton Jean-François Lapointe ont également joint leurs voix aux notes de l’orchestre. 

Faire un concert devant des voitures était une grande première pour un orchestre symphonique, a souligné Jean-François Lapointe. On a eu beaucoup de plaisir à le faire, j’ai adoré cela.

Hélène Guilmette porte une robe noir et blanc, et Jean-François Lapointe porte un costume.

Les artistes lyriques Hélène Guilmette et Jean-François Lapointe

Photo : Antoine Saito

Attendu avec impatience

Ces dernières semaines, Pierre Beaudry comptait les jours qui le séparaient de ce grand concert. Refaire de la musique pour les gens, j’attendais juste ce moment-là.

Sa collègue Marianne Dugal, deuxième violon solo associé au sein de l’OSM, partage ce bonheur de remonter sur scène. Enfin, on refait l’essence de qui l'on est, c’est-à-dire la musique symphonique. On retrouve notre vraie nature.  

S’habituer à jouer plus loin les uns des autres

En raison de la pandémie de COVID-19, l’orchestre a dû s’adapter au fait de jouer de manière distanciée. C’est contre nature pour nous, car l’essence de la musique symphonique est de [jouer] rapprochés, d’être en ouverture vers l’autre, avec l’autre, a expliqué Marianne Dugal. 

L'envolée classique a été organisée au bénéfice de l’OSM afin de lui permettre de continuer sa mission de rendre la musique accessible et de se réinventer dans ce contexte de crise sanitaire.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet et de Katerine Verebely

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