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Tramway : une spécialiste en transport urbain remet en question le choix du tracé

Croquis du projet du terminus Le Gendre à l'extrémité ouest du futur réseau de tramway à Québec.

Le terminus Le Gendre et l'extrémité ouest du tracé ne concordent pas avec les objectifs de développement durable, selon la professeure Fanny Tremblay-Racicot.

Photo : Radio-Canada

Érik Chouinard

Une spécialiste en transport urbain propose de revoir le tracé du projet de tramway. Selon Fanny Tremblay-Racicot, professeure de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), l'extrémité ouest du trajet et l'axe nord sont problématiques.

Je propose qu'une restructuration du projet soit entreprise le plus rapidement possible et qu'une nouvelle mouture du projet soit soumise aux électeurs de Québec, a-t-elle déclaré devant les commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), mercredi soir.

Durant la présentation de son mémoire à titre de citoyenne, elle a souligné que l’extrémité ouest du trajet qui termine sa course dans le secteur Chaudière pourrait mener à plus d’étalement urbain.

Les infrastructures de transport doivent servir à desservir les secteurs résidentiels et les destinations déjà existants et non pas à en créer des nouveaux, a soulevé Fanny Tremblay-Racicot. Elle a souligné que les densités d’emploi et de population sont faibles à l’ouest du secteur du parc Roland-Beaudin.

Elle doute de la capacité de cette extrémité à convertir les automobilistes à adopter un autre mode de transport, affirmant d'ailleurs que les stationnements incitatifs sont contre-productifs dans cette idée de transfert modal.

Le passage du tramway dans l’emprise de la ligne haute-tension d’Hydro-Québec située à l’ouest de Pie-XII ne fait pas l'unanimité.

Après son passage dans l’emprise de la ligne haute-tension d’Hydro-Québec située à l’ouest de Pie-XII, le tramway devra traverser un secteur actuellement boisé pour se rendre au boulevard de la Chaudière.

Photo : Courtoisie

De plus, le développement du terminus Le Gendre et du pôle Chaudière est contraire aux principes du développement durable, comme il implique entre autres de traverser des milieux humides et d’urbaniser un secteur boisé.

Quant aux 2000 emplois que l’initiateur dit vouloir attirer dans le secteur Chaudière, ils pourraient être mieux localisés, comme dans la zone d’innovation du Littoral Est qui est déjà planifié pour remplir cette fonction, a ajouté Fanny Tremblay-Racicot.

Est-ce que Charlesbourg est vraiment le bon choix?

Du parc Roland-Beaudin jusqu’à la colline Parlementaire, la professeure en administration municipale et régionale croit que le choix du trajet est le bon. Elle a aussi trouvé intéressante la proposition de l’organisme Vivre en ville de prolonger tunnel jusqu’au pôle d’échange de Saint-Roch.

Cependant, elle se questionne sur le fait même de faire passer le tramway dans ce pôle. La décision de prendre la direction de Charlesbourg par la suite ne la convainc pas.

Je veux un tracé nord qui maximise le transfert modal et l'achalandage. L’axe Charlesbourg et l’axe Beauport transportent environ le même nombre de personnes, mais l'axe Beauport a davantage de potentiel de requalification, a soutenu Fanny Tremblay-Racicot aux commissaires.

Trafic automobile sur l'autoroute Robert-Bourassa.

Fanny Racicot-Tremblay écrit dans son mémoire que Lebourgneuf constitue le troisième pôle de destination régional après Sainte-Foy et la colline Parlementaire.

Photo : Radio-Canada/Carl Boivin

Elle déplore également qu’un lien direct entre le centre-ville et Lebourgneuf n’ait pas été suffisamment étudié. On sait que Lebourgneuf est le 3e pôle de destination à Québec, qu'on ne l'a pas considéré dans les études d'achalandage met un doute, et c'est là que le doute vient contester la légitimité du projet, relate la professeure.

Trop tôt pour le 3e lien

Plusieurs intervenants ont plaidé devant le BAPE pour une harmonisation du réseau de transport structurant et du projet de troisième lien, ainsi les commissaires ont voulu connaître l’avis de la professeure à ce sujet.

Plus tôt en soirée, le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a d’ailleurs proposé que les deux bureaux de projet soient fusionnés et que le tunnel Québec-Lévis soit occupé par un métro.

Carte du réseau de transport suggéré par Démocratie Québec.

Carte du réseau de transport suggéré par Démocratie Québec.

Photo : Démocratie Québec

Or, pour Fanny Tremblay-Racicot, l’implantation du troisième lien implique de sauter des étapes beaucoup moins coûteuses.

Dès 2005, le plan directeur de la Ville de Québec identifiait qu'il devrait y avoir un métrobus sur les ponts, on est en 2020 et il n'y a rien encore. On n’a qu'à réaliser ce qu'il y a dans les plans de consolidation existants avant de passer aux prochaines étapes, a-t-elle soulevé.

Selon elle, l’idée d'augmenter la capacité routière en même temps que de financer les transports collectifs est contre-productive comme l'une vient contrecarrer l'autre. Il faut optimiser l'utilisation du réseau existant et réduire le besoin et la demande en transport avant de passer aux investissements, c'est du gaspillage de fonds publics, a conclu la professeure de l’ÉNAP.

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