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L'État de New York réclame la dissolution de la National Rifle Association

Wayne LaPierre, devant un lutrin.

Le président-directeur général et vice-président à la direction de la National Rifle Association, Wayne LaPierre, lors d'un discours à la Conservative Political Action Conference, en février 2020.

Photo : La Presse canadienne / AP/Jose Luis Magana

Radio-Canada

La procureure générale de l'État de New York demande à la justice de dissoudre la National Rifle Association (NRA), principal lobby américain des armes à feu.

Dans une poursuite déposée jeudi devant la Cour suprême de l'État, Letitia James affirme que des dirigeants de la NRA ont détourné des dizaines de millions de dollars de l'organisation à leur profit.

La poursuite vise non seulement la NRA, mais aussi son président-directeur général, Wayne LaPierre, son conseiller juridique, John Frazer, son ancien trésorier, Wilson Philips, et un ancien chef de cabinet de M. LaPierre, Josh Powell.

Ils sont accusés d'avoir mal géré les fonds de l'organisation à but non lucratif et d'avoir violé les lois fédérales et celles de plusieurs États américains, ce qui a entraîné une perte de 64 millions de dollars en trois ans.

La poursuite soutient notamment qu'ils se sont payé des voyages avec leur famille aux Bahamas, qu'ils s'offraient de coûteux repas et qu'ils utilisaient des jets privés.

Elle affirme aussi que M. LaPierre, l'homme fort de la NRA pendant près de 30 ans, a conclu un contrat de 17 millions de dollars avec l'organisation pour agir à titre de consultant après son départ, sans l'approbation du conseil d'administration.

Selon la poursuite, les malversations alléguées expliquent pourquoi la NRA est passée d'un surplus de 27,8 millions de dollars en 2015 à un déficit de 36,3 millions en 2018.

La poursuite réclame que les quatre hommes, qui se sont versé des salaires grossièrement exagérés, soient condamnés à payer des amendes et à rembourser les fonds qu'ils se sont illégalement appropriés.

Elle demande en outre la destitution de MM. LaPierre et Frazer.

Gros plan de Letitia James, en conférence de presse.

La procureure générale de New York, Letitia James, en conférence de presse jeudi matin.

Photo : Getty Images / Michael M. Santiago

L’influence de la NRA est si grande que l’organisation n’a pas été surveillée pendant des décennies, alors que ses principaux dirigeants transféraient de l’argent dans leurs poches, indique la procureure générale dans un communiqué.

La NRA est entachée de fraudes et d'abus, et c’est pourquoi, aujourd’hui, nous cherchons à dissoudre la NRA, parce qu’aucune organisation n’est au-dessus des lois.

Communiqué de la procureure de l'État de New York

Les accusations contre la NRA et ses dirigeants ont été déposées au terme d'une enquête de 18 mois, précise Me James.

La NRA contre-attaque

La NRA, un soutien ferme du président républicain Donald Trump, a presque immédiatement fait savoir qu'elle lançait sa propre poursuite contre la procureure générale, qui est d'allégeance démocrate.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle dénonce une attaque préméditée et sans fondement contre l'organisation et le deuxième amendement de la Constitution américaine (le droit de porter des armes), qu'elle défend.

Vous auriez pu régler votre montre là-dessus : l'enquête allait atteindre un crescendo lors du cycle électoral 2020, écrit-elle, avant de dénoncer une vendetta politique.

Comme le montre la poursuite déposée aujourd'hui par la NRA contre la procureure générale de New York, non seulement nous n'allons pas reculer devant le combat, mais nous allons l'affronter et triompher.

Message de la NRA sur Twitter

L'organisation ne dit cependant rien au sujet des malversations alléguées dans la poursuite de Letitia James.

Donald Trump a lui aussi condamné la poursuite qu'a entamée la procureure générale de l'État de New York.

Il a suggéré à la NRA, qui est enregistrée comme organisation sans but lucratif à New York, de déménager au Texas.

Le président américain a aussi tenté de faire de cette poursuite un enjeu électoral. Dans un tweet, Donald Trump a indiqué que si Joe Biden est élu, il allait mettre en péril le deuxième amendement, tout comme la gauche radicale new-yorkaise est en train de détruire la NRA.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et Washington Post

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