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L’audience virtuelle du suspect du piratage de Twitter troublée par des trolls

Un marteau de juge placé devant un ordinateur qui affiche le logo de Zoom.

Les interruptions ont été tellement fréquentes que le juge du tribunal a été contraint de suspendre temporairement l'audience.

Photo : Getty Images / AndreyPopov

Agence France-Presse

L’audience de l’Américain de 17 ans accusé d'avoir orchestré le retentissant piratage de Twitter à la mi-juillet a été interrompue mercredi par une vidéo pornographique, des cris et de la musique rap, rapportent plusieurs médias américains.

Organisée sur Zoom, elle devait permettre de discuter de la caution de 725 000 $ US fixée pour le résident de Tampa, en Floride, qui avait plaidé non coupable la veille. L'adolescent est soupçonné d'être le cerveau derrière le piratage impliquant 45 comptes de personnalités ou d'entreprises connues, comme le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden ou encore le fondateur de Microsoft, Bill Gates.

Il s’agit d’un nouveau cas de Zoombombing, soit l’infiltration de séances de vidéoconférences par des personnes qui ne devraient pas y participer. Ce phénomène a pris énormément d’ampleur en même temps que la popularité de Zoom explosait en début de confinement. Il a poussé Zoom à mettre à jour son application et à demander par défaut l’utilisation de mots de passe à la majorité de ses utilisateurs et utilisatrices.

L’audience de mercredi n’était toutefois pas protégée par un mot de passe, parce que les lois floridiennes stipulent que tout membre du public peut assister aux audiences, selon le site spécialisé The Verge.

Résultat : les interruptions ont été tellement fréquentes que le juge du tribunal a été contraint de suspendre temporairement l'audience, selon le journal Tampa Bay Times. Il a ensuite exigé que seuls les médias puissent s’y joindre.

L’audience a repris peu après et, malgré les nouvelles intrusions répétées de pirates usant de pseudonymes comme « CNN » ou « BBC » , le juge a pu se prononcer contre la réduction de la caution demandée par l’équipe légale du jeune homme.

Capture d'écran de deux Tweets, dont le premier montre le visage consterné du juge Andrew Warren.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le journaliste Brian Krebs a publié cette capture d'écran du juge Andrew Warren lors de l'audience. «Ceci est apparemment mon visage de "quelqu'un vient d'interrompre notre procédure judiciaire avec de la pornographie". C'est la première et, j'espère, la dernière fois que j'aurai à le faire», a répondu le principal intéressé.

Photo : Capture d'écran Twitter @briankrebs

Un piratage spectaculaire

Le Floridien de 17 ans a été arrêté vendredi avec deux jeunes de 19 et 22 ans, dont l'un réside au Royaume-Uni, et est inculpé notamment de fraude électronique.

Les pirates ont, selon Twitter, ciblé une poignée de membres du personnel de Twitter à l’aide d’une opération d’hameçonnage par téléphone, afin d'obtenir leurs identifiants et avoir accès aux outils internes du réseau social.

Après la prise de contrôle des 45 comptes précédemment mentionnés, des messages aguicheurs ont été envoyés à partir de ceux-ci, incitant le public à donner des bitcoins en échange du double de la somme envoyée. Les pirates ont ainsi mis la main sur quelque 12,5 bitcoins, soit près de 155 000 $ CA.

L'attaque a écorné l'image de Twitter et relancé les débats sur la sécurité informatique à trois mois de la présidentielle américaine.

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