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« Ce n’est pas une carrière pour la vie », dit Stephen McNeil sur sa démission

Le premier ministre assis à une table, avec son nom écrit devant lui, devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse.

Stephen McNeil annonce qu'il quittera bientôt son poste de premier ministre de la Nouvelle-Écosse, le 6 août 2020 à Halifax.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, va bientôt démissionner.

Il a fait cette annonce jeudi en sortant d’une réunion de Cabinet. Il a déclaré qu’il allait continuer d’exercer ses fonctions de premier ministre jusqu’à ce que le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse ait élu un nouveau chef.

M. McNeil dit avoir pris sa décision avant l’arrivée du coronavirus et qu’il l’avait suspendue entre-temps. Il affirme avoir passé cinq semaines consécutives sans voir sa propre famille, parce qu’il travaillait sans relâche avec la santé publique et son équipe pour maîtriser cette situation.

Le premier ministre estime que le moment est maintenant approprié pour annoncer sa démission.

J'ai adoré cet emploi, mais ce n’est pas une carrière pour la vie.

Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse

Stephen McNeil est âgé de 55 ans. Lorsqu'il aura officiellement quitté son poste, il aura immédiatement droit à une pension de 120 000 $ par année.

Réélu en 2017, le gouvernement libéral de Stephen McNeil est en fin de parcours de son deuxième mandat. M. McNeil estime que deux mandats constituent une longue période de responsabilité comme premier ministre et une longue période pendant laquelle la province a le même dirigeant.

Stephen McNeil a été élu pour la première fois en 2003 en tant que député libéral d’Annapolis. Il est premier ministre depuis 2013.

Deux mandats

En annonçant sa décision jeudi, Stephen McNeil a fait référence à quelques-uns des sujets contentieux des dernières années, notamment sa relation houleuse avec les syndicats du secteur public de la province.

Nous nous souvenons tous des syndicats manifestant autour de Province House [l’édifice de l’Assemblée législative, NDLR]. Ce n’était pas des moments faciles. Nous avons demandé à nos syndicats du secteur public d’en prendre moins; pas de ne rien prendre, juste d’en prendre moins, a déclaré M. McNeil.

Stephen McNeil, assis à une grande table avec les membres de son Cabinet, se tourne vers le photographe et sourit.

Stephen McNeil photographié lors de la première rencontre de son Cabinet, le 31 octobre 2013 à Halifax, moins de trois semaines après avoir été élu premier ministre.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Avant l’apparition de la COVID-19, l’état du système de santé dans la province faisait l’objet de débats presque constants, en raison, notamment, de la pénurie de médecins en Nouvelle-Écosse et de la fermeture de certains établissements de santé. Jeudi, M. McNeil a rappelé que son gouvernement investissait des centaines de millions de dollars dans des hôpitaux.

Dans la dernière année, la fermeture de la papetière Northern Pulp, la pierre d’assise de l’industrie forestière provinciale, a été qualifiée par le premier ministre McNeil de l’une des décisions les plus difficiles que son gouvernement ait eu à prendre. Le bilan environnemental et la contamination des terres autochtones de l’usine ouverte en 1967 est un dossier qui a suivi le gouvernement McNeil durant ses années au pouvoir.

Le monde politique réagit

Tim Houston, le chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse et le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée législative, a remercié le premier ministre libéral et lui a offert ses meilleurs vœux.

Dix-sept ans comme élu au service notre province est une réalisation remarquable, a écrit M. Houston sur Twitter, jeudi après-midi.

Tim Houston est photographié à l'extérieur pendant l'été.

Tim Houston, chef de l'opposition officielle et chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, le 5 août 2020 à Halifax

Photo : CBC / Robert Short

Comme député, chef de l'opposition [de 2009 à 2013, NDLR] et premier ministre, Stephen McNeil a mis toute sa conviction et consacré tous ses efforts à construire ce qu'il croit être la meilleure version possible de la Nouvelle-Écosse, a déclaré Tim Houston.

Colton LeBlanc, le député progressiste-conservateur d’Argyle-Barrington, une circonscription qui inclut des communautés acadiennes en Nouvelle-Écosse, a fait écho aux propos de son chef.

De consacrer tant d'années à une vie de service public, ça mérite certainement des remerciements, c'est une réalisation remarquable, a-t-il mentionné au sujet de Stephen McNeil.

Il a évoqué les enjeux qui attendent le successeur du premier ministre d’ici les prochaines élections. On est certainement encore en plein milieu d'une pandémie, a rappelé M. LeBlanc. Les défis qui se présentaient avant la pandémie, puis ceux-là qui se présentent toujours aujourd'hui vont continuer, malheureusement.

Dans un communiqué jeudi, le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a affirmé que Stephen McNeil avait su rassurer les Néo-Écossais et les appeler à rester solidaires pendant la pandémie et après une tuerie qui a fait 22 morts en avril.

M. King a d'ailleurs décrit son homologue de la Nouvelle-Écosse comme un collègue de confiance et un ami pendant les 15 premiers mois de son mandat, soit depuis qu'il a été élu premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard. Le dirigeant progressiste-conservateur a dit avoir beaucoup en commun avec le libéral de la Nouvelle-Écosse, étant tous deux issus de petites villes et de grandes familles.

Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, a quant à lui dit avoir développé de solides relations de travail avec Stephen McNeil et salué son leadership après la tuerie d'avril.

Grâce à ses efforts pour faire avancer la Stratégie de croissance pour l'Atlantique, promouvoir l'énergie propre et, plus récemment, soutenir l’Accord sur la relance sécuritaire et la lutte pancanadienne contre les impacts de la COVID-19, le premier ministre McNeil a été un excellent partenaire au sein de la fédération, a déclaré le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

La Nouvelle-Écosse est la seule province qui ne tient pas d'élection provinciale à date fixe. Un scrutin général est probable en 2021, et doit avoir lieu au plus tard en 2022.

Avec les renseignements de Kassandra Nadeau-Lamarche, d'Olivier Lefebvre et de CBC

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