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Des microbes pourraient contribuer à nettoyer d’anciennes mines

Un terrain contaminé dépourvu de végétation.

Des chercheurs des universités Saint Mary's et Mount Allison espèrent mettre au point à l’aide de microbes un moyen d’assainir d’anciennes exploitations minières, comme la mine de Montague en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC/Frances Willick

Radio-Canada

Des chercheurs de trois universités dans les Maritimes espèrent que des microbes dans le sous-sol d’un lac près d’une mine d’or abandonnée en Nouvelle-Écosse les mèneront à créer un modèle d’assainissement de sites contaminés.

L’ancienne mine d’or de Montague, à Dartmouth, a été exploitée de 1860 à 1940, environ.

En mai, les chercheurs à bord d’un bateau sur le lac Charles, à proximité de l’ancienne mine, ont prélevé à 30 mètres de profondeur des échantillons de sédiment âgés d’environ 200 ans. Ces échantillons leur donnent un aperçu des conditions dans le lac avant, pendant et après l’exploitation de la mine.

Les échantillons révèlent une présence accrue de mercure et d’arsenic après l’ouverture de la mine, explique l’un des chercheurs, Josh Kurek, professeur agrégé de sciences environnementales à l’Université Mount Allison, au Nouveau-Brunswick. Dans certains cas, précise-t-il, la concentration de ces produits toxiques était 30 fois plus élevée que celle qui peut nuire à la vie aquatique.

Même si cette mine n’est plus exploitée depuis des décennies, il y a toujours un risque de contamination par des produits toxiques comme le mercure et l’arsenic, souligne le professeur Kurek.

La Municipalité régionale d’Halifax a prévenu le public, l’an dernier, qu’il n’est pas sécuritaire de fréquenter les eaux de Barry's Run ni de consommer des poissons pêchés à cet endroit. Ces eaux relient le lac Charles et l’ancienne mine d’or.

Des solutions au problème de pollution se trouvent peut-être aussi dans les sédiments au fond du lac.

Un tube en plastique contenant de la terre

Cette carotte de sédiments prélevée au fond du lac Charles donne un aperçu des conditions à cet endroit avant, pendant et après l’exploitation de la mine de Montague.

Photo : Gracieuseté/Josh Kurek

L’équipe de chercheurs dirigée par Linda Campbell, de l’Université Saint Mary's à Halifax, essaie de déterminer si des microbes dans les sédiments peuvent contribuer à assainir des sites miniers à l’avenir. L’équipe, dit-elle, espère mettre au point un traitement qui préviendrait l’accumulation d’arsenic et de mercure, ce qui permettrait de semer des graines de plantes dans ces lieux ou de laisser la nature se rétablir d'elle-même.

La clé d’un tel traitement se trouve dans l’ADN des microbes capables de rendre certains contaminants moins nocifs.

L’avantage de travailler avec les microbes, c’est qu’il y en a probablement toujours un capable de faire ce que l’on souhaite, explique Landon Getz, doctorant en microbiologie à l’Université Dalhousie. Si les chercheurs trouvaient un microbe capable de transformer ces substances en quelque chose de moins toxique, l’assainissement des lieux serait plus rapide. On gagnerait plusieurs décennies, souligne-t-il.

Les travaux des chercheurs n’en sont encore qu’à une étape préliminaire, mais ils sont déjà prometteurs, juge Linda Campbell.

Linda Campbell interviewée devant un terrain humide et boisé.

Linda Campbell dirige l’équipe de chercheurs. Elle est directrice du Département des sciences de l’environnement et professeure dans ce domaine à l’Université Saint Mary's à Halifax.

Photo : CBC/Craig Paisley

Ayant reçu du financement supplémentaire, les chercheurs poursuivront les travaux cet automne dans des écosystèmes artificiels en laboratoire, appelés mésocosmes.

L’équipe testera quelques interactions simples dans des béchers avant de passer à un plus grand mésocosme de type terre humide afin de savoir si l’approche fonctionne dans des conditions complexes, précise Mme Campbell. C’est un moyen de déterminer si le procédé est sécuritaire, efficace, écologique et pratique, dit-elle.

L’équipe espère mettre au point un traitement qui pourra être employé avec d’autres méthodes d’assainissement, car la Nouvelle-Écosse veut nettoyer les lieux de dizaines d’anciennes mines. Le gouvernement a annoncé l’an dernier 48 millions de dollars pour l’assainissement de deux anciens sites miniers parmi les plus pollués, ceux de Montague et de Goldenville.

Les projets d’assainissement rassemblent plusieurs approches dans bien des cas selon l’état des lieux, indique Linda Campbell. Si l’on était capable de réduire le mouvement des produits toxiques et d’appuyer un rétablissement naturel de l’écosystème, ce serait une excellente option, explique-t-elle.

Quelques bâtiments industriels en bois sur un terrain rocailleux.

L'ancienne mine de Montague en 1911

Photo : Archives de la Nouvelle-Écosse

Le vérificateur général par intérim de la Nouvelle-Écosse a présenté un rapport la semaine dernière qui fait état d’importantes lacunes en matière de gestion des lieux contaminés. Le gouvernement a promis de répondre à ses préoccupations.

Linda Campbell s’en réjouit, mais elle rappelle que le temps presse. Les lieux sont pollués depuis un siècle et il ne faut pas attendre un autre siècle pour agir, dit-elle.

Une porte-parole du ministère des Terres et des Forêts de la Nouvelle-Écosse, Marla MacInnis, affirme qu’on a embauché un consultant qui doit établir un plan pour les anciennes mines de Montague et de Goldenville. Le ministère, ajoute-t-elle, travaille à des évaluations et des plans en ce qui concerne les 67 autres anciennes mines de la province.

Ces lieux ne représentent pas de risque immédiat, mais il faut les gérer, et le gouvernement a fait un important investissement pour en réduire l'impact environnemental, assure Marla MacInnis.

Avec les renseignements d’Emma Smith, de CBC

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