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Les Chic-Chocs pour faire émerger la Haute-Gaspésie

Un projet touristique de 50 millions de dollars sera bientôt déposé au gouvernement

Vallée glacière de Mont-Saint-Pierre.

Vallée glacière de Mont-Saint-Pierre

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

MRC la plus dévitalisée du Québec, la Haute-Gaspésie possède pourtant un atout qui n'existe nulle part dans le Québec méridional : 25 sommets de plus de 1000 mètres. Les élus locaux entendent donc convaincre Québec de développer davantage ce secteur pour sortir sa région du marasme économique.

Nous avons le terrain de jeu incontournable au Québec, lance sans appel le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes.

La saison touristique actuelle le démontre bien, les montagnes sont assaillies de Québécois en manque de grands espaces. Le parc national de la Gaspésie note depuis sept ans une augmentation d'environ 12 % du nombre de visiteurs chaque année. Cette année, on frôle les 18 %.

L'intérêt est là, le potentiel aussi, mais les infrastructures demeurent limitées, soutient Simon Deschênes, qui entend profiter de l'effet déconfinement pour promouvoir le projet.

Il y a un momentum, les gens se sont réapproprié le territoire et je crois que, pour l'ensemble du Québec, la mise en valeur des Chic-Chocs serait bienvenue.

Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts
Plusieurs personnes sont en ski sur une montagne enneigée.

Randonnée en ski hors-piste dans les monts Chic-Chocs

Photo : Benoit Bisson

Selon lui, il faut greffer au haut pays des attraits d'envergure internationale.

Le maire cite en exemple une gondole pour amener les touristes moins friands des longues randonnées sur un sommet, des hébergements atypiques ou même une piste de ski de fond pour les athlètes olympiques, infrastructure qui pourrait aussi attirer bon nombre d'adeptes de ce sport.

Cohabitation possible avec le caribou

Le projet devra donc porter le sceau de coopération et de durabilité politique via une alliance entre l’État et les communautés locales, tant autochtones que non autochtones, peut-on lire dans un document consulté par Radio-Canada.

On voit de profil un jeune caribou sur un terrain rocheux. Le ciel est nuageux.

Un caribou sur le mont Jacques-Cartier, en Gaspésie

Photo : iStock / gotrain

Même s'il est démontré que la présence humaine nuit au rétablissement du caribou de la Gaspésie dont le maigre troupeau habite les Chic-Chocs, Simon Deschênes croit que le projet n'est pas contradictoire avec la protection de l'espèce.

Il estime que les infrastructures internationales pourraient être concentrées sur un secteur peu fréquenté par l'animal, dont le cheptel a diminué de moitié en 10 ans.

Il y a aussi un volet pour améliorer et soutenir le rétablissement du caribou, précise d'emblée le maire qui évoque, entre autres, la construction de serres pour la culture de lichen, nourriture de base du caribou, et la création d'emplois consacrés à la protection du cheptel.

50 millions de dollars et des centaines d'emplois

Le projet comporte aussi la finalisation de la réfection de la route 2 qui relie le village de Mont-Saint-Pierre au parc de la Gaspésie. Un dossier qui s'étire, se désole le maire Magella Émond. L'annonce de la réfection complète de la route a eu lieu il y a 18 ans.

Pour le dernier tronçon, on n'a pas d'échéancier, mais nous, c'est sûr qu'on ne lâchera pas la pression.

Magella Émond, maire de Mont-Saint-Pierre
Un chemin de terre battue.

Travaux sur la route 2 qui relie Mont-Saint-Pierre au Gîte-du-Mont-Albert et au mont Jacques-Cartier (archives).

Photo : Joane Bérubé

Le projet de mise en valeur des Chic-Chocs commence à faire son chemin. Un document de travail a été présenté à la ministre responsable du Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, lors des consultations sur la relance économique en juin dernier.

Le document en question évoque des investissements d'environ 50 millions dollars pour réaliser les différents projets de structuration et d’infrastructures. Il est aussi question de la création de centaines d'emplois.

La ministre Marie-Eve Proulx a bien capté notre intérêt, précise Simon Deschênes. Pour la relance économique rapide, le projet n'était peut-être pas assez mature pour aller de l'avant maintenant, mais la ministre a très bien entendu et était plutôt en faveur.

Un rapport de planification territoriale doit être remis au gouvernement en décembre prochain.

Dans la seconde phase du projet, à l'hiver 2021, les élus entendent mettre en place une table de concertation locale.

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