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Quatre Canadiens en fin de vie peuvent essayer des champignons hallucinogènes

Vue sur un plant de champignons magiques.

La culture, la consommation et la possession de champignons magiques sont illégales au Canada.

Photo : The Associated Press / PETER DEJONG

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral donne le droit à quatre Canadiens qui sont mourants de consommer de la psilocybine pour traiter la détresse psychologique qu’ils vivent à cette étape de leur vie.

La psilocybine est un ingrédient actif dans certains champignons hallucinogènes et est illégale depuis 1974 au pays. Elle s'est toutefois révélée prometteuse pour soulager une partie de l’anxiété et de la dépression de personnes atteintes d’un cancer en phase terminale. Des recherches sont en cours pour déterminer si l'ingrédient actif est sécuritaire, efficace et s’il pourrait être éventuellement mis à la disposition d’un plus large public.

Les quatre patients ont obtenu de l’aide du groupe de défense TheraPsil qui milite pour l'accès à la psilocybine pour les personnes en fin de vie. Ils ont présenté une demande en vertu de l’article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances pour obtenir la psilocybine. Cette loi donne au ministre de la Santé le pouvoir d’accorder l’accès à des drogues illégales à des fins médicales ou scientifiques, ou est dans l’intérêt public.

Le fondateur de TheraPsil, le psychothérapeute Bruce Tobin, de Victoria, se réjouit de la décision d’Ottawa, communiquée mardi aux personnes concernées. Même si cela a pris du temps, nous sommes impressionnés par sa volonté d'écouter les malades qui n’ont pas été entendus et de réorienter la politique pour tenir compte de leurs intérêts et protéger leurs besoins, écrit-il dans un communiqué de presse.

Une permission qui soulage

Laurie Brooks, une Britanno-Colombienne, est l’une des quatre personnes qui ont reçu l’approbation du gouvernement fédéral pour utiliser de la psilocybine. La mère de quatre enfants dit que la nouvelle l’a émue et surprise.

Avoir cette reconnaissance… que ce pour quoi je me suis battue valait la peine. Ça signifie beaucoup pour moi.

Laurie Brooks, personne en phase terminale qui a le droit de consommer de la psilocybine

Laurie Brooks dit qu'elle n’a jamais consommé de drogues illégales avant l’an dernier. En octobre 2019, elle a pris de la psilocybine sous la supervision de son thérapeute durant une de leurs séances. Immédiatement après, j’étais capable de voir mon cancer dans une boîte à côté de moi sur le sol plutôt que comme un nuage noir suspendu au-dessus de ma tête, explique la femme, qui vit à Abbotsford.

Elle concède néanmoins que la séance lui a demandé beaucoup de préparation et qu’elle n’a pas été de tout repos. Le voyage de 6 heures sous l’effet de la drogue l'a fait passer par toute une gamme d’émotions, telles que de grandes vagues de deuil et des émotions négatives. Plus tard durant la séance, les choses sont devenues plus claires, ajoute-t-elle.

La psilocybine peut parfois provoquer des hallucinations et de la paranoïa.

Laurie Brooks de profil.

Laurie Brooks est l’une des quatre personnes au Canada dont le cancer est en phase terminale qui avaient demandé le droit d’essayer la psilocybine pour traiter leur détresse en fin de vie.

Photo : TheraPsil

Laurie Brooks ne pense pas avoir besoin de reprendre de cette drogue, sa première expérience lui ayant vraiment été bénéfique. Elle espère cependant que ses démarches seront utiles à d’autres.

J’espère que d’autres personnes pourront avoir leur exemption plus rapidement et que c’est le début de quelque chose de vraiment bien, où les psychothérapeutes pourront utiliser la drogue avec leurs clients.

D'après les informations de Bethany Lindsay, CBC

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