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Beyrouth : « trois hôpitaux détruits en une seconde »

Le responsable des urgences d’un hôpital à Beyrouth se confie deux jours après la catastrophe.

Une chambre de l'hôpital de Wardieh endommagée par le souffle de l'explosion.

Une chambre de l'hôpital de Wardieh, endommagé par le souffle de l'explosion.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

« Trois hôpitaux ont été détruits en une seconde et il fallait évacuer », raconte le directeur des urgences de l'Hôtel Dieu de France, centre hospitalier et universitaire dans le quartier est de Beyrouth, ravagé par les explosions mardi.

Encore sous le choc, le Dr Antoine Zoghbi, qui est également directeur de la Croix-Rouge libanaise, s’est confié à l'émission Tout un matin diffusée sur les ondes d'ICI Première en expliquant que l’afflux massif de blessés vers les hôpitaux après les déflagrations est venu rajouter à la pression exercée sur les centres hospitaliers par les cas de COVID-19.

Beaucoup de gens se sont rendus aux hôpitaux par leurs propres moyens, dit-il.

Dans notre hôpital, on a reçu 200 blessés en l’espace d’un quart d’heure ou 20 minutes.

Dr Antoine Zoghbi, directeur du Service des urgences de l'Hôtel Dieu de France

Il précise que plus de 80 % des gens reçus à l’hôpital avaient été blessés par des éclats de verre.

S’il reconnaît qu’on a réussi à amortir l’onde de choc jusqu’à maintenant, Dr Zoghbi souligne la rapidité avec laquelle est intervenue la Croix-Rouge pour évacuer les patients et le personnel des hôpitaux touchés par les explosions, malgré la complexité de l’opération.

Il fallait assurer le transport des patients, dont certains lourdement malades et sous respirateurs, explique-t-il.

Selon Antoine Zoghbi, la Croix-Rouge libanaise assure 80 % des secours. Déployée sur tout le territoire libanais, elle compte 400 ambulances et plus de 12 000 volontaires. Il s’agit du premier maillon de la sécurité sanitaire au Liban, dit-il.

Ce sont en fait, plus précisément, quatre hôpitaux de la capitale qui ont été complètement dévastés, précisait jeudi le quotidien libanais L’Orient le jour. Il s’agit du Centre médical universitaire-hôpital Saint-Georges, de l’hôpital libanais-Geitaoui, de l’hôpital Notre-Dame-du-Rosaire et de l’hôpital de la Quarantaine.

L’hôpital libanais-Geitaoui par exemple n’est plus fonctionnel , assure son directeur général Pierre Yared.

L'hôpital de Wardieh, endommagé par les explosions de mardi.

L'hôpital de Wardieh, endommagé par les explosions de mardi.

Photo : Getty Images

La situation est très grave, selon MSF

La situation est très grave, indique pour sa part Fouzia Bara, cheffe de mission pour Médecins sans Frontières (MSF) au Liban. En entrevue à RDI matin, Mme Bara rappelle que le pays, dont les hôpitaux sont surchargés, est extrêmement fragilisé.

En plus de cet événement majeur et dramatique, dit-elle, le pays a une capacité très limitée de réagir à la situation.

Fouzia Bara souligne cependant que MSF a pu se déployer rapidement sur le terrain, en collaboration avec le ministère de la Santé du Liban, pour prendre en charge 150 blessés.

Les autorités libanaises ont une expérience de médecine de catastrophe importante. Ils ont une réaction immédiate extrêmement efficace, en matière de triage des patients, affirme-t-elle.

Il fallait aussi distribuer des milliers de masques à la défense civile et à tous les acteurs sur le terrain dans un contexte de pandémie de COVID-19 et de risques élevés de contamination.

La cheffe de mission pour MSF au Liban rappelle toutefois qu’il y a un gros travail à faire.

À l’urgence de l’instant, il y a tout le suivi de la prise en charge. Et surtout, il ne faut pas oublier les malades chroniques.

Fouzia Bara, cheffe de mission pour Médecins sans Frontières au Liban

Mme Bara met également en garde contre le risque d’insécurité alimentaire qui pèse sur Beyrouth, où la monnaie connaît une dévaluation importante.

Se mobiliser pour reconstruire Beyrouth

Pour Yorgui Teyrouz, fondateur et président de l'ONG Donner sang compter, les besoins en sang ont été assurés pour le moment, mais il y a beaucoup à faire.

On a vécu des guerres avant, on a vécu des explosions, mais cette fois, c’était d’une ampleur jamais vue. Chaque maison à Beyrouth a été affectée, dit-il.

Nos volontaires sont mobilisés, pas seulement pour les dons de sang […] On va reconstruire le pays avec les ONG qui travaillent sur le terrain aussi.

Yorgui Teyrouz, fondateur et président de l'ONG Donner sang compter

Il y a beaucoup de gens sans toit. Il faut reconstruire vite, insiste M. Teyrouz.

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