•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Contrôles frontaliers à T.-N.-L. : les règles sont efficaces, témoigne un épidémiologiste

Proton Rahman.

Le Dr Proton Rahman, scientifique-praticien, a témoigné en Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

L’un des épidémiologistes responsables des scénarios de propagation de la COVID-19 à Terre-Neuve-et-Labrador a témoigné, jeudi, lors de la troisième journée d’audiences d’une contestation judiciaire concernant l’interdiction d’entrée dans la province.

Les restrictions, imposées par le gouvernement provincial en mai dernier, ferment la frontière à presque tout non-résident de la province, à l’exception des travailleurs essentiels et des personnes ayant obtenu une exception de la médecin hygiéniste en chef.

Le Dr Proton Rahman, scientifique-praticien de la Régie de la santé de l’est de Terre-Neuve, a affirmé en Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador qu’en juin dernier, un mois après la création des mesures sur la frontière, la province lui a demandé de préparer deux modèles pour déterminer les effets possibles d’une levée des restrictions.

Les deux scénarios ont montré que le nombre de contaminations à Terre-Neuve-et-Labrador aurait grimpé en flèche sans les contrôles frontaliers, selon le Dr Rahman.

Le premier modèle montrait que le taux d’infection à Terre-Neuve-et-Labrador aurait été multiplié par 10 dans les 9 semaines après la levée des restrictions. Le deuxième modèle, qui comprenait plus d’informations démographiques sur la population terre-neuvienne, montrait que le taux d’infection aurait été de 5 à 20 fois plus grand dans les 100 premiers jours après l’élimination des contrôles.

Le juge Donald Burrage a entendu mercredi que la province a dû prendre une décision sur la frontière, en mai dernier, à un moment où il lui manquait toujours des informations claires sur la propagation et les risques du virus.

La Dre Brenda Wilson, médecin en santé publique et professeure à l'Université Memorial, a dit mercredi que le manque de données probantes autour de la COVID-19 représentait une situation extrême et potentiellement catastrophique pour ceux qui devaient prendre les décisions à la santé publique.

Même aujourd'hui, nous n'avons pas suffisamment de preuves [...] et il faudra du temps pour les obtenir, a admis la Dre Wilson.

La médecin hygiéniste en chef témoignera vendredi

La médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Janice Fitzgerald, devait aussi témoigner jeudi.

Mais une des avocates a déclaré pendant une pause, en matinée, qu’elle ne se sentait pas bien et qu'elle n’a pas pu rentrer dans l’édifice, en vertu d’une politique de la Cour suprême sur la COVID-19.

Janice Fitzgerald.

Janice Fitzgerald, médecin hygiéniste en chef de Terre-Neuve-et-Labrador (archives)

Photo : CBC

L'avocate a dû s’excuser avant la fin de l’interrogatoire du Dr Rahman et le juge Burrage a par conséquent décidé de repousser le contre-interrogatoire du Dr Rahman.

Le témoignage de la Dre Fitzgerald sera donc entendu vendredi.

Un recours constitutionnel intenté en mai dernier

Le recours constitutionnel, dont les audiences ont commencé mardi, a été intenté par Kim Taylor, une résidente de la Nouvelle-Écosse qui s’est vu refuser l’entrée à Terre-Neuve en mai, après la morte subite de sa mère.

Mme Taylor a par la suite obtenu une exemption pour franchir la frontière, mais elle soutient que cette permission est arrivée trop tard. Elle se tourne vers la Cour suprême pour éviter que d’autres voyageurs subissent une situation similaire.

L’avocat de Mme Taylor et l’Association canadienne des libertés civiles, qui participe également au recours constitutionnel, soutiennent que les règles de la province violent la liberté de circulation et ne relèvent pas des compétences de la province.

Les avocats du gouvernement affirment que la santé publique de Terre-Neuve-et-Labrador a établi ces restrictions pour protéger sa population. Alors qu’ils reconnaissent que les Canadiens ont le droit de vivre et de travailler n’importe où au pays, ils ne leur reconnaissent aucun droit plus élargi de voyager.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !