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Les masques N95 ne restent sécuritaires qu’après une seule stérilisation, selon une étude

Le visage d'une personne portant un masque N95.

Les chercheurs indiquent ont constaté qu’un seul cycle de stérilisation des masques N95 est possible sans échec d’essai d’ajustement.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Près des deux tiers des masques de protection N95 usagés peuvent être réutilisés uniquement après un seul cycle de nettoyage à l’autoclave. À partir du second cycle, ils commencent à échouer aux tests d’ajustement, ce qui peut être dangereux pour les travailleurs de la santé, selon une étude du Centre de recherche Albrechtsen, de l’Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg, publiée le 31 juillet.

L’étude note que de nombreuses analyses ont déjà été menées sur la stérilisation des masques N95. Cependant, elle relève qu’aucune de ces analyses n’a été faite avec des masques qui avaient été réellement portés auparavant par des travailleurs de la santé en milieu hospitalier.

Lorsqu’ils sont en bon état, les masques N95 protègent les personnes qui les portent contre les aérosols infectieux, soit les gouttelettes en suspension dans l'air, avec une capacité de filtration minimale de 95 %.

Les chercheurs du centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface voulaient, dans leur approche, voir comment les masques déjà utilisés résisteraient après une stérilisation en autoclave, une technique de désinfection qui utilise la chaleur et la pression.

Pour y parvenir, ils ont collecté des masques qui avaient déjà été utilisés par le personnel soignant pendant 2 à 8 heures.

Le rapport explique que des travailleurs de la santé volontaires pouvaient retirer leur masque N95 à un endroit désigné et le mettre dans un sac refermable. Les masques visiblement souillés, exposés à des produits chimiques agressifs, utilisés lors du traitement de patients atteints d’autres maladies, endommagés ou déchirés n’ont pas été acceptés pour l’étude.

Les masques sélectionnés par les chercheurs ont d’abord été placés dans un séchoir pour un premier cycle de nettoyage, avant la stérilisation en autoclave, afin de réduire la possibilité que les travailleurs soient exposés au virus pendant le chargement de l’autoclave. Une fois dans l'appareil, les masques ont été soumis à une chaleur de 121 °C pendant 30 minutes, puis 15 minutes supplémentaires pour le séchage.

Un seul cycle de stérilisation des masques N95 est possible sans échec

Ensuite, les masques ont été testés pour s’assurer qu’ils étaient toujours sécuritaires pour une utilisation par le personnel soignant, puis placés dans une zone de stockage centrale où le personnel pouvait les récupérer.

Une dizaine de chargements d’autoclave ont été étudiés, et le nombre de masques variait de 24 à 295. Le pourcentage de masques pouvant être réutilisés sans danger après la stérilisation allait de près de 49 % à près de 80 %, selon l’étude.

Les chercheurs affirment avoir constaté qu’un seul cycle de stérilisation des masques N95 est possible sans échec d’essai d’ajustement, contrairement aux études avec des masques non utilisés ou des échantillons N95 indiquant jusqu’à 10 réutilisations possibles.

Un masque N95 posé sur une table.

Le rapport note que le personnel soignant interrogé plus tard a déclaré qu’il n’avait aucun problème à respirer normalement avec un masque N95 stérilisé.

Photo : Radio-Canada

Un masque qui passe un essai d’ajustement doit être tout à fait étanche pour pouvoir protéger les travailleurs de santé des infections transmises par voie aérienne. Ainsi, exclure les essais de masques réellement portés dans des conditions de travail donne l’illusion d’une capacité de réutilisation du masque, sans pour autant fournir de protection, affirme l’étude.

Le rapport note que les membres du personnel soignant interrogés plus tard ont déclaré n'avoir pas eu de problème à respirer normalement avec un masque N95 stérilisé. Cependant, certains ont noté que le masque avait une odeur légèrement différente, que ses sangles étaient moins extensibles et que le matériau du masque était plus doux.

Après un deuxième cycle de stérilisation à l’autoclave, les masques N95 ont commencé à ne pas remplir les normes d’ajustement, ce qui ne serait pas sans danger pour les travailleurs de la santé, d’après l’étude.

Bien que les résultats soient significatifs, plusieurs facteurs dans la méthodologie de l'étude suggèrent que les résultats doivent être nuancés. Seuls les masques AO Safety Pleat Plus, une marque de masque N95 qui est la plus utilisée à l’Hôpital Saint-Boniface, ont été retenus pour l'étude, et ils ne devaient pas porter de tache de maquillage.

Les chercheurs n’ont pas vérifié si la stérilisation à l’autoclave éliminait les germes porteurs du nouveau coronavirus du masque. De plus, même si les masques étaient portés, ils ne l'étaient pas par des personnes se trouvant dans les mêmes conditions que les travailleurs de la santé de première ligne des unités COVID-19.

Les résultats de l’étude suggèrent que le matériau des masques N95 pourrait probablement tolérer d’autres cycles d’autoclavage, mais que l’utilisation dans le monde réel en réduit considérablement le nombre.

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