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Les marchés publics de l’Outaouais vivent une belle saison malgré la COVID-19

Des barquettes de fruits et de légumes sur un étal dans un marché public.

Cette année, les Québécois semblent dépenser une plus grande part de leur budget dans les marchés publics.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Radio-Canada

Au début de la saison des marchés publics en Outaouais, cette année, les organisateurs et producteurs avaient triste mine. La pandémie suscitait de nombreux défis et incertitudes. Mais, à la mi-saison, on peut parler de réjouissance : les chiffres d’affaires de certains producteurs sont meilleurs que d’habitude et la demande de paniers bio explose.

On a vu les chiffres d'affaires des producteurs doubler, dans certains cas, par rapport aux années antérieures, les gens ont vraiment adhéré au slogan "acheter local", se réjouit Dominique Myre, directrice des marchés publics du Plateau et du Vieux Hull.

De nombreux défis pour les marchés….

Mme Myre reconnaît toutefois que le début de saison des marchés publics a été particulièrement difficile.

On a dû réduire notre superficie de location, au lieu d’avoir une vingtaine de kiosques, on en a eu la moitié parce qu’il faut respecter la distanciation. [...] On a eu des pertes de revenus par rapport aux locations, on a dû trouver de nouveaux endroits pour ouvrir le marché Vieux Hull, précise-t-elle, sans oublier toutes les mesures sanitaires à mettre en place.

Des kiosques sur une place publique près du parc Lansdowne à Ottawa.

Les marchés publics de l'Outaouais et d'Ottawa (comme ici à Lansdowne) doivent composer avec les impératifs de distanciation physique.

Photo : Natalia Goodwin/CBC

Les producteurs aussi ont dû s’ajuster, mais il semble qu’ils aient maintenant assez de produits pour répondre à l’importante demande des clients.

Et ces achats locaux font du bien au secteur, après des mois difficiles pour bien des maraîchers et agriculteurs de la région.

… et pour les agriculteurs

Quand le consommateur décide d’acheter local, par exemple de la bière faite localement, ça fait vivre tellement de monde, non seulement en ville, mais surtout en région, explique Charles Allard, propriétaire de la Houblonnière Lupuline, située sur l'île aux Allumettes dans le Pontiac.

La Houblonnière est un bon exemple des tiraillements vécus cette année par de nombreux producteurs locaux. Elle a subi d’importantes pertes, mais a décidé d’aller de l’avant avec les investissements prévus cette année, en investissant dans 6000 plants de houblon venant de l’État de Washington aux États-Unis.

Un plant de houblon.

À la Houblonnière Lupuline, dans le Pontiac, la livraison de nouveaux plants venus des États-Unis a eu huit semaines de retard (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

On devait recevoir nos plants vers le début du mois juin. À cause des mesures sanitaires, on les a reçus il y a quatre jours. [...] Est-ce que les plants vont survivre à l’hiver puisqu’on va les mettre au sol plus tard? Je sais qu’on va avoir des pertes de ce côté-là, j’espère qu’on va pouvoir tirer notre épingle du jeu­, ajoute M. Allard, qui reste par ailleurs optimiste.

Je pense que des situations comme on vit maintenant, ça démontre l’importance d’être novateurs dans notre production, si on reste assis sur nos lauriers, on se positionne pour des échecs.

Charles Allard, propriétaire de la Houblonnière Lupuline

Les marchés publics ont le vent dans les voiles

La semaine québécoise des marchés publics est donc l’occasion de mettre en valeur tous les producteurs et les marchés publics, qui sont le cœur nourricier de la province.

Il y a plus de 130 marchés publics cet été au Québec, les producteurs sont au rendez-vous, les produits sont là, les récoltes sont colorées, fraîches, savoureuses, assure Julie Aubé, nutritionniste et porte-parole de l’événement.

Julie Aubé

Julie Aubé est la porte-parole de la 12e Semaine québécoise des marchés publics.

Selon elle, l’appel à acheter local lancé par les différents gouvernements en pleine pandémie a bien été entendu par la population québécoise.

Les échos qu’on a, c’est que la facture de chacun des clients va être plus élevée, donc on peut comprendre que les gens vont dépenser une plus grande part de leur budget au marché public, les paniers bio aussi ont eu des abonnements records cette année, se réjouit Mme Aubé.

À Gatineau, on remarque aussi cet engouement pour les marchés publics cet été.

Je pense que les marchés publics vont continuer à faire partie de la solution pour l’achat local, pour les changements auxquels on doit faire face avec les crises qu’on connaît, indique Maude Marquis-Bissonnette, conseillère municipale du district du Plateau.

Quand il y aura un tramway sur le boulevard du Plateau, peut être qu’il y aura lieu d’avoir un petit marché public du Plateau tous les soirs pour que les gens s’y arrêtent.

Maude Marquis-Bissonnette, conseillère municipale du district du Plateau

Et le futur ?

En attendant, la saison n’est pas terminée et les marchés publics de l’Outaouais espèrent continuer sur leur belle lancée.

Ils souhaitent aussi pouvoir réintégrer les éléments culturels, comme les concerts ou différentes animations, qui ont jusqu’ici dû être annulés.

Le quatuor de jeunes du Conservatoire de musique de Rimouski en pleine prestation au marché public.

Les marchés publics espèrent pouvoir ramener la musique et les concerts au cœur de leurs installations prochainement (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Étant donné qu’on peut avoir 250 personnes dehors pour un événement, ce serait plus que normal pour nous d’être capables d’avoir un peu d’animation dans nos marchés, ça ferait du bien à notre clientèle de retrouver cet aspect-là du marché public, conclut Dominique Myre.

Avec les informations d’Antoine Trépanier

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