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Des attractions de Winnipeg refoulent des Québécois qui refusent de s'isoler

Le Fort Gibraltar.

Le Fort Gibraltar, à Winnipeg est le lieu du Festival du Voyageur en hiver, mais offre aussi de la programmation en été.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Radio-Canada

Le Fort Gibraltar, dans le quartier de Saint-Boniface à Winnipeg, a récemment refusé l’entrée à des visiteurs qui venaient du Québec. Ils ne s’étaient pas isolés à leur arrivée dans la province. C’est une situation qui inquiète les professionnels du tourisme à Winnipeg.

L’employée du Festival du Voyageur, l’organisme qui gère le Fort Gibraltar à Winnipeg, Kieran Lloyd a, entre autres, dû refuser l’entrée à une Québécoise qui voulait visiter l’endroit samedi.

Celle-ci n’a pas respecté la quarantaine obligatoire pour les personnes de l’est du pays et ne comptait pas le faire.

Après ça, elle n’était pas vraiment contente avec moi, elle m’a dit que la prochaine fois elle allait mentir pour qu’elle puisse entrer dans un autre lieu qu’elle aimerait visiter et que c’était son droit de voyager librement dans son pays, raconte-t-elle.

À l’heure actuelle, tous les voyageurs provenant de l’est du Canada qui entrent au Manitoba doivent s’isoler pendant 14 jours. Cette mesure ne s’applique pas aux personnes venant des provinces de l’Ouest, des territoires et des Ontariens vivant à l’ouest de Terrace Bay.

Depuis le début de la pandémie, le Fort Gibraltar comme de nombreux établissements à Winnipeg, pose une liste de questions à ses visiteurs pour vérifier leur potentiel d'être porteurs du SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

C’est un peu épeurant parce qu’on se fie à l’honnêteté des gens. Pour les autres attraits touristiques les restos, et cetera, qui doivent poser ces questions, on espère que les gens sont honnêtes, qu’ils viennent du Manitoba ou qu’ils viennent d’ailleurs, affirme le directeur général Darrel Nadeau.

Darrel Nadeau au Fort Gibraltar à Winnipeg.

Darrel Nadeau, directeur général du Festival du Voyageur.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Savard

L’entreprise Tourisme Riel qui propose des visites de Saint-Boniface a dû faire face deux fois à des personnes qui ne respectaient pas l’isolement. La gérante des opérations de Tourisme Riel, Barbara Hacio souligne que les voyageurs récalcitrants restent largement minoritaires.

J'espère tout de même que ces gens sont un minimum, et je pense qu’il y a de l’espoir que [c’est une minorité de cas], mais il y a toujours de l’inquiétude parce qu’on ne sait pas qui transmet cette condition et il y a des gens plus vulnérables que d’autres, note-t-elle.

Le gouvernement du Manitoba avait dans un premier temps voulu abroger la quarantaine obligatoire pour les voyageurs de l’est du pays dans le cadre de la phase 4 du plan de déconfinement. Il a finalement réajusté son plan et maintenu cette règle.

Cette décision était un soulagement pour la directrice générale du Musée de Saint-Boniface, Vania Gagnon, qui ne se sentait pas très à l’aise à cette idée.

La tête en bronze de Riel trône devant un édifice historique.

Le Musée de Saint-Boniface attire beaucoup de visiteurs du Québec en raison de sa collection portant sur Louis Riel.

Photo : Michelle Gervais

Elle affirme qu’elle aussi a dû refuser une fois l’entrée à un couple de Québécois qui ne s’était pas isolé pendant 14 jours. Même si les Québécois constituent une importante partie de sa clientèle habituelle, elle affirme qu’elle préfère redoubler de prudence.

Plus tôt en juillet, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, a indiqué à Radio-Canada que la province mise sur la bonne foi des visiteurs. Il confirme que la province ne prend aucune mesure pour s’assurer que les visiteurs de l’est du Canada respectent la quarantaine obligatoire de 14 jours.

« La province n’a pas activement suivi ou cherché des personnes pendant leur période d’auto-isolement », dit-il.

Brent Roussin ajoute que le Manitoba a plutôt misé sur la sensibilisation des visiteurs.

Avec les informations de Mohamed-Amin Kehel

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