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Explosions à Beyrouth : un responsable des douanes aurait signalé le danger

Plusieurs dirigeants du port ont été assignés à résidence.

Des bâtiments et des navires détruits et incendiés.

Le port de Beyrouth a été complètement détruit par l'explosion de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium.

Photo : Getty Images / Daniel Carde

Radio-Canada

La possible négligence des responsables de l'entreposage de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port de Beyrouth est au cœur de l'enquête sur l’explosion meurtrière qui a ravagé une partie de la ville mardi.

Selon les premières informations disponibles, cette grande quantité de matière hautement explosive était entreposée dans le port depuis qu'elle avait été confisquée en 2014.

Une source officielle informée des premiers résultats de l'enquête sur les causes de la catastrophe a déclaré que l'explosion était le résultat de négligences, et que ce point avait été examiné à plusieurs reprises par différentes commissions et par la justice sans que rien ne soit fait pour ordonner l'évacuation de ces matières extrêmement dangereuses.

Le procureur général Ghassan Oueidat a ordonné aux services de sécurité de collecter tous les documents pertinents, notamment les listes des personnes chargées de l'entretien, de l’entreposage et de la protection du hangar, de même que les communications qu'elles ont échangées.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Beyrouth dévastée vue des airs

Un chef des douanes avait apparemment adressé des avertissements à un juge en 2017, dans une lettre qui circule en ligne, mais dont l'authenticité n’a pas été confirmée.

Il y expliquait qu'il avait signalé à plusieurs reprises, au fil des ans, que l'énorme stock de nitrate d'ammonium entreposé dans le port représentait un danger. Le chef des douanes y allait d'une mise en garde en garde au sujet des dangers qui menaçaient la sécurité des employés du port si les matériaux restaient là où ils étaient.

L’auteur précisait que cinq lettres similaires avaient été envoyées au cours des trois années précédentes.

Il proposait que le matériel soit exporté ou vendu à une société libanaise spécialisée dans les explosifs, et indiquait espérer obtenir des instructions des autorités judiciaires.

On ignore si l’auteur de la lettre a reçu une réponse.

Des responsables assignés à résidence

Pour sa part, le gouvernement a annoncé que plusieurs responsables du port ont été assignés à résidence.

La ministre des Déplacés, Ghada Chreim Ata, a précisé que tous les responsables de l’entreposage et de la sécurité au port depuis 2014 ont été assignés à résidence.

Des colonnes de fumée s'élèvent dans le ciel gris au-dessus de bâtiments ravagés.

Les explosions survenues près du port ont brisé les vitres de nombreux immeubles et magasins à des kilomètres à la ronde.

Photo : Getty Images

Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur libanais a indiqué que le Liban n'avait pas besoin d’une enquête internationale sur cette explosion.

Une position que réfute Amnistie internationale, en faveur d'une enquête indépendante et internationale. Par voie de communiqué, mercredi, l'organisation pour la défense des droits de la personne dit considérer qu’une enquête internationale, exempte de toute interférence politique nationale potentielle, est nécessaire pour garantir vérité, justice et réparations aux victimes.

Peu importe ce qui peut avoir provoqué cette explosion, notamment la possibilité qu’il s’agisse d’une grande quantité de nitrate d’ammonium stockée de manière dangereuse, Amnistie internationale appelle à l’instauration rapide d’un mécanisme international afin d’enquêter sur ce qu’il s’est passé, a déclaré Julie Verhaar, secrétaire générale par intérim d’Amnistie internationale.

Le président libanais, Michel Aoun, a indiqué que les autorités étaient déterminées à trouver les causes de cette tragédie le plus rapidement possible et à en juger les responsables.

Parallèlement à l’enquête judiciaire, le gouvernement a mis en place une commission d’enquête administrative de cinq membres, présidée par le premier ministre Hassan Diab, qui aura pour mandat d'expliquer les circonstances qui ont conduit à l’explosion.

Un motocycliste passe devant des ruines, à Beyrouth.

Un motocycliste passe devant des ruines, à Beyrouth.

Photo : Associated Press / Hussein Malla

Correctif

La légende originale de cette photo a été modifiée.

Un rapport sera remis dans les cinq jours aux autorités compétentes pour qu’elles décident des sanctions à imposer.

Selon le ministère de la Santé, l’explosion survenue au port de Beyrouth mardi a tué 135 personnes et en a blessé environ 5000 autres.

Pour sa part, le gouverneur de Beyrouth, Marwan Abboud, a déclaré à Al HadathTV que les pertes financières liées aux dégâts pourraient atteindre de 10 à 15 milliards de dollars américains.

Avec les informations de CBC, Al Akhbar, Al Mayadeen, et Reuters

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