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Plan de retour en classes : parents et enseignants ne digèrent pas les annonces

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Nadia Ben Boubaker et son fils Olivier Duhaime

Nadia Ben Boubaker et son fils Olivier Duhaime

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Radio-Canada

Au lendemain du dévoilement du plan de retour à l’école pour les élèves saskatchewanais, la grogne ne faiblit pas parmi de multiples parties prenantes de ce sujet. Les directives données par la province mardi, mais aussi par le Conseil des écoles fransaskoises (CEF), font vivement réagir.

Nadia Ben Boubaker fait partie de ces parents en colère. Mère d’un petit garçon de 10 ans, qui entamera sa 5e année à l'École canadienne-française de Saskatoon à la prochaine rentrée, elle ne cache pas son étonnement vis-à-vis de plusieurs mesures laxistes mises en place par le CEF.

On nous a éduqués pendant six mois à faire attention, à prendre nos distances, à porter des masques pour notre santé et celle des autres, et là on doit tout laisser tomber, déplore cette parente d’élève de Saskatoon.

Elle se demande pourquoi le CEF n'est pas allé plus loin dans son plan, et affirme que le document n’est qu’un copié-collé des recommandations de la Santé publique de la Saskatchewan.

Elle explique qu’elle ne se sent pas en totale sécurité vis-à-vis de ce plan de retour en classe, et réfléchit à la question de renvoyer son enfant à l’école au mois de septembre.

Si j'envoie mon enfant, c'est avec un masque [...]. Il a été éduqué en conséquence. Je ne vois pas pourquoi, d'un coup, il enlèverait son masque avec 450 élèves autour de lui plus le personnel

Nadia Ben Boubaker, parente d’élève

Pour Marie-Eve Bussières, mère d’un garçon de 14 ans qui fréquente l’École Monseigneur Laval, le constat est le même. Elle avoue avoir été pour le moins surprise à la lecture du plan.

De dire que le 1er septembre il n’y aura pas de distanciation sociale, ça me surprend beaucoup. De mon côté, c’est certain que mon fils va porter un masque et s’il y a des possibilités de faire des cours en ligne, il va le faire, explique Mme Bussières.

Le CEF tempère

Du côté du CEF et de son directeur général, Ronald Ajavon, l’heure est aux explications. M. Ajavon assure que la santé des élèves et des enseignants est la priorité numéro 1, et que les parents peuvent avoir l’esprit tranquille.

En effet, tout comme le plan de la province, celui du CEF est flexible et pourrait faire l’objet de changements s’il y avait une recrudescence de la COVID-19, selon le directeur général.

Pour la question du masque et du nombre d’élèves par classe, Ronald Ajavon clarifie les intentions du Conseil : On recommande fortement le port du masque, et d’ailleurs on travaillera pour mettre des masques à disposition de notre personnel. On organisera aussi nos espaces pour s’assurer d’aérer le plus possible nos salles et nos écoles, pour que les règles de distanciation puissent quand même être suivies.

Enfin, le CEF prévoit de communiquer à nouveau avec les parents d’ici la rentrée scolaire pour préciser certains éléments, dont l’offre de cours virtuels, qui continueront d’être donnés en ligne à partir du 1er septembre au primaire et au secondaire.

Une grogne à l’échelle de la province

Mais au-delà du plan proposé par la division scolaire du CEF, c’est aussi l’annonce de la province elle-même qui pousse à la critique parmi certains en Saskatchewan.

Geneviève Valiquette Norton, une enseignante de français en 6e année en école d’immersion à Regina, déplore notamment la décision du ministère de l’Éducation de ne pas rendre obligatoires les masques de protection, ainsi que le manque de mesures sur le nombre d’élèves par classe.

Quand j’ai entendu ça aux nouvelles, j’étais complètement estomaquée. Quand on voit les autres provinces au Canada, je ne comprends vraiment pas la décision du gouvernement [...], détaille l’enseignante.

Gordon Wyant en plein scrum à l'Assemblée législative de Regina.

Le ministre de l'Éducation de la Saskatchewan, Gordon Wyant.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Geneviève Valiquette Norton explique qu’elle attend 30 élèves au mois de septembre, dans une très petite salle de classe, où je ne crois même pas pouvoir les séparer, je n’ai pas assez d’espace pour les séparer de 2 m de distance. Et je n’ai pas d’autres choix que de faire de mon mieux.

De plus, dans son cas personnel, elle explique souffrir d’un système immunitaire très faible.

Maintenant, je suis très anxieuse et très nerveuse de retourner au travail dans quelques semaines étant donné que peu de mesures seront prises, autant pour les enseignants que pour les étudiants pour nous garder tous en sécurité et en santé, explique l’institutrice, l’inquiétude dans la voix.

Le gouvernement provincial, de son côté, a réaffirmé sa position de flexibilité dans un communiqué. Le ministère de l’Éducation communiquera à nouveau dans les jours à venir pour répondre aux questions sur les protocoles de sécurité, de quarantaine ou bien encore le port d’équipements de protection individuelle.

À noter que des manifestations sont en cours d’organisation pour la journée du 7 août. Sur les réseaux sociaux, un événement est par exemple prévu demandant aux parents mécontents de venir manifester devant le bureau de leur député provincial ou devant l’école où leurs enfants sont scolarisés.

Avec les informations d’Aimée Lemieux, Omayra Issa et Jean-Baptiste Demouy

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